#Mali : Littérature : L’émergence de jeunes écrivains

De plus en plus d’étudiants maliens se lancent dans l’écriture. Ce phénomène, récent mais croissant, apporte un souffle nouveau à la littérature du pays.

Publié lundi 05 août 2024 à 20:05
#Mali : Littérature : L’émergence de jeunes écrivains

Des participants au Salon du livre de Ségou (archives)

 

Ces jeunes écrivains explorent des sujets variés et apportent de nouvelles voix au monde littéraire malien. Malgré les obstacles d’édition et les difficultés d’écriture, ils se débrouillent pour faire paraître leurs manuscrits, comme l’explique Kémoko Diabaté, étudiant à l’École supérieure de journalisme et des sciences de la communication (ESJSC). «J’écris par passion, pour transmettre des messages. J’ai écrit un roman de type essai littéraire sur des faits sociaux. On est confronté au problème du coût exorbitant de l’édition. J’ai eu la chance de bénéficier du soutien de l’Institut français. Certains écrivains peuvent chercher à s’enrichir, mais ils ne sont pas nombreux, car parfois des livres sont vendus à 5.000 Fcfa et l’auteur n’en reçoit que 500 Fcfa», détaille le journaliste en herbe. 



Attikou Younoussa Houdou Diallo ajoute : «Mon premier livre a été publié juste après l’obtention de mon bac, et les deux autres l’ont été alors que j’étais à l’Institut polytechnique rural et de recherche appliquée (IPR/Ifra) de Katibougou. Ce n’est pas au Mali qu’on peut devenir riche en étant écrivain. Je m’essaie au roman, au recueil de poèmes. En tant que jeune, je suis confronté aux problèmes d’édition, ce n’est pas facile, notamment en ce qui concerne la correction et le coût.»



Malgré leurs efforts, certains étudiants écrivains sont parfois incompris. Adama Boubacar Soumaré, étudiant en lettres à l’Université des lettres et des sciences humaines de Bamako et auteur d’«Aube d’un jour nouveau, tome 1», a été taxé «d’incompris». «J’écris de la poésie. J’utilise toujours des mots soutenus. Ce qui rend la compréhension difficile. Déjà que la poésie est de nature hermétique, si l’on y ajoute des termes lourds, imaginez la suite», concède-t-il. Cette émergence des jeunes est diversement appréciée. Almadane Cissé, lecteur, trouve que c’est bien que les jeunes écrivent. «Mais que des jeunes étudiants écrivent, pour la majorité, des recueils de poèmes et fassent, en plus, des publications par an, ça me paraît problématique pour la littérature.



Car les contenus manquent de rigueur et de consistance, surtout que les maisons d’édition sont moins exigeantes. Je me demande bien s’ils ne sont pas tous, étudiants écrivains et éditeurs, victimes de l’appât de gains faciles et, par conséquent, contents de se faire appeler “écrivains”», soutient-il.

Ainsi, les ateliers d’écriture se multiplient. Les doyens sont prêts à partager leurs expériences avec les jeunes. Sory Ibrahim Mallé, directeur de Prostyle Éditions, précise que les critères sont, entre autres, une bonne présentation du manuscrit avec moins de fautes d’orthographe, de grammaire et une bonne formulation des phrases. Chaque année, précise-t-il, sa maison d’édition publie gratuitement 10 écrivains étudiants maliens dans le but de les soutenir pour qu’ils puissent avoir leur place. «Le coût d’édition normale est de 250.000 Fcfa», nous apprend Sory Ibrahim.



Selon Modibo Ibrahima Kanfo, écrivain et président du Mouvement de jeunes écrivains dénommé les Jeunes esprits de la littérature malienne (Jelma), créé en 2016, les sources de motivation des jeunes étudiants sont nombreuses. Il cite l’émergence des maisons d’édition, la multiplication des clubs de lecteurs et la création d’associations d’écrivains. «Les actes posés par notre regroupement ont permis d’attribuer l’étiquette d’écrivain à plus de cent jeunes élèves et étudiants maliens. Cependant, les jeunes de la génération actuelle sont un peu pressés de devenir auteurs, ce qui a impacté la qualité de plusieurs publications récentes», regrette-t-il.



Mahamadou Boiré, enseignant et écrivain, affirme que cette émergence se heurte à plusieurs défis, notamment la non-rigueur de certaines maisons d’édition, le traitement des textes, la qualité de la présentation et des feuilles du livre, la difficulté de vente. S’y ajoute le manque de volonté politique pour accompagner techniquement et financièrement les jeunes dans leurs projets d’écriture.



Aminata DJIBO

Rédaction Lessor

Lire aussi : Des terres agricoles pour les femmes : Le défi de l’application de la LOA

Adoptée en 2006 pour donner un nouveau souffle au développement agricole du Mali, cette loi a consacré plusieurs principes majeurs, notamment l’accès équitable aux ressources foncières et la prise en compte des femmes, des jeunes et des groupes vulnérables dans l’accès aux terres agricol.

Lire aussi : Femmes rurales : Le cri des mains qui nourrissent le Mali

Elles sont des millions à cultiver, transformer et commercialiser les produits qui arrivent chaque jour sur les marchés. Pourtant, celles qui portent une grande partie de la production alimentaire restent confrontées à un défi majeur : l’accès à des terres sécurisées.

Lire aussi : Tombouctou : Le prix de la miche de pain en hausse

Depuis un certain temps, les consommateurs de pain moderne (bourou) se plaignent. En cause, le prix du pain de 125 grammes qui est passé de 100 à 150 francs pour la même dimension et le même poids..

Lire aussi : Nouveau code minier : 7 choses à savoir

Le nouveau Code minier change les règles du jeu dans un secteur stratégique pour l’économie nationale. Participation de l’État, place des investisseurs maliens, contenu local, minerais stratégiques, environnement et retombées pour les collectivités : voici sept éléments essentiels à co.

Lire aussi : Menankoto-Sud : La société B2Gold prolonge l’âge d’or de Fekola

Dans un pays où l’or demeure l’un des principaux piliers de l’économie, chaque nouveau projet minier est scruté à l’aune de sa capacité à transformer la richesse du sous-sol en bénéfices durables pour la collectivité.

Lire aussi : Produits saisonniers agricoles : L’arachide flambe malgré l’abondance

Au marché « Bougouni Place », l’arachide domine largement les étals et les transactions. Malgré un approvisionnement plus important cette semaine, les prix ont fortement augmenté. Le sac de 100 kg se négocie entre 27.000 et 28.000 Fcfa, tandis que celui de 50 kg coûte entre 13.500 et 14.00.

Les articles de l'auteur

Opération Mali Gnèdakura : Le CDM évalue l’avancement des travaux

Le Collectif pour la défense des militaires (CDM), a lancé le 11 juillet dernier, les travaux de l’Opération Mali Gnèdakura An ka Faso Baara. Cette initiative citoyenne s’inscrit dans le cadre de la Révolution progressiste populaire malienne (RPPM)..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 13 août 2026 à 07:46

Œuvres sociales du Président de la Transition : Djélibougou reçoit trois forages

Ces infrastructures contribueront à améliorer les conditions sanitaires des populations.

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 13 août 2026 à 07:43

Macina : Les générations s’unissent pour la paix et la sécurité

La jeunesse de Macina a célébré, hier, la Journée internationale de la jeunesse à travers une conférence intergénérationnelle consacrée à la paix, à la sécurité et à la lutte contre la désinformation..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 13 août 2026 à 07:23

Conférence internationale sur la sécurité en Afrique au Rwanda : Le ministre Diop partage l’expérience du Mali

A l’invitation des autorités rwandaises, Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, a participé, mercredi 12 août 2026, à Kigali, à la 2ème session de la Conférence internationale sur la sécurité en Afrique (ISCA)..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 13 août 2026 à 07:21

Le Communiqué du conseil des ministres du mercredi 12 août 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 12 août 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 13 août 2026 à 07:13

Balla Moussa Keïta : Une carrière consacrée au théâtre, au cinéma et aux médias

Parmi les grands acteurs qui ont fait briller le nom du Mali à travers le théâtre et le cinéma, figure le célèbre Balla Moussa Keïta, alias Dingana. Comédien hors pair, acteur talentueux du cinéma, chevronné des médias, grand maître de la parole et véritable surdoué de la culture, il a marqué de son empreinte l’histoire artistique du Mali..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 12 août 2026 à 11:41

Youth Connekt Sahel 2026 : Le président Abdourahamane Tiani reçoit une délégation ministérielle en charge de la jeunesse

Les travaux de cette édition se dérouleront du 10 au 12 août 2026, au tour du thème central : « Jeunesse sahélienne au cœur de la Sécurité et de l’Innovation et pour un Sahel souverain, résilient et prospère ».

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 12 août 2026 à 10:37

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner