Assurance volontaire pour la culture : Un bol d’air pour les artistes

Ce régime qui couvre les assurés volontaires du monde de la culture offre aussi l’opportunité de souscrire à l’Assurance maladie obligatoire (AMO) pour une prise en charge du risque maladie. L’Assurance volontaire pour la culture (Avoc) est aussi un moyen de prendre en charge les angoisses du lendemain

Publié mardi 10 juin 2025 à 07:37
Assurance volontaire pour la culture : Un bol d’air pour les artistes

Enrôlement d’artistes à l’Avoc

 

Nos compatriotes exprimaient leurs compassions pour les artistes sur lesquels le sort s’acharne. Il était donc fréquent de voir des cris du cœur sur les réseaux sociaux pour réclamer un SOS (un appel à l’assistance immédiate) pour un ou une artiste grabataire ou dans la déchéance. Y compris les artisans et autres guides. Autrement dit, ces porte-étendards du pays sur les scènes internationales qui mouillent bien le maillot pour mieux vendre l’image du pays.

Dans ces situations, certains pointaient du doigt une négligence coupable de l’État de ne pas mettre en place une politique de protection sociale pour eux. Ces récriminations semblent avoir été entendues, puisque c’est désormais chose faite avec l’Assurance volontaire pour la culture (Avoc). L’initiative est unanimement bien appréciée dans le monde de la culture.

Ce n’est pas l’artiste photographe B Samaké qui s’en offusquera. Il explique que parfois des images insoutenables sur la situation de certains artistes ou artisans malades grabataires sont publiées sur la toile et portent même atteinte à la dignité humaine simplement. Il ne souhaite plus voir les artistes, artisans et autres guides souffrir de cette situation.

Portée sur les fonts baptismaux dans le cadre de l’Année de la culture, l’Avoc se positionne comme une opportunité à ne pas manquer pour ces couches ciblées. C’est aussi une aubaine de revitalisation culturelle à travers une promotion beaucoup plus accrue des talents artistiques.

En vue de mettre en application la vision du Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé et son collègue de la Santé et du Développement social, le Colonel Assa Badiallo Touré, ont décidé de redonner espoir aux acteurs culturels, surtout ceux qui officient  dans le secteur informel. Ainsi, ils ont procédé, le 23 avril dernier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), au lancement de ce régime de protection sociale pour les acteurs du monde culturel.

 

BOUFFÉE D’OXYGÈNE- Les deux membres du gouvernement ont soutenu que l’Avoc est la concrétisation de la lettre de cadrage du Président de la Transition. Mamou Daffé a rappelé la situation précaire de certains artistes pour lesquels cette assurance peut être une réelle bouffée d’oxygène, avant de témoigner de sa reconnaissance au Chef de l’État. Le Colonel Assan Badiallo Touré expliquera le processus qui a permis d’en arriver à la signature de convention entre leurs deux départements. «L’absence de couverture sociale pour les travailleurs salariés et non salariés a des conséquences sur leur vie sociale et sur l’économie du pays», a laissé entendre la ministre Assa Badiallo Touré.

Pour la réussite du projet, les initiateurs ont installé des points focaux au niveau des deux départements en vue de sensibiliser les différentes corporations des trois secteurs et de leur expliquer toute l’importance de ce régime. Le point focal et conseiller technique au ministère en charge de la Culture, Djibril Niaré, précise que le processus se passe bien. Et de confirmer que plusieurs sites d’enrôlement ont été ouverts dans plusieurs services du département et au niveau des associations faîtières.

Il explique que le Centre national de cinématographie du Mali (CNCM), le Bureau malien du droit d’auteur (Bumda), le Palais de la culture Amadou Hampâté Ba, la Maison des artisans, la Pyramide du souvenir, la direction nationale de l’action culturelle, entre autres, sont dédiés a enrôler les volontaires. C’était très timide dans un premier temps, mais les choses sont ensuite allées sur des chapeaux de roues avec la sensibilisation et l’implication d’autres acteurs et les faîtières. Moins de deux mois après le lancement, on enregistre plus de 200 artistes enrôlés, explique le point focal, qui annonce que le département en charge de la Culture travaille avec les capitales régionales pour une large vulgarisation de l’initiative.

Pour le directeur national de l’artisanat, Daha Niasse, les autorités ont été très ingénieuses en cherchant un produit adapté aux artisans, artistes et aux autres acteurs du tourisme. Il explique succinctement que les artisans à un moment de leur parcours gagnent beaucoup, mais 10 ou 20 ans après, ils se retrouvent pour la plupart dans une déchéance parce que ne pouvant plus officier et n’ayant aucune sécurité sociale pour la prise en charge du risque maladie ou des angoisses de la vieillesse. «Nous avons salué l’avènement de l’Avoc qui offre également la possibilité d’une souscription à l’Assurance maladie obligatoire (AMO) pour se soigner, mais aussi ses ayants droit  (femmes et enfants) et s’épargner les angoisses du lendemain, c’est-à-dire d’avoir une retrait Â», témoigne Daha Niasse.

 

DIFFICULTÉS APRÈS SUCCÈS- Bien sûr que les sceptiques n’ont pas tout de suite adhéré à l’idée, mais ces inquiétudes semblent être dissipées chez bon nombre d’entre eux. Pour le directeur général adjoint du CNCM, Alou Badra Diakité, les inscriptions sont très timides à son niveau. Il justifie la situation par un premier enroulement des cinéastes à l’Amo. À cet effet, on avait signé dans le temps une convention avec l’Institut national de prévoyance sociale (INPS). L’artiste peintre Souleymane Ouloguèm pense que c’est une bouffée d’oxygène pour les créateurs. Il fallait cette assurance pour garantir la survie des artistes maliens qui, après leur succès, tombent souvent dans des difficultés.

Le président de la Fédération nationale du cinéma et audiovisuel du Mali (Fenacam), Alou Konaté, exprime sa totale satisfaction de voir enfin un vÅ“u de sa corporation se réaliser. «C’est un long combat que nous avions commencé depuis des années. Les artistes ne sont pas de bons gestionnaires et je pense que nous arriverons à inverser la tendance», a-t-il dit clairement. La conteuse N’ga Bolo Hen Amaïchata Salamata y souscrit volontiers. Elle estime que le projet permet de donner un nouveau souffle de vie aux artistes et à leurs familles. La conteuse invite les initiateurs à vite mettre en place des mécanismes de communication pour mieux toucher les artistes qui ne vivent pas dans les grandes villes.


«C’est une initiative salutaire dans son essence. Malheureusement, je suis frappé par la limite d’âge parce qu’il faut avoir moins de 50 ans», déclare le reggae man malien Aziz Wonder.  Mais il promet d’enrôler ses enfants actuellement en formation à l’Institut national des arts de Bamako et au Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasseké Kouyaté. Le reggae man trouve que le montant est supportable pour les artistes.

Si l’initiative suscite de l’intérêt dans la capitale, elle tarde à décoller dans les capitales régionales selon les informations glanées auprès de certains directeurs régionaux. Le directeur régional du tourisme de Koutiala, Faganda Traoré, joint par téléphone, explique clairement avoir reçu les documents de l’Avoc.  «Je les ai transmis aux acteurs du tourisme pour leur permettre de souscrire», a-t-il dit.

Amadou SOW

 

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Des avantages réels

 

Mise en place grâce à une subvention annuelle, déposée par le ministère en charge de la Culture à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS), l’Avoc est un régime de protection sociale spécifique propre aux acteurs privés des secteurs de la culture, de l’artisanat et du tourisme.

Le régime comporte beaucoup d’avantages, notamment la couverture médicale pour l’assuré et sa famille, les allocations familiales garanties pour l’assuré, la pension de retraite, la possibilité de payer les cotisations tous les 4 mois au lieu de 3 mois, la flexibilité dans le mode de paiement, la possibilité d’enrôlement des enfants qui vont affilier leurs parents au delà de 45 ans afin qu’ils bénéficient de l’Amo.

Le régime tient compte du revenu trimestriel des assurés. Ceux, dont le revenu trimestriel est inferieur à 150.000 Fcfa, payent 4.750 Fcfa par mois pendant 15 années pour bénéficier d’une pension de 62.400 Fcfa. Mais ceux dont les revenus varient entre 150.000 et 450.000 Fcfa, déboursent 15.000 Fcfa par mois pour la même période afin de bénéficier d’une pension de 120.0000 Fcfa. Et la dernière tranche est réservée à ceux qui ont un revenu entre 450.000 et 750.000 Fcfa. Ils payent 65.000 Fcfa mensuellement pour obtenir une pension de 202.500 Fcfa. Deux mois après le lancement de l’Avoc, plus de 200 personnes ont été enrôlées selon le point focal au ministère en charge de la Culture.

Amadou SOW

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