Le ministre Mamoudou Kassogué et la présidente du Comité national de coordination de la lutte contre ces pratiques, Mme Samaké Oumou Elkaïrou Niaré
Les deux événements se sont déroulés dans la salle de conférence du département de la Justice, en présence du représentant de l’ambassade des États-Unis, Amadou Bocoum, du chargé d’affaires de l’ambassade de la République fédérale du Nigeria, Ugo Chime et de plusieurs autres personnalités.
Le Garde des Sceaux a, d’emblée, reconnu que le rapport 2024 met en lumière une triste réalité : l’exploitation des plus vulnérables. «L’une des formes les plus odieuses de l’exploitation des êtres humains, a souligné Mamoudou Kassogué, a été mise en lumière dans ce rapport par des investigations et recherches effectuées par des hommes expérimentés».
Le contenu démontre que la traite des personnes est une réalité persistante, souvent dissimulée dans l’ombre, mais profondément enracinée dans notre tissu social, a déploré le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme. Selon lui, ce crime ne demeure pas impuni, quel que soit son auteur. Son combat, a-t-il assuré, est d’œuvrer à garantir pour que chaque victime puisse retrouver sa dignité et son autonomie.
Pour le ministre chargé de la Justice, les chiffres sont alarmants. Et pour preuve un nombre significatif d’enfants, de femmes et d’hommes sont victimes de diverses formes d’exploitation. À ce propos, il a relevé que les actions de protection ont concerné 629 victimes dont 42 hommes, soit 7%, 250 femmes, soit 40%, 337 enfants, soit 53%. Ces statistiques révèlent que les femmes et les enfants demeurent les couches les plus vulnérables avec 93% des victimes. De même, le rapport de 46 pages fait ressortir que 822 migrants dont 345 femmes, 221 hommes et 256 enfants ont été assistés. À ce niveau, les femmes et les enfants viennent encore en tête du sinistre décompte avec 601 victimes, soit 73%.
Au chapitre du traitement judiciaire, le document fait état de 93 dossiers d’enquête dans les trois ressorts de Cours d’appel ; 430 personnes enquêtées, dont 291 hommes et 113 femmes ; 81 dossiers de poursuites engagées contre les personnes et les réseaux impliqués dans la traite des personnes et les pratiques assimilées. Abondant dans le même sens, la présidente du Comité national de coordination de la lutte contre la traite des personnes et les pratiques assimilées, Mme Samaké Oumou Elkaïrou Niaré, a fait savoir que l’année 2024 a été marquée par des avancées significatives dans la lutte contre la traite des personnes. Et cela, grâce à une collaboration renforcée entre les institutions publiques, les organisations de la société civile et les partenaires.
«Nous avons pu former, informer et sensibiliser davantage les populations, identifier et protéger un nombre accru de victimes, tout en poursuivant les auteurs de ces crimes odieux», s’est-elle réjouie. Soutenant que les activités de formation et de sensibilisation ont concerné 36. 812 personnes dont 15.402 hommes, 13. 385 femmes, 8.025 enfants, dont 913 garçons et 4 112 filles. Dans le cadre de la protection, Mme Samaké Oumou Elkaïrou Niaré a fait mention de 629 victimes dont 42 hommes, 250 femmes.
Dans ce volet, 337 enfants, dont 120 garçons et 217 filles ont été identifiés. L’on peut aussi retenir également que 430 enquêtes sont ouvertes pour traquer les hors la loi. En perspective, le département de la Justice entend faire, entre autres, l’adoption du projet de loi sur la traite des personnes et de celui sur le trafic illicite de migrants.
Namory KOUYATE
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