#Mali : Lutte contre les violences basées sur le genre : Les légitimités traditionnelles à l’avant-garde du combat

La lutte contre les Violences basées sur le genre (VBG) a pris une autre tonalité au Mali. Pouvoirs publics, partenaires et acteurs communautaires multiplient les initiatives et les actions pour circonscrire le fléau à défaut de pouvoir le bannir.

Publié mercredi 23 octobre 2024 à 20:11
#Mali : Lutte contre les violences basées sur le genre : Les légitimités traditionnelles à l’avant-garde du combat


 C’est dans cet esprit qu’a débuté, mardi dernier à Bamako, l’atelier de mise en place du Réseau national des légitimités traditionnelles et des leaders communicateurs et religieux pour l’abandon des VBG. C’était sous la présidence de la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Coulibaly Maryam Maïga, en présence de la représentante de l’ONU-Femmes, Marie Goreth Nizigam.

Ben Chérif Diabaté, communicateur traditionnel, a affirmé que les autorités et légitimités traditionnelles, gardiennes des valeurs de la société, contribuent au renforcement du vivre ensemble, de la cohésion sociale, mais aussi à la prévention et à la gestion des conflits. Il a justifié l’importance de la mise en place de ce Réseau national en faveur de l’élimination des violences faites aux femmes et aux filles.

Pour sa part, le représentant de l’ambassade d’Allemagne au Mali, Oumar  D. Mikota-Konaré, a salué l’engagement de l’État à travers les multiples actions de promotion de l’équité genre et en faveur de l’élimination de la violence faite aux femmes et aux filles, notamment les diverses politiques, stratégies et programmes nationaux de lutte pour l’abandon des VBG et autres pratiques néfastes. Il précisera que nonobstant cet engagement, force est de constater la persistance de certaines pratiques néfastes ou violentes construites sur des idéaux rétrogrades contribuant à accroître une disparité profonde entre les deux sexes.

Selon Marie Goreth Nizigama, la violence basée sur le genre appelée aussi «la pandémie dans l’ombre» est un véritable fléau avec un risque particulièrement élevé pour les femmes et les filles. Selon des statistiques fournies par la représentante de l’ONU-Femme, une femme sur trois dans le monde subit des violences sexuelles ou physiques au moins une fois dans sa vie. Ce phénomène s’accentue dans les situations de crises humanitaires comme celles que traverse aujourd’hui notre pays où les inégalités entre les sexes, la marginalisation et l’exclusion sociale se révélent inquiétantes.

La ministre chargée de la Promotion de la Femme a indiqué que l’initiative de créer ce Réseau est en phase avec la mise en œuvre de la Politique nationale genre, ainsi que la Stratégie nationale pour l’abandon des VBG et le renforcement des capacités des institutions et organisations de la société civile. Cela en vue de parvenir à l’égalité entre les sexes, conformément à la Constitution de la Vè République, promulguée le 22 juillet 2023.


Aussi, dira la ministre Mariam Maïga, l’adoption du Programme national d’éducation aux valeurs (Pnev) comme réponse concrète aux défis contemporains, notamment la crise d’identité et la perte de repères socio-culturels, entre autres, sources de violences dans les sociétés, favorise l’intégrité, le respect mutuel, l’équité et la résilience face aux adversités. Pour elle, l’initiative s’inscrit dans la mise en œuvre des recommandations de la rencontre régionale tenue à Douala au Cameroun, les 14 et 15 décembre 2022 sur le «Rôle des chefs traditionnels et des leaders religieux comme acteurs du changement pour mettre fin aux violences faites aux femmes et aux filles».

Il ressort des statistiques du Système de gestion des informations sur la violence basée sur le genre ((IMSVBG) qu’il a été enregistré plus 7.641 VBG au Mali entre janvier et juin 2024. Et de nombreux d’observateurs s’accordent à dire que ces chiffres reflètent seulement la face visible de l’iceberg.

Maïmouna SOW

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