Présentation d’une variété de riz au Chef du gouvernement
Dans une démarche résolue vers la souveraineté alimentaire, le gouvernement malien s’engage, à travers un programme d’envergure, à mettre fin aux importations de riz d’ici 2030. Doté d’un financement de 14,112 milliards de Fcfa, le Programme national du système de riziculture intensif (PN-SRI) vise à porter la production nationale à 5,5 millions de tonnes, contre environ 3 millions actuellement.
C’est dans ce cadre qu’un forum national sur le financement durable de ce programme a été organisé, hier à Bamako, par le ministère de l’Agriculture à travers la Direction nationale de l’agriculture (Dna). La cérémonie d’ouverture était présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, et du président de l’Interprofession de la filière riz (Ifriz) au Mali, Faliry Boly.
La production nationale de riz pour la campagne 2023-2024 est estimée à 3.024.000 tonnes, contre 2.900.000 tonnes l’année précédente. Malgré ce progrès, notre pays continue d’importer du riz pour satisfaire la demande intérieure. Face à ce paradoxe, le PN-SRI a été conçu pour répondre au défi de l’autosuffisance, en misant sur l’augmentation de la productivité tout en respectant l’environnement et en améliorant les revenus des producteurs. Ce forum est une opportunité pour lever des fonds en faveur du financement du Programme élaboré, avec l’accompagnement de la Coopération allemande, sur une durée d’environ 10 ans.
Selon le Premier ministre, ce Programme s’inscrit dans une dynamique de transformation agricole durable en exploitant le potentiel agroécologique du pays. Le Général de division Abdoulaye Maïga a engagé le gouvernement à mobiliser 60% du coût total du projet et exhorté toutes les parties prenantes à travailler à la concrétisation de cette vision afin que «d’ici 2030, le Mali ne dépende plus des importations de riz». Le Chef du gouvernement a précisé que cette initiative est en adéquation avec la vision du Président de la Transition, de faire du Mali une puissance agricole et de jeter les bases d’une intégration économique avec les pays membres de la Confédération des États du Sahel.
Il s’agit, selon lui, d’une réelle intégration fondée sur la préservation et la valorisation de nos potentialités économiques et naturelles, surtout au niveau du secteur agricole et rural, en vue d’assurer une croissance économique durable, facteur de création d’emplois et d’augmentation des revenus des exploitations agricoles. L’initiative s’inscrit en droite ligne de la vision «Mali Kura ɲɛtaa sira ka bɛn san 2063 ma» et de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033.
Le ministre de l’Agriculture a déclaré qu’à travers ce Programme, les autorités sont en train de chercher à promouvoir la riziculture dans notre pays et en général dans l’espace AES. «Pour cela, nous avons beaucoup de potentialités, que ce soit en termes de terres aménageables, de cours d’eau et de ressources humaines. Les connaissances aussi en matière de recherche sont disponibles au Mali pour que nous puissions être autosuffisants en riz», a exprimé Daniel Siméon Kelema. Pour ce faire, au-delà de l’augmentation des superficies, le ministre de l’Agriculture mise sur l’intensification de la production.
Parmi les facteurs d’intensification, il a cité la technique culturale basée sur le système de riziculture intensif. Daniel Siméon Kelema a estimé que si ce Programme est mis correctement en œuvre, il va permettre de réduire les besoins en semences de près de 50%, en engrais de 50% et en eau de 30 à 35%. Mais également de contribuer à corriger les effets néfastes du changement climatique en diminuant l’émission des gaz à effet de serre.
Pour sa part, le président de l’Interprofession de la filière riz au Mali, Faliry Boly, a insisté sur l’importance de l’accompagnement technique des producteurs afin de valoriser pleinement le potentiel agricole du pays. La rencontre a été marquée par la signature d’un manifeste d’engagement des acteurs et une visite guidée des stands, manifestant la volonté commune de faire du Mali un pays autosuffisant en riz.
Makan SISSOKO
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