C’est la croix et la bannière pour des clients de pouvoir regagner tranquillement le centre ville
«Raïda, raïda, raïda direct…»
Un apprenti chauffeur de sotrama s’époumone à héler les passagers qui empruntent
les transports en commun à partir des Logements sociaux de N’Tbacoro. Ce trajet
d’une vingtaine de kilomètres pour regagner le centre ville se révèle souvent
être un véritable parcours du combattant pour les habitants de ce quartier
périphérique qui utilisent le transport en commun. Ils sont confrontés à un
vrai casse-tête et réclament plus de respect des chauffeurs et apprentis qui
font à leur égard de l’indiscipline.
Pour les usagers de ce tronçon, c’est la croix
et la bannière de pouvoir regagner tranquillement le centre ville. Chaque
matin, de paisibles citoyens quittent leurs domiciles pour se rendre au job. Ce
jour de juin, il est environ 7 heures, des passagers embarquent dans un
véhicule de transport en commun. Certains expriment leur impatience de voir le
conducteur et son apprenti trainés sur le chemin à la recherche continue de
passagers.
Les passagers fulminent contre le langage ordurier et du chauffeur et
de l’apprenti. Pour un petit souci de monnaie, l’apprenti n’hésite pas un seul instant
et «toutes griffes dehors» a agressé un passager. Souvent la réplique est
proportionnelle à l’attaque. Mais le plus souvent, les passagers préfèrent
dépasser la colère et l’indignation, mais surtout espérer arriver à temps et
sains et saufs à destination. Dans les transports en commun, les apprentis
semblent imposer leur diktat aux passagers et souvent même au chauffeur. Tout y
passe comme lettre à la poste. Invectives, rabrouement et autres indécences.
Ils se permettent parfois de fumer dans le véhicule. Sans pour autant savoir
que tous ces actes sont punis par la législation en vigueur.
LES TARIFS- Dans les
transports en commun, les passagers avalent aujourd’hui des couleuvres. Ils sont contraints d’y recourir pour se
rendre à leurs services ou vaquer à leurs occupations au centre ville. La pomme
de discorde que l’on retrouve fréquemment reste les tarifs. À en croire
certains passagers, les transporteurs essaient de faire les choses à la tête du
client. Alors que les tarifs sont fixés
et bien connus de tous. Certains expliquent clairement ne pas accepter de
souffrir de cette situation où dans un même véhicule de transport, on fixe les
tarifs en fonction de l’humeur de l’apprenti.
Pour Ousmane Traoré,
chauffeur de sotrama sur le tronçon N’tabacoro Attbougou, cette situation
résulte de l’attitude des passagers, surtout des femmes qui essayent toujours
de négocier les tarifs avec les apprentis. Une étudiante en droit a requis
l’anonymat et accepté de verser son avis dans le débat. Elle exprime clairement
son amertume à qui veut l’entendre de voir les passagers endurer. Elle râle contre le fait que parfois on fait même payer un
double tarif aux passagers qui désirent rejoindre le centre ville.
Elle
explique avoir été une fois victime de cette situation qu’elle juge être une
«escroquerie». Arès avoir embarqués à partir de N’Tabacoro dans un transport en
commun pour le Raïda, une fois arrivé au niveau de la Tour de l’Afrique, le
conducteur changera d’avis et essaiera de faire demi-tour. Il tentera d’imposer en vain aux passagers de
payer un double tarif. Malheureusement, cet épisode n’est pas anecdotique. Bien
au contraire, c’est leur comportement de tous les jours et cela au vu et au su
de tout le monde, y compris les policiers au niveau des carrefours et des
syndicats de transport. C’est devenue la loi de la jungle.
Pour l’apprenti chauffeur
Mamourou Kanté, il y’a des passagers qui refusent de payer. «On ne vole
personne et nous faisons notre travail correctement», se défend le jeune
apprenti, visiblement sous l’effet d’un psychotrope.
L’avènement de la crise politique et les
« sanctions inhumaines» de la Communauté des états de l’Afrique de l’Ouest
(Cedeao) et de l’Union économique monétaire des états de l’Afrique de l’Ouest
(Uemoa) ont conduit une flambée des prix des denrées de première nécessité.
Mais aussi sur les hydrocarbures qui ont
aussi subi de plein fouet le contre –coup de la crise avec une augmentation des
prix du carburant.
Ce qui aurait poussé les
syndicats des transporteurs, en accord avec les services techniques de l’état,
à revoir les prix à la hausse avec une augmentation de 25 à 50 Fcfa en fonction
des quartiers. Et depuis, ces prix n’ont pas baissés même avec le dénouement de
cette crise.
Un représentant du Syndicat
des sotramas de raïda a souhaité
témoigner dans l’anonymat. «C’est vrai que les prix n’ont plus changé
après la réduction du prix des carburants.
Les prix sont bien fixés et il n’y a pas de problème à ce niveau, mais
c’est le social qui impacte le tarif et parfois ça se transforme en discorde
entre apprenti et client». Il essaie d’expliquer par exemple qu’un passager qui à Niamana peut dire à l’apprenti qu’il a 300 Fcfa et celui-ci accepte
alors que le tarif est de 400 Fcfa. Ce qui crée parfois des confusions par
rapport aux prix.
En tout cas c’est un cri de cœur que les passagers lancent aux autorités en vue de mettre de l’ordre dans les choses à ce niveau. Mais surtout pour revenir aux tarifs d’avant les sanctions inhumaines de la Cedeao et de l’Uemoa et de tenir compte de la conjoncture. Il y va de l’intérêt de tous d’avoir un transport en commun digne de nom.
Amadou SOW
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