Mali, Théâtre : Anw Jigi Art promeut «Taafé Fanga»

Cette association a pour mission de développer le théâtre dans notre pays, notamment dans les quartiers périphériques. Ce qui peut favoriser l’émergence de jeunes auteurs, mais surtout créer des opportunités professionnelles

Publié vendredi 17 novembre 2023 à 07:16
Mali, Théâtre : Anw Jigi Art promeut «Taafé Fanga»

Dans cette pièce, les femmes parlent de leurs peurs et de leurs blessures

 

«Taafé Fanga» ou le pouvoir du pagne est un questionnement de la place de la femme dans la société. Il est question de pouvoir. à qui le donne-t-on ? Et pourquoi ? C’est une jeune femme qui reçoit des remarques sur son âge qui avance, sur ses tenues trop courtes, son maquillage trop prononcé. Elle décide alors de questionner la société malienne sur cette nécessite qu’ont certains de vouloir imposer leur vision de la femme à la gent féminine.


Que ce soit la société ou la famille, Taafé́ Fanga c’est la voix des femmes qui ont toujours voulu parler, mais ne savent pas comment. Et des femmes qui ont mal, mais endurent. Et des femmes veulent dire, mais ont peur. Et des femmes qui ont une routine de faux sourires, de faux bonheurs et de fausses ambitions. Elles ont pourtant la force en elles pour parler de leurs peurs, leurs blessures. Ces peines qui ont trop longtemps duré.

La pièce est ainsi distribuée : Assitan Tangara est l’adaptation et la metteuse en scène ; Jeanne Diama est auteure et comédienne ; Awa Diassana est comédienne et conteuse et metteuse en scène ; Tassala Tata Bamou est comédienne et conteuse ; Niaka Sacko assure la musique et le chant ; Patric Janvier est le scénographe et le costumier.

L’œuvre a assuré trois dates importantes en France notamment à Lyon, au « Théâtre Nouvelle Génération » en octobre. Elle sera à Bamako, en février au siège de Acte Sept, à «Kenekan Plus», et à la mairie de Dialakorodji. Elle a déjà été présentée aux festivals Faraway et à Casamance en scène au Sénégal.  Taafé Fanga est produit dans le cadre du programme «Doni blon/vestibule du savoir» qui se déroule de septembre 2023 à août 2024.


Pour l’administrateur, la pénurie d’auteurs de théâtre est un défi actuel auquel est confrontée la scène artistique au Mali. Cette lacune cruciale entrave, à bien des égards, le développement et l’expression culturelle du pays. La création de nouvelles œuvres théâtrales originales est essentielle pour enrichir notre patrimoine théâtral, mais le manque d’auteurs talentueux constitue un obstacle majeur. Ce vide créatif entrave non seulement la croissance du théâtre malien, mais également la diffusion de ses histoires et de son identité culturelle unique. Il est impératif de mettre en lumière cette problématique et de travailler à sa résolution afin de promouvoir et préserver l’art théâtral au Mali.

Le développement du théâtre au Mali passe également par la promotion d’auteurs locaux talentueux capables de s’exprimer dans des langues accessibles à tous. Cela permettrait au théâtre de jouer son rôle d’information, de sensibilisation et de divertissement, touchant ainsi l’ensemble de la population, y compris les femmes et les jeunes, dans tous les quartiers de Bamako.

Le programme «Doni blon/vestibule du savoir» représente une série d’initiatives visant à remédier à cette pénurie d’auteurs en formant de jeunes auteurs et comédiens, en encadrant des talents émergents, et en leur fournissant une plateforme d’expression. Ce programme qui comprend le projet Drama Actora Lab vise à renforcer les compétences de 10 jeunes auteurs et 15 jeunes comédiens en utilisant la langue bambara pour l’écriture dramaturgique sur scène. Mais aussi en améliorant leurs compétences en improvisation en tant qu’acteurs.

Le projet «Dialakorodji Event» est une plateforme dédiée à soutenir les jeunes talents, offrant des opportunités professionnelles pour les aider à sortir du cycle de la violence et à progresser dans une carrière. En plus de ces initiatives artistiques, ce projet organise des rencontres mensuelles pour des débats, conférences et ateliers d’échanges et de formation dans des tontines, grins et écoles pour informer et sensibiliser sur divers sujets tels que l’entreprenariat et l’autonomisation des femmes.

Dans l’ensemble, ce programme engagé contribue de manière significative à l’enrichissement culturel et la croissance de la communauté en favorisant l’apprentissage, l’expression artistique et le dialogue. Comme objectifs principaux, il veut favoriser l’émergence de jeunes auteurs de théâtre talentueux ; encourager l’émergence de nouveaux dramaturges qui s’expriment en bambara ; apporter un soutien aux jeunes artistes en créant des opportunités professionnelles pour eux et contribuer à la reconstruction de la communauté par le biais du théâtre social.

Ce programme est porté par Anw Jigi Art, une association engagée dont la mission consiste à promouvoir le théâtre au Mali, en particulier dans les quartiers défavorisés tel que Dialakorodji. Depuis 2015, cette association  organise de manière régulière des activités socioculturelles dans ces quartiers, les familles et les écoles. À partir de 2019, elle propose dans son centre culturel «Happy Théâtre», des programmations artistiques et culturelles riches et participatives, ainsi que des activités visant à renforcer les capacités des jeunes et des organisations féminines du quartier.

 

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Tissage artisanal : Un héritage en péril

Face à la modernité et la contrefaçon, les tisserands lancent un cri de détresse aux autorités afin qu’elles s’impliquent pour sauver leur métier du naufrage collectif et préserver du coup un patrimoine manufacturier traditionnel inestimable.

Lire aussi : Ségou : Inauguration du vestibule des autorités et légitimités traditionnelles

En reconnaissance de l’importance du rôle des légitimés traditionnelles dans la société et dans le souci de leur doter d’un espace dédié à la tenue de leurs activités, le président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta a decidé d’offrir à chacune des régions adm.

Lire aussi : Journée mondiale de la photographie : Yamarou célèbre les 200 ans de l’image photo

Marquée par une série d’échanges entre les photographes, la journée a été un véritable champ de diagnostic et de propositions de relance du secteur.

Lire aussi : Hommage : Souleymane Sarr, un des plus grands photographes de Bamako

Si certains photographes de première génération ont connu le succès sur le plan international, d’autres ont passé toute leur vie sans pour autant connaître le show-biz de l’art contemporain. C’est le cas de notre compatriote feu Souleymane Sarr, qui a consacré sa vie au service de la ph.

Lire aussi : Aliou Sissoko : Un AS de la photographie

Profondément passionné par son art visuel, il y a déjà consacré des années pour l’illustration des articles de presse du Quotidien national (L’Essor) qui est un produit phare de l’Amap et à la préservation de la mémoire nationale.

Lire aussi : La passion chevillée au corps

On pourrait penser que rien ne prédestinait Seydou Camara à la photographie surtout avec son cursus scolaire, mais c’est s’y méprendre parce que ce natif de Ségou, la 4è région du Mali, avait la passion de la photographie chevillée au corps et depuis sa tendre enfance..

Les articles de l'auteur

Photographie : John Kalapo, lauréat de l’académie des beaux-arts

Le photographe est sélectionné parmi des dizaines de candidats dans le cadre du programme "Arts visuels" qui accueille chaque année 4 artistes du domaine. Il sera aussi probablement l’une des attractions de la 15è édition de la Biennale africaine de la photographie.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 11 août 2026 à 08:25

Harouna Samaké : Le visionnaire qui transforme le kamale N’Goni

Harouna Samaké est sans doute un artiste malien peu connu du grand public. Pourtant, depuis plus de deux décennies, il parcourt les scènes internationales avec son instrument : «le kamale n’goni». Cet ancien compagnon du célèbre musicien Salif Keïta, finira par créer son groupe avec des amis africains, européens et américains..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 03 juillet 2026 à 08:54

Moussa Bagayogo : le maître artisan donne une nouvelle dimension à l’indigo

Dans son atelier à Attbougou en Commune VI du District de Bamako, Moussa Bagayogo est très occupé à tester les couleurs ou les variantes du bleu sur différents morceaux de tissus en cotonnade..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:20

Sidy Diabaté : Le réalisateur du film "Da Monzon la conquête de Samagnana" tire sa révérence

La mort viient d'arracher à notre affection le réalisateur "Da Monzon la conquête de Samagnana", Sidy Fassara Diabaté. La nouvelle de son décès est tombée comme un couperet dans la nuit de lundi à mardi. Il avait fait valoir ses droits à la retraire en 2012 après de bons loyaux services rendus à la nation...

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 13 mai 2026 à 08:30

Information et Télécommunications : L’ancienne ministre Mme Gakou Fatou Niang n’est plus

C’est à travers le communiqué de presse du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, que l’opinion nationale a été informé du rappel à Dieu de Mme Gakou Fatou Niang, ancienne ministre de l’Information et des Télécommunications..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 09 avril 2026 à 08:39

Musique : Youssou N’Dour donnera une autre image du Mali

Certainement une première à Bamako depuis le début de la crise. La star de la musique africaine, Youssou N’dour, animera un bal à l’hôtel de l’Amitié le 25 avril prochain..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 08 avril 2026 à 07:53

Patrimoine musical : Le Centre d’art Miéruba de Ségou propose «The Lost Maestras»

C’est une collection féminine qui met en lumière les cantatrices dont les talents et les œuvres ont été peu mis en valeur.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 03 avril 2026 à 08:35

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner