Animaux domestiques : Halte aux mauvais traitements

Ces animaux ont des droits reconnus par des législations nationales et internationales. Selon l’article 316 du code pénal, les contrevenants s’exposent au paiement d’une amende allant de 17.500 à 500.000 Fcfa et à un emprisonnement de trois mois à une année

Publié jeudi 19 décembre 2024 à 07:54
Animaux domestiques : Halte aux mauvais traitements


  Les animaux domestiques représentent un avantage considérable dans la vie de l’homme

 

  

Amadou Diakité est un ramasseur d’ordures à Kati Malibougou. âgé de 29 ans, il fait du porte-à-porte pour ramasser les ordures ménagères avec sa charrette tirée par un âne. Rencontré aux environs de 15 heures devant une famille en train de vider des poubelles, Diakité avoue que son âne est, depuis 6 heures, à pied d’œuvre sans boire ni manger. Selon lui, il peut faire toute une journée sans manger ni boire.

À vue d’œil, on remarque des blessures sur la peau de l’animal. Il est affaibli et visiblement malade à cause des coups et les lourdes charges qu’il supporte tous les jours. Mais cet état ne semble nullement inquiéter notre interlocuteur. «L’âne est un animal qui peut endurer beaucoup de souffrances. Et pour qu’il travaille correctement, il faut lui administrer des coups. C’est l’habitude des ânes», explique le charretier. Pourtant, c’est cet animal qui lui fait gagner son pain avec un revenu journalier de plus de 5.000 Fcfa.

Les animaux domestiques représentent un avantage considérable dans la vie de l’homme. Leur utilité n’est plus à démontrer dans beaucoup de domaines. Ils sont utilisés pour le ramassage des ordures dans la capitale, le transport des personnes et des biens. Ils contribuent ainsi à la croissance économique, la sécurité alimentaire et nutritionnelle et à la réduction de la pauvreté. Malgré leur utilité, ces animaux subissent des maltraitances de la part de leurs propriétaires : surcharge, sévices cruels, coups et blessures volontaires, abattage… Ils sont aussi utilisés dans les pratiques rituelles.

Selon le Dr Amadou Doumbia, vétérinaire et directeur pays de la Société pour la protection des animaux (Spana), presque tous les animaux domestiques subissent plus ou moins des maltraitances. Mais, renchérit-il, la maltraitance est accentuée chez certaines espèces notamment les animaux de travail tels que les ânes, les chevaux, les dromadaires. Alors qu’ils sont les plus productifs dans la vie de l’homme. D’après notre interlocuteur, les gens fournissent plus d’efforts pour l’entretien des animaux qui produisent soient de la viande, du lait et des œufs en vue d’obtenir une meilleurs production.

Aucune raison, selon l’expert vétérinaire, ne peut justifier une maltraitance. «C’est une négligence de la part des humains qui mettent en avant leurs propres besoins», tance Dr Amadou Doumbia, soulignant l’aspect culturel du mauvais traitement infligé à ces bêtes. En effet, dit-il, les gens traitent les animaux comme des objets sans prendre conscience qu’ils sont aussi des êtres vivants dotés de sensibilités comme les humains. «Les animaux  sentent aussi la faim, la douleur, la fatigue, la maladie et toutes les bonnes choses. Donc, nous devons les considérer comme étant une partie de nous», indique-t-il.

Aussi, déplore le spécialiste, au sens éducationnel, on a toujours tendance à faire comprendre aux enfants que les animaux sont mauvais et souvent ils grandissent avec cette idéologie et chaque fois qu’ils voient un animal, ils pensent qu’il faut l’agresser. Et à l’école, on se limite à étudier l’animal en termes de morphologie mais sa sensibilité et son bien-être ne sont pas pris en compte, alors que ces aspects doivent être considérés dans l’enseignement.

 

Droits de l’animal- Pour lui, le manque de moyens et la pauvreté ne sont pas des raisons pour maltraiter un animal, c’est tout simplement de la cruauté. «On ne peut pas dire qu’un animal est égale à un homme, mais on doit le traiter comme un humain en tenant compte de sa spécificité», sensibilise-t-il. Prenant exemple sur l’âne, un animal de travail, Dr Amadou Doumbia dit que cette espèce a toujours été maltraitée au vu et au su de tout le monde, alors qu’il contribue à l’amélioration des revenus économiques des populations, aide les familles à se nourrir et assure l’assainissement. «Si on se met à les faire travailler sans arrêt ni repos, sans nourriture, sans abris, sans affection ils finiront par tomber malade et mourir», avertit notre interlocuteur, pour qui la chose la plus élémentaire est de préserver l’animal de la souffrance.

Dr Amadou Doumbia affirme que les animaux doivent bénéficier de l’affection des humains pour se sentir bien. À titre d’exemple, quant on agresse le chien ou le chat, on sent sur leurs visages qu’ils sont stressés. «Lorsqu’on garde un animal, on doit tenir compte de tout ce dont il a besoin et par conséquent, nous permettre d’obtenir les meilleurs des animaux et d’avoir de bon rendement d’eux», conseille le spécialiste. Et de rappeler que les animaux ont aussi des droits, consignés dans la «Déclaration universelle des droits de l’animal».

L’essentiel de ces droits est qu’ils doivent être en dehors de la maltraitance, de la cruauté et des abus. Ces droits se ramènent aux cinq libertés que l’homme doit offrir à l’animal pour assurer son bien-être, à savoir «l’absence de faim, de soif et de malnutrition, de peur et de détresse», «l’absence de stress physique et/ou thermique», «l’absence de douleur, de lésions et de maladie» et la «liberté d’expression d’un comportement normal de son espèce grâce à un environnement  adapté».

Pour lutter contre le mauvais traitement des animaux, notre pays a enregistré des avancées notables en adoptant depuis 1967 l’arrêté n° 208 du 08 mars 1967 sur la protection des animaux domestiques. Aussi, en 2012, le projet de loi n°12-11/AN-RM relatif au bien-être animal a été adopté. Elle attribue à l’animal des droits reconnus et le qualifie comme un être sensible qui doit être placé dans des conditions de vie qui répondent à ses besoins. Selon Dr Doumbia, les contrevenants à cette loi s’exposent à des peines d’emprisonnement et d’amendes selon la gravité de l’infraction et à des peines prévues à l’article 316 du code pénal. Les amendes varient de 17.500 à 500.000 Fcfa. Et l’emprisonnement, de trois mois à une année.

Anne Marie KEITA

Lire aussi : Hippisme : Sékou Djigué, nouveau président de la FMHSE

Le second tour de l'Assemblée générale élective de la Fédération malienne d’hippisme et des sports équestres (FMHSE) s'est tenu samedi dernier au siège de l'instance au Champ hippique de Bamako.

Lire aussi : Handball : L'usfas fait coup double au tournoi inaugural de la ligue du district de Bamako

Les finales du tournoi inaugural de la Ligue de handball du District de Bamako se sont disputées samedi dernier dans la salle Abdallah Mahamane Haïdara du stade du 26 Mars. Les deux affiches (Dames et Messieurs) qui ont mis aux prises l'Usfas et le Centre omnisports de Missabougou (COM), ont tourn.

Lire aussi : Coupe de la Confédération : Le coup de maître de l’AS Réal de Bamako

En déplacement sur le terrain des Tunisiens de l'ES Zarzis, les Scorpions se sont imposés sur le score sans appel de 3-1, samedi dernier au compte des matches aller du dernier tour des préliminaires de la Coupe de la Confédération. Auteur d'un doublé, André Kamaté a été le grand bonhomme d.

Lire aussi : Lycée Technique de Bamako : Les anciens élèves mobilisés pour la rénovation de leur établissement

Les anciens élèves du Lycée technique de Bamako jouent un rôle majeur dans l’amélioration des conditions d’apprentissage et le renouveau de leur ancien établissement. Réunis le week-end dernier à l’occasion de leur Assemblée générale annuelle, ils entendent renforcer la solidarité .

Lire aussi : Autorité du Bassin de la Volta : Le Mali prend la présidence du conseil des ministres

Après quatre jours de travaux préparatoires du Comité technique des experts, la rencontre s’est tenue sous la présidence d’Ahmed Ibrahim, ministre ghanéen des Travaux publics, du Logement et des Ressources en eau, président en exercice du Conseil des ministres de l’ABV..

Lire aussi : Cour suprême : La haute juridiction réajuste son effectif

Par cette démarche, le président intérimaire a été titularisé à son poste tandis que plusieurs autres magistrats ont été désignés à des postes de responsabilités.

Les articles de l'auteur

Environnement : Restitution et validation du rapport d’évaluation du système environnemental et social

Un atelier national de restitution et de validation du rapport d’évaluation du Système environnemental et social du Mali, assorti de son plan d’actions, s’est tenu hier dans un hôtel de la place..

Par Anne Marie KEITA


Publié jeudi 15 octobre 2026 à 08:43

Autonomisation de la femme : Le pari de l’indépendance financière

De plus en plus, les femmes semblent avoir une philosophie toute faite : avoir une autonomie pour ne pas tendre la sébile. Et le plus souvent, c’est pour accompagner leurs conjoints dans la prise en charge des dépenses de la famille.

Par Anne Marie KEITA


Publié mardi 13 octobre 2026 à 09:04

Hausse du prix de la viande : Le Gouvernement à la recherche d’une solution durable

Le prix de la viande connaît, depuis le début de l’année 2026, une hausse continue sur l’ensemble du territoire national, avec une accentuation à Bamako. Une situation qui pèse de plus en plus sur le pouvoir d’achat des ménages..

Par Anne Marie KEITA


Publié mardi 06 octobre 2026 à 13:43

Fleuve Niger : Ce poumon économique qui suffoque sous la pression humaine

Source de vie, voie de transport, réserve alimentaire et moteur de l’économie nationale, le fleuve Niger est aujourd’hui au bord de l’asphyxie. Pollution, dragues d’orpaillage, extraction anarchique de sable, occupation illégale des berges : les agressions se multiplient et fragilisent un écosystème dont dépend l’avenir de millions de Maliens. Sauver le fleuve n’est plus seulement une urgence environnementale, c’est un impératif économique et social.

Par Anne Marie KEITA


Publié vendredi 18 septembre 2026 à 11:06

Gestion d’entreprise : Le PAPSE renforce les capacités de plus de 20 partenaires

Le projet vise à renforcer la participation socio-économique des personnes déplacées internes, des réfugiés et des communautés hôtes vulnérables, notamment à travers la formation professionnelle et l’appui à l’entrepreneuriat.

Par Anne Marie KEITA


Publié jeudi 10 septembre 2026 à 09:13

Femmes rurales : Le cri des mains qui nourrissent le Mali

Elles sont des millions à cultiver, transformer et commercialiser les produits qui arrivent chaque jour sur les marchés. Pourtant, celles qui portent une grande partie de la production alimentaire restent confrontées à un défi majeur : l’accès à des terres sécurisées.

Par Anne Marie KEITA


Publié jeudi 13 août 2026 à 07:28

Sécurité alimentaire : Le geste précieux de la fédération de Russie

Ce partenaire stratégique du Mali vole au secours de plus de 57.000 personnes à travers un don de 770 tonnes de pois cassés.

Par Anne Marie KEITA


Publié vendredi 31 juillet 2026 à 10:19

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner