Notre santé, Cardiopathie et grossesse : Une complication pour les femmes enceintes

La grossesse est un état physiologique qui entraine des modifications au niveau cardiovasculaire. Elle entraine une augmentation du volume circulant mais aussi du travail cardiaque.

Publié lundi 07 juillet 2025 à 08:08
Notre santé, Cardiopathie et grossesse : Une complication pour les femmes enceintes

 Pr Ichaka Menta

 

D’après le Pr Ichaka Menta, cardiologue au service de cardiologie du Cengre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré, la grossesse est un surpoids,  une charge supplémentaire imposée au cœur. Elle est l’origine d’une diminution du taux global d’hémoglobine. Elle entraine également une plus grande susceptibilité  de formation de caillots due à l’inondation  hormonale.


Le cardiologue qui sait de quoi il parle souligne qu
’il y a plusieurs types de maladies qui interviennent pendant la grossesse. Il y a des maladies qui trouvent la grossesse en place et ont un impact sur son évolution.  Il peut s’agir des valvulopathies, cardiopathies congénitales, les cardiomyopathies. L’hypertension artérielle peut exister chez la femme avant la grossesse. Il y a également des cardiopathies qui  sont uniquement en rapport avec la grossesse : ce sont certaines formes d’hypertension qu’on voit uniquement chez la femme enceinte. Et de préciser qu’il y a plusieurs types, mais les plus graves sont ceux qui mettent en jeu le pronostic fœtal et surtout maternel. Il s’agit par exemple de la pré éclampsie et  l’éclampsie.

 Comme signes de ces maladies, le cardiologue de Gabriel Touré relève qu’ils sont généralement fonction de l’atteinte. Pour lui, toutes ces maladies sont responsables d’une défaillance cardiaque chez la femme enceinte. Il s’agit des signes d’une insuffisance cardiaque comme la toux, la dysnée, les palpitations, les œdèmes, mais aussi des douleurs au niveau du thorax. Par contre avec une hypertension artérielle que la femme développe pendant la grossesse, on peut constater des vertiges, des palpitations, des œdèmes des membres inférieurs, qui sont principalement les signes que l’on voit cliniquement.

À coté de ces signes cliniques, il y a des signes complémentaires que l’on voit à l’échographie, aux analyses de sang qui peuvent permettre de préciser ou de confirmer ces diagnostics. «Le risque avec ces maladie, c’est la mise en jeu du pronostic materno-fœtale», souligne le praticien hospitalier, avant d’ajouter que  dans certaines situations, la mère risque une aggravation de la maladie, une défaillance cardiaque et parfois la mort. C’est pourquoi, il faut une évaluation de cette mère pour voir si sa pathologie est compatible avec la poursuite de la grossesse.

Dans le cas contraire, tout dépend de l’avis de la mère. «Si malgré un avis médical défavorable elle décide de continuer la grossesse, nous la laissons faire, car nous ne pouvons pas nous substituer à une décision souveraine de la mère, nous ne pouvons que l’informer et nous conformer à sa décision», précise le Pr Ichaka Menta. Par conséquent, il dit que beaucoup de femmes en décèdent, parfois même quand on fait un accouchement assisté, on  trouvera que le cœur est dans un état tellement délabré que la survie après devient problématique. 

Donc ces femmes meurent le plus souvent quelque moment après.  Il y’en a au
ssi qui meurent avant que la grossesse n’arrive à terme. Mais, il y’a aussi celles qui arrivent à mener leurs grossesses à terme sans  une grosse conséquence. Le risque pour le fœtus, c’est la malformation parce qu’il y’a des médicaments qui ne doivent pas être administrés pendant la grossesse.

Une femme qui a une cardiopathie connue, prend du temps avant de se faire consulter parce qu’elle a contracté une grossesse, ces médicaments peuvent être à l’origine de malformation. La raison ? C’est que le cœur n’est pas trop compétent chez ces patientes. Il y’a une hypoperfusion du bébé, l’enfant va donc faire un retard intra-utérin avec parfois une prématurité, donc le risque de prématurité est assez élevé, petit poids de naissance. Ce qu’il faut faire, c’est de mettre la maman permanemment sur  surveillance, c’est-à-dire brancher les électrodes au niveau du ventre pour tracer le rythme cardiaque fœtal.

 «Il faut donc mettre la maman permanemment sur surveillance, c’est la seule façon d’éviter les surprises», soutient le Pr Menta. Le traitement est varié, multiple et dépend de la pathologie. Parfois le traitement réel de l’hypertension de la pré éclampsie, c’est l’extraction de l’enfant puisque la pré éclampsie est due à une hypoperfusion placentaire. En terme médical, il y’a inadéquation entre l’offre et la demande. Ce que la maman peut donner à travers le système placentaire n’est pas suffisant pour subvenir aux besoins du fœtus parce que les vaisseaux ne sont pas bien développés au niveau placentaire.

Conséquence il n’y a pas de passage de sang en quantité suffisante pour nourrir l’enfant et tout se passe chez la maman comme si c’est le flux qui est insuffisant donc la maman augmente sa pression pour augmenter le flux. Alors dit le spécialiste du cœur, ce n’est pas un problème de flux mais de formation avant qu’elle ne se rende compte la tension monte  et c’est l’hypertension qui peut avoir des conséquences pour la maman. 

Mais à un moment donné l’hypertension est caractérisée par un cercle vicieux. Cette pathologie va créer encore une dysfonction endothéliale. Elle va aussi être responsable d’une vasoconstriction. C’est pourquoi, les phénomènes vasooclusives ne sont pas prévisibles : à un moment donné on peut regarder le bébé le matin, il va bien avant midi l’enfant manque totalement de sang. Au final,  c’est une anoxie totale, l’enfant manque totalement d’oxygène et il meurt brutalement.

 Le seul traitement, c’est l’extraction de l’enfant.  C’est pourquoi, notre combat c’est d’amener cet enfant à la maturité et l’extraire le plus rapidement sans attendre parce que l’évolution est imprévisible.

Fatoumata NAPHO

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