Rokia
Traoré au festival de Cannes (archives)
Interpellée vendredi
dernier à sa descente d’avion dans la capitale italienne, où elle devait se
produire, elle y est toujours détenue. Cette arrestation fait suite au mandat
d’arrêt européen délivré en 2019 par la justice belge dans une affaire de
non-représentation d’enfant, a annoncé dimanche 23 juin le parquet de Bruxelles,
indique le site internet de la Radio télévision belge (RTBF).
L’artiste malienne a
été arrêtée en 2019 et 2020 en vertu de ce mandat, car le tribunal belge lui
avait ordonné de rendre sa fille, aujourd’hui âgée de neuf ans, au père de
l’enfant, Jan Goossens de nationalité belge. La chanteuse et guitariste avait
ensuite été condamnée par défaut en 2023 à deux ans de prison dans cette
affaire. En 2019, le tribunal
de grande instance de la Commune VI de Bamako avait dans le cadre d’une
audience publique confié la garde de l’enfant à Rokia.
Si pour le moment,
l’artiste elle-même n’a pas eu l’opportunité de se prononcer depuis son
arrestation vendredi dernier, on se rappelle qu’elle avait dit un jour dans
cette même affaire: «je suis une mère qui protège ses enfants. La justice belge
me terrorise de plus en plus. Pendant des mois, je suis demeurée dans
l’incompréhension : la Belgique pouvait tout se permettre à mon égard et à
l’égard du Mali.» Le ministère de l’Artisanat, de la Culture et de l’Industrie hôtelière
affirme que le gouvernement suit avec une grande attention cette affaire. On se
souvient aussi qu’en 2020, un Collectif de soutient à Rokia Traoré ou «Free
Rokia » avait sonné la mobilisation lors d’une conférence de presse. Il se
réservait même le droit d’organiser des sit-in et des marches sur les
ambassades de France et de Belgique si elle n’est pas libérée.
Les artistes du Mali, d’Afrique et du monde entier sont en train d’envoyer leurs témoignages, soutiens et compassions à Rokia. Les membres de Mali_online de Hamidou Sampy ont déjà commencé à activer des soutiens à l’artiste à travers une avocate malienne chevronnée et qui s’y connaît bien dans ce genre de dossier. Un communiqué sera également diffusé par le groupe. En Belgique, la société civile s’est également mobilisée en écrivant une carte blanche demandant la libération pure et simple de l’artiste.
Youssouf DOUMBIA
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