Système de riziculture intensif : Le pari d’assurer l’autosuffisance en riz dans la sous-région

Le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, qui a présidé la rencontre, a expliqué que chaque année 20 millions de tonnes de riz sont consommées en Afrique de l’Ouest avec une moyenne de 45 à 55 kilogrammes par habitant. Et la demande ne cesse d’augmenter du fait de la croissance démographique

Publié mardi 06 mai 2025 à 07:54
Système de riziculture intensif : Le pari d’assurer l’autosuffisance en riz dans la sous-région

Le forum régional sur la transformation vers des systèmes agricoles durables, de partage d’expériences de mise à échelle, de financement et institutionnalisation du Système de riziculture intensif (SRI) en Afrique de l’Ouest se tient, depuis hier, à Bamako. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba et de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’administration, Alhamdou Ag Ilyène. On notait également la présence du directeur général de l’Institut d’économie rural (IER), Dr Kalifa Traoré, du président de l’Interprofession de la filière riz (Ifriz) au Mali, Faliry Boly et du chef de coopération à l’Ambassade de la République fédérale d’Allemagne au Mali, Dr. Paul Bornkamm. 

Organisé par le ministère de l’Agriculture à travers l’IER, ce forum de trois jours, qui regroupe des participants venus de 13 pays ouest-africains, vise à créer un cadre d’échanges entre les acteurs des chaînes de valeur riz. Il donne l’occasion aux participants de partager les expériences et de dégager des pistes communes pour la promotion et le développement du SRI dans notre sous-région. En Afrique de l’Ouest, le riz constitue une denrée de base et occupe une place prépondérante dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle de nos populations. Selon le Chef du gouvernement, chaque année, 20 millions de tonnes de riz sont consommées avec une moyenne de 45 à 55 kilogrammes par habitant. Toutefois, la demande en riz est en perpétuelle progression à cause de la croissance démographique et de l’accroissement de la consommation qui dépasse désormais la production.


«Cette demande croissante entraîne une augmentation constante des importations de riz. Il s’agit là d’une situation qui pèse lourdement sur les budgets publics et expose les pays africains à la volatilité du prix mondial d’achat du riz», a détaillé le Général de division Abdoulaye Maïga. Il a noté qu’en plus des variabilités climatiques, la production de riz est assurée en grande partie par de petits exploitants agricoles, dont les moyens de subsistance et les revenus demeurent très limités.

IMPORTATION DU RIZ- En réponse à ces défis, le Premier ministre dira qu’en 2013, une initiative régionale dénommée «Offensive Riz» a été lancée dans le but d’atteindre l’autosuffisance en riz à l’horizon 2025, en utilisant une approche de production résiliente au climat. «Les objectifs de cette initiative n’ont pas été atteints. C’est pourquoi, il est nécessaire de proposer des actions à court et moyen termes pour soutenir les producteurs vulnérables», a martelé le Général de division Abdoulaye Maïga. Avant de souligner que le secteur agricole a besoin d’un appui technique et surtout financier, à travers une véritable stratégie de relance axée sur l’intensification de la production agricole et la création d’un marché plus compétitif pour tous les acteurs de la filière riz. Pour atteindre cet objectif, a estimé le Chef du gouvernement, le SRI s’avère être l’une des solutions fiables.


Les officiels visitant des stands d’exposition des technologies et équipements agricoles


En effet, ce Système permet d’augmenter la production tout en protégeant l’environnement grâce à une utilisation plus efficace des ressources et une réduction considérable de l’utilisation des produits chimiques. En outre, le Général de division Abdoulaye Maïga a rassuré que le gouvernement du Mali mettra tout en œuvre pour aider à l’atteinte des objectifs du développement et de mise à échelle du SRI dans la sous-région pour le bonheur et l’honneur de notre peuple. Il a remercié les partenaires techniques et financiers, notamment la Coopération allemande pour son soutien constant à la promotion du SRI. En tant que producteur, le président de l’Interprofession de la filière riz (Ifriz) au Mali trouve inadmissible l’importation du riz dans notre pays. À ce titre, Faliry Boly a demandé l’appui politique des autorités dans le but d’augmenter la production nationale à travers le SRI.


Pour sa part, le ministre de l’Agriculture a souligné les avantages du SRI dans l’amélioration des revenus des exploitants agricoles. «Sur le plan de la fertilisation, au lieu de 100 à 200 kilogrammes à l’hectare, avec 30 à 35 kilogrammes à l’hectare, le SRI permet d’avoir les résultats escomptés. Pour les semences, au lieu de 100 kilogrammes à l’hectare, c’est la moitié qu’on utilise et le rendement s’élève de 6 à 8 tonnes à l’hectare. Également, la quantité d’eau qu’on utilise est réduite pour avoir les mêmes résultats que le système conventionnel», a expliqué Daniel Siméon Kelema.

Pour le ministre Kelema, il est également inconcevable d’importer chaque année du riz pour nourrir la population au regard des bas-fonds et les cours d’eau dont le pays dispose. «Pour inverser cette tendance, ce forum nous permet de nous asseoir et de voir à quel niveau se trouve les autres pays, par rapport aux expériences du Mali en la matière. Donc, nous allons échanger pour permettre aux uns et aux autres de tirer des leçons au niveau de chaque pays afin de voir les actions qu’il faut engager», a conclu le ministre de l’Agriculture. La rencontre a été marquée aussi par une visite guidée des stands d’exposition des technologies et équipements agricoles.

Makan SISSOKO

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