Si Nantenin Keïta, née le 5 novembre 1984 à Bamako, est peu connue du public sportif malien, cette sprinteuse est une figure de son sport, à l’échelle mondiale (Nantenin Keïta est albinos et souffre d’une déficience visuelle). Le 8 mai dernier, Nantenin Keïta était devenue la première femme relayeuse de la flamme olympique sur le sol français à Marseille. Elle avait transmis la torche au rappeur marseillais Jul pour qu’il allume le premier chaudron olympique en France représentant la France en compétition.
«J’avais candidaté pour être porte-drapeau à Tokyo, ce n’est pas passé, je me dis que c’était peut-être un signe pour que je le sois à Paris», a réagi Nantenin Keïta après l’annonce de sa nomination comme porte-drapeau, avec Alexis Hanquinquant (les Paralympiques sont réservées uniquement aux athlètes vivant avec un handicap, ndlr). La fille de Salif Keïta qui a rejoint la France à l’âge de deux ans, s’est révélée au grand public en 2002, lorsqu’elle devint vice-championne du monde du 400m à Villeneuve-d’Ascq (France). Quatre ans plus tard (2006), elle remet ça, en devenant championne du monde du 200m et 400m malvoyant à Assen aux Pays-Bas.
En 2008 aux Jeux paralympiques de Pékin en Chine, elle remporte la médaille de bronze au 100m, avec en prime, un nouveau record de France de la discipline. En 2012 à Londres et 2016 à Rio de Janeiro, Nantenim Keïta se hisse à nouveau sur la plus haute marche du podium du 400m des Paralympiques.
Auparavant, elle avait été médaillée d’or du 400m au Championnat d’Europe de Swansea au Royaume-Uni (2014) et de Grosseto en Italie (2016) et championne du monde du 400m au Qatar (2015). Nantenin Keïta est diplômée d’un brevet de technicien supérieur (BTS) en action commerciale.
Le 23 février 2009, elle a intégré l’équipe des ressources humaines de Malakoff Médéric en tant qu’assistante. Son rôle est de favoriser l’insertion des personnes handicapées et leur évolution tout au long de leur carrière professionnelle. Au Mali, la sprinteuse se bat avec son père à travers la Fondation Salif Keïta pour favoriser la scolarité des enfants albinos. Parallèlement donc à sa carrière sportive, Nantenin Keïta mène aussi un combat pour sensibiliser sur l’albinisme, une maladie dont elle est atteinte comme son père.
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