Les zones excentrées des quartiers dans les villes sont généralement calmes. C’est le cas d’un secteur de Sébénicoro, un quartier populaire de la commune IV du District de Bamako. Ici, en milieu de semaine dernière le calme qui y régnait a momentanément laissé place à un brouhaha indescriptible. La cause ? Un garçon d’une douzaine d’années venait d’être victime de la furie d’une foule chauffée à blanc.
Nous le désignerons par l’initiale « M ». Ce garçonnet est un de ces
mômes qui sillonnent les quartiers de la ville, faisant le porte-à-porte à la
recherche de vieux objets métalliques usés pour ensuite les revendre moyennant
une petite marge. Ainsi, ils ramassent tous les objets métalliques qui tombent entre
leurs mains.
Surtout lorsqu’ils se retrouvent sur des tas d’immondices. Ils mettent la main
sur toutes sortes d’objets métalliques qu’ils trouvent : vieux ventilateurs,
pièces usées d’engins, vieux sommiers de lit, etc. Ces individus ramassent tout
ce qu’ils jugent utiles. Ce jour-là, son sac au dos, le petit « M » quitta son
domicile comme il en avait l’habitude pour sillonner le quartier à la recherche
de métaux usés. C’est ainsi qu’il se retrouva au domicile de la famille X, une famille dans
laquelle le mauvais sort l’attendait alors qu’il ne se doutait de rien. Voix perçante audible à plusieurs mètres- Aucune de
nos sources n’a pas pu nous dire avec exactitude ce qui a pu se passer entre
temps
Cependant, les habitants du secteur ont été surpris d’entendre des cris
stridents appelant à pourchasser un voleur, depuis une famille voisine. «Au
voleur ! au voleur ! attrapez-le ! c’est un voleur !». Cette voie perçante
audible à plusieurs dizaines de mètres, perturbait fortement le calme relatif
du secteur. Malheureusement pour le petit garçon, il n’a fallu que cela pour que les
curieux sortent de tous les côtés pour envahir les lieux, avec la ferme volonté
d’en finir avec ce « voleur » qui ose agir en plein jour. En quelques minutes,
l’atmosphère devint indescriptible sur place. Sans chercher à comprendre quoi
que ce soit, certains commencèrent à s’en prendre au petit avec des coups de
poings et des coups de pieds.
Totalement paniqué et pris de court par les événements, le garçonnet crut
que son salut se trouvait dans la fuite. Sans réfléchir par deux fois «M» tenta
de s’échapper en courant, essayant souvent de feinter ses poursuivants. Mais
plus le temps passait, plus le nombre de curieux croissait. Le petit garçon
courut durant plusieurs minutes pour semer ses poursuivants.
Il finit par s’essouffler et s’affala par terre, devant des poursuivants
haletants, décidés à en finir avec celui que des cris d’alerte désignèrent
comme un voleur. C’est ainsi que la foule s’est saisie du garçon pour le faire
passer un sale quart d’heure. La foule surexcitée s’adonna à cœur joie à une
bastonnade habituellement réservée aux malfrats et bandits de grand
chemin. Le petit suspect criait à gorge déployée, suppliant ses bourreaux de le
laisser en vie. Mais rien n’y fait.
A force de crier, le garçonnet qui n’en pouvait plus a fini par perdre
connaissance. C’est en ce moment que ses bourreaux comprirent qu’ils
étaient en train de se rendre justice. Dans le feu de l’action, un
anonyme en informa la police. Entre temps, les curieux avaient eu vent de
l’arrivée immédiate des limiers. Craignant la tournure que prennent les
évènements, beaucoup parmi eux détalèrent laissant derrière eux, un garçon tout
couvert de sang, dans un piteux état.
Selon certaines indiscrétions, le garçonnet n’avait rien d’un voleur.
Après avoir fouillé dans son sac à dos, les policiers n’y ont trouvé que de
vieux objets métalliques usagés. Comme cela est généralement le cas, la
nouvelle s’est répandue dans tout le quartier, comme une trainée de poudre,
alors que les commentaires allaient bon train.
Jusque-là, personne n’a pu comprendre ce qui s’était réellement passé dans la
famille d’où est partie le cri appelant au voleur, source de tous les malheurs
du petit garçon. Le commissariat de police de Sébénikoro a ouvert une enquête
pour tirer cette histoire au clair, et éventuellement punir les auteurs de ce
qui ressemblait à une vindicte populaire.
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