Spécial sortie de l’AES de la CEDEAO, Dr Hamidou Timbiné, professeur de relations internationales et diplomatie : « L’organisation sous régionale est devenue un outil de dissuasion des grandes puissances »

L’universitaire reconnaît que l’organisation sous-régionale n’a pas beaucoup apporté aux pays de la Confédération dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel

Publié mercredi 29 janvier 2025 à 07:29
Spécial sortie de l’AES de la CEDEAO, Dr Hamidou Timbiné, professeur de relations internationales et diplomatie : « L’organisation sous régionale est devenue un outil de dissuasion des grandes puissances »

Les trois pays membres de la Confédération des États du Sahel (Confédération AES); à savoir le Mali, le Burkina-Faso et le Niger sortent aujourd’hui de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). La décision historique de se retirer de cette organisation sous-régionale avait été actée le 13 décembre 2024 par le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, et ses homologues du Burkina Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, et du Niger, le Général de brigade Abdourahamane Tiani.

Pour comprendre de quoi retourne cette décision, nous avons approché le professeur de droit international, relations internationales et diplomatie. Dr Hamidou Timbiné nous livre ses analyses sur le dossier de retrait des pays de la Confédération de la Cedeao. L’universitaire explique de prime abord qu’il existe trois types d’organisations internationales. Il y a l’Organisation internationale à caractère universelle (Organisation des Nations-unies), l’Organisation régionale (Union africaine) et l’Organisation sous-régionale (Cedeao, Uemoa).

Le spécialiste en relations internationales explique que ces organisations consacrées dans le chapitre 8 de l’ONU ont pour but de promouvoir la paix, la sécurité, la coopération et le développement. Il définit la Confédération comme une union d'États indépendants qui, par un ou plusieurs traités, délèguent l'exercice de certaines compétences à des organes communs. Ces États souverains ont en commun certains domaines comme la défense, la sécurité, la diplomatie et le développement. D’où la politique commune des trois D (Défense, diplomatie et développement).

L’AES au début, était une organisation sous-régionale dédiée à la lutte contre le terrorisme. Le juriste rappellera que l’Alliance est ensuite devenue une confédération, le 6 juillet 2024, pour prendre son destin en main. Selon Dr Hamidou Tembiné, le respect de la souveraineté, des  partenaires, la non ingérence dans les affaires intérieures des trois États de la Confédération, la défense des intérêts vitaux de leurs peuples, les patrouilles militaires conjointes sont des avantages pour les États de l’AES. À cela s’ajoutent le partage des renseignements militaires, la libre circulation des personnes et de leurs biens, la diffusion réciproque de l’actualité notamment les journaux télévisés.

Pour le spécialiste des relations internationales, le retrait des trois États de la Cedeao pourrait perturber les échanges commerciaux et de coopération sécuritaire dans une région. À cet effet, il précisera que le départ de ces États de l’organisation sous-régionale peut leur porter aussi préjudice, en termes de pertes sur les avantages douaniers, de libre circulation des personnes et de leurs biens, mais aussi de projets d’infrastructures et de développement dans l’ancienne zone Cedeao qui s’élèvent à plusieurs centaines de milliards de Fcfa. Une autre appréhension de l’universitaire est le fait de cesser d’être membres de la Cedeao qui peut aussi priver les États de la Confédération de certains postes stratégiques à l’échelle régionale et contraindre leurs ressortissants à prendre des visas ou des cartes de séjour vivant dans l’espace Cedeao.

 

DÉFIS ET PERSPECTIVES- Pour le Dr Timbiné, l’enjeu du combat contre le terrorisme, l’insécurité, la redynamisation de l’économie, la création très prochaine d’une monnaie commune, la mise en place d’une armée conjointe de 5.000 militaires et d’un passeport AES, la bonne gouvernance et le retour à l’ordre constitutionnel sont des défis et perspectives pour les pays de l’AES après leur retrait. Le spécialiste des relations internationales reconnaît que l’apport de la Cedeao aux États de la Confédération est insuffisant dans la lutte contre le terrorisme, alors que les terroristes continuent de tuer civils et militaires.

En outre, l’organisation sous régionale est devenue un outil de dissuasion des grandes puissances (États-Unis, France) qui s’ingèrent dans les affaires intérieures des États de l’AES. C’est pourquoi, la Cedeao n’a pas pu jouer sa mission de coopération politique et diplomatique envers les États de l’AES. Et ceux-ci estiment que la Cedeao ne répond plus aux attentes des peuples. C’est ce qui justifie leur retrait de la Cedeao, explique le juriste Timbiné. Il est utile de rappeler que l’AES, créée le 16 septembre 2023 à Bamako, est un pacte de défense mutuelle conclu entre les trois pays membres. Elle aide à contrer d’éventuelles menaces de rébellions armées ou d’agressions extérieures, conformément au pacte qui stipule que «toute attaque contre la souveraineté et l’intégrité territoriale d’une ou plusieurs parties contractantes sera considérée comme une agression contre les autres parties».

Soutenir le développement économique et renforcer la résilience régionale est aussi l’un des objectifs de l’AES. Le 6 juillet 2024, la Confédération de l’AES a vu le jour à Niamey (Niger). Elle est vaste de plus de 2,78 millions de km2 et compte une population de plus de 72 millions d’habitants.

Quant à la Cedeao, elle a été créée le 28 mai 1975 à Lagos par les Présidents "Moussa Traoré (Mali), Mathieu Kérékou (Bénin), Sangoulé Lamizana (Burkina Faso), Gnassingbé Eyadéma (Togo), Seyni Kountché (Niger), le général Yakubu Gowon (Nigeria), Felix Houphouet Boigny (Côte-d’Ivoire), Sékou Touré (Guinée), Daouda Jawara (Gambie), Léopold Sedar Senghor (Sénégal), etc. Elle a une population de plus de 300 millions. Avec le retrait du Mali, du Burkina-Faso et du Niger, la Cedeao ne comptera désormais que 12 États : Bénin, Cap-Vert, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Nigeria, Sénégal, Sierra-Leone et Togo.  

Sidi WAGUE

Lire aussi : Sommet de l'AES à Bamako : La reconnaissance du mérite au service de l'intégration sahélienne

Dans le cadre des activités de la 2è session ordinaire du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a procédé ce mardi 23 décembre, au Palais de Koulouba, à la décoration du Capitaine I.

Lire aussi : À l’heure du Mali, À la présidence confédérale : des lumières d’Assimi aux outils d’IB

La Confédération des États du Sahel (AES) poursuit son chemin, nourrie chaque jour par la ferveur populaire qui l’accompagne et par la détermination des chefs d’État des trois pays à en faire un tournant décisif pour assurer un bien-être collectif durable. Tel est l’esprit de la Confé.

Lire aussi : Palais de Koulouba : Un dîner à l’honneur des présidents Tiani et Traoré

Dans le cadre de la 2è session du collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a offert un dîner à l’honneur de ses hôtes le Général d’armée Abdourahamane Tiani du Niger et le Capitaine .

Lire aussi : Présidence de la Confédération AES : Le Général d’armée Assimi Goïta passe le flambeau au Capitaine Ibrahim Traoré

Le Président du Faso a rendu un hommage appuyé au leadership de son prédécesseur et place son mandat sous le signe de la continuité et de la consolidation des acquis de la Feuille de route de l’An II.

Lire aussi : AES : Des pistes pour transformer, à terme, la Confédération en Fédération

Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a procédé à la lecture du communiqué final sanctionnant la deuxième session du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES)..

Lire aussi : Sommet du collège des Chefs d'Etat de l' AES : Entre acquis et perspectives prometteuses

C'est dans la salle Djeli Baba Sissoko archicomble du Centre international de conférences de Bamako (CICB) que s'est ouvert ce mardi le 2è sommet des Chefs d'Etat de la Confédération des États du Sahel sous le leadership du Président de la Transition, le Général d'armée Assimi Goïta.

Les articles de l'auteur

École de Touna : Un établissement historique

C’est un établissement scolaire qui a aujourd’hui 63 ans d’âge puisqu’il a été porté sur les fonts baptismaux le 1er octobre 1962. L’école de Touna, une localité située dans le Cercle de Bla (Région de Ségou), ressent aujourd’hui le besoin d’une rénovation et les ressortissants de la localité semblent s’inscrire dans une dynamique positive de mobilisation des ressources nécessaires pour donner un coup d’accélérateur au projet de restauration..

Par Sidi WAGUE


Publié mardi 30 décembre 2025 à 08:24

Visite du ministre Sy Savané au Lycée Askia Mohamed : La rénovation de l’établissement au cœur des échanges

Le Lycée «Askia Mohamed» (LAM) de Bamako est l’un des plus anciens établissements d’enseignement secondaire de notre pays. Cet établissement d’enseignement secondaire qui existe depuis plus d’un siècle a été visité, hier, par le ministre de l’Éducation nationale, Dr Amadou Sy Savané..

Par Sidi WAGUE


Publié mercredi 17 décembre 2025 à 11:01

Projet Aspire : Beaucoup de réalisations

Le tout premier comité de pilotage national du projet : Action pour le renforcement des partenariats pour l’inclusion, la résilience et l’éducation (Aspire) s’est réuni, vendredi dernier dans un hôtel de Bamako..

Par Sidi WAGUE


Publié lundi 08 décembre 2025 à 08:07

MIQRA : Un tournant décisif

Le projet a connu deux évolutions majeures en 2025, notamment la restauration institutionnelle et la restructuration des activités.

Par Sidi WAGUE


Publié lundi 01 décembre 2025 à 08:46

Performance des systèmes d’information éducatifs : Le ministre de l’éducation et l’apdp scellent un partenariat

À l’instar des autres secteurs, le monde éducatif malien connaît aussi une profonde transformation et mutation numériques. La gestion des élèves, des enseignants, des examens, mais aussi des affectations et des ressources pédagogiques s’effectuent de plus en plus en s’appuyant sur des systèmes numérisés et interconnectés..

Par Sidi WAGUE


Publié mardi 11 novembre 2025 à 08:33

Crises sécuritaire et du carburant : L’appel patriotique de l’AMSUNEEM

Dans sa déclaration, l’Amicale rappelle que notre pays consomme au moins 3,2 à 3,5 millions de litres de carburant par jour. Et l’offre actuelle est loin de couvrir les besoins du pays, ce qui crée une concentration et amplification de la demande par peur, surtout avec une logistique sous tension.

Par Sidi WAGUE


Publié jeudi 30 octobre 2025 à 07:33

Éducation nationale : Environ 4 millions d’élèves reprennent le chemin de l’école

Lors de la visite des écoles à Bamako dans le cadre de la rentrée scolaire 2025-2026, des membres du gouvernement ont proposé des primes de performance. Ainsi, le ministre de l’Énergie et de l’Eau, Boubacar Diané, s’est porté garant à sponsoriser le 1er de la classe de 9è année du Groupe scolaire Gaoussou Dabo I de Darsalam. Son collègue de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, s’est engagé à parrainer le 1er au DEF 2026.

Par Sidi WAGUE


Publié jeudi 02 octobre 2025 à 13:04

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner