La ministre Mariam Tangara dans Mali Kura Taasira 3 : «Le fleuve Niger a besoin d’être préservé pour les générations futures»

C’est sur les berges du fleuve Niger à Bamako que la ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable a répondu aux questions des journalistes de l’émission Mali Kura Taasira 3 diffusée hier soir sur l’ORTM. Mme Doumbia Mariam Tangara a largement évoqué les efforts de son département

Publié mardi 08 juillet 2025 à 08:02
La ministre Mariam Tangara dans Mali Kura Taasira 3 : «Le fleuve Niger a besoin d’être préservé  pour les générations futures»

pour protéger justement ce cours d’eau d’une grande importance pour notre pays. Elle a également mis l’accent sur les actions entreprises pour assainir nos villes, préserver nos forêts, restaurer des terres dégradées à travers tout le pays...



Le choix des berges du Niger pour l’enregistrement de cette émission n’est pas fortuit. Ce fleuve, qui a une valeur nourricière, souffre en effet de beaucoup d’agressions, notamment la pollution, auxquelles il faudra mettre fin. Pour faire face à cette triste réalité, le département de tutelle a créé l’Agence du bassin du fleuve Niger (ABFN). Elle est chargée, selon la ministre, de la sauvegarde et de la préservation de ce fleuve. Elle s’occupe aussi de la réhabilitation des écosystèmes et empêche les dépôts anarchiques dans ce fleuve. En plus, l’ABFN effectue des missions de contrôle tout au long du fleuve Niger, fait des prélèvements pour voir la qualité de l’eau et s’assure en ce qui concerne le degré de pollution.  Elle fait également des séances de sensibilisation à l’endroit des usagers du fleuve.

La ministre chargée de l’Environnement a expliqué que ce fleuve permet aux populations d’exercer des activités agricoles, de maraîchages et de pisciculture. De ce fait, il a besoin d’être préservé pour les générations futures. Mme Doumbia Mariam Tangara a également affirmé que son département a pris des mesures qui sont, entre autres, la sensibilisation des usagers et l’adoption des ordonnances sur la pollution et des nuisances. Ces ordonnances permettent, dira-t-elle, de faire des répressions contre les pratiques illicites. À ces mesures, s’ajoutent des missions effectuées permanemment par son département pour empêcher le dragage. Des missions qui ont permis des saisies de matériels et de sanctionner les auteurs. La cheffe du département a aussi indiqué que des projets de réhabilitation sont en cours et vont permettre d’enlever les sédiments dans ce fleuve.

 

Inondations et mesures prÉventives- Concernant la lutte contre les inondations, Mme Doumbia Mariam Tangara a assuré que son département a tiré les leçons de l’année dernière et que sur instruction de la hiérarchie, le ministère a anticipé en initiant des actions telles que les travaux de curage des caniveaux et des collecteurs pour prévenir et minimiser les conséquences des inondations. Pour cela, des ressources ont été mobilisées et les travaux ont déjà commencé début mai et vont prendre fin en juillet. Ces travaux de curage s’étendent sur toutes les régions affectées par les inondations de l’année dernière.

La ministre a annoncé que cette année, il est prévu le curage de plus de 100.000 mètres linéaires de collecteurs et plus de 200.000 mètres linéaires de caniveaux dans le Dist
rict de Bamako. Ces travaux, souligne-t-elle, sont financés par le budget national et le Projet de résilience urbaine de Bamako (Pruba). Elle a souligné qu’à la suite des inondations de l’année dernière, un comité de gestion des catastrophes a été mis en place et que le département de l’Environnement joue un rôle important dans ce comité en s’occupant du volet assainissement. «Dans le temps, Bamako s’appelait la ville coquette et aujourd’hui, Bamako a perdu cette appellation».


 C’est à travers ces mots que Mme Doumbia Mariam Tangara a déploré le degré d’insalubrité de notre capitale. Selon elle, le problème d’insalubrité est une question collective et individuelle qui concerne tous. Son département, rappelle-t-elle, dispose de services compétents en la matière pour y faire face. À ces services, s’ajoutent les collectivités territoriales, les Groupements d’intérêts économiques, (GIE)…

«Beaucoup d’initiatives sont en cours pour que Bamako puisse retrouver son visage d’avant. Pour cela, il faut que les populations s’inscrivent dans cette démarche et adoptent des comportements éco-citoyens», exhorte-t-elle.

Parmi ces initiatives, on note le concours inter-quartiers dont le but est d’impliquer les populations dans l’assainissement et de prévenir les inondations da
ns la ville de Bamako. Lancé le 5 avril dernier, ce concours concerne les six communes de Bamako et la ville de Kati. Le concours en question a pris fin en marge de la Quinzaine de l’environnement qui s’est déroulée du 5 au 17 juin. 

En perspectives, il est pr
évu aussi d’organiser des concours de reboisement pour inciter les gens à planter des arbres. Parlant de la problématique des ordures, la première responsable du département de l’Environnement a souligné l’insuffisance des dépôts de transit. Ce problème, dit-elle, sera résolu par la construction de 25 dépôts de transit dans la ville de Bamako par le Pruba, un projet financé par la Banque mondiale. Aussi, le ministère envisage d’aller vers la valorisation et la transformation de ces déchets en électricité, gaz et engrais organique.

 

Restaurer les terres- Abordant la question de la dégradation des terres, la ministre a souligné que son département mène beaucoup d’actions en matière de restauration des terres et de lutte contre la désertification à travers la mise en œuvre de politiques nationales de protection de l’environnement et la politique nationale forestière. Toutes ces politiques sont assorties de stratégie et de plan d’actions. C’est dans ce cadre que la campagne nationale de reboisement a été initiée et diligentée par la direction nationale des Eaux et Forêts. À ces politiques, s’ajoutent des activités de réhabilitation des forêts et la création des plans d’aménagement et de restauration des terres et des écosystèmes.

Beaucoup d’autres initiatives sont en cours tel que le projet de restauration des terres dégradées (PRTD). Un projet de renforcement de la résilience des communautés, d’amélioration des bonnes pratiques et de gestion durable des terres. Ce projet, de son lancement à nos jours, a fait des réalisations sur le terrain notamment au niveau de la Région de Mopti où il y a eu des investissements énormes. Le projet a aussi signé 118 conventions de sous projets pour permettre aux communautés d’exercer des activités génératrices de revenus. Toutes ces actions, affirme la ministre, entrent dans le cadre de la résilience des communautés face aux effets néfastes du changement climatique.

Mme Doumbia Mariam Tangara s’est aussi exprimée sur l’initiative «Grande muraille verte» créée par les Chefs d’État de la bande Sahélo-sahélienne. Une initiative qui permet de lutter contre la désertification et l’insécurité alimentaire. À cet effet, l’Agence nationale de la grande muraille verte est chargée de faire le plaidoyer auprès des partenaires techniques et financiers et de mobiliser les ressources financières pour mettre en œuvre les projets de résilience et de lutte contre la désertification. D’autres sujets abordés par la ministre chargée de l’Environnement portent sur les fonds dont bénéficie notre pays. Il s’agit des fonds internationaux qui permettent aux pays touchés par les effets du changement climatique de renforcer leur résilience et d’avoir une certaine autonomie.


Parmi ces fonds, il y a le fonds vert climat, le fonds d’adaptation et le fonds pour
l’environnement mondial. Le problème est que leur mobilisation prennent du temps, car il y a des critères d’accès, a expliqué Mme Doumbia Mariam Tangara, indiquant que la structure mandatée pour la mobilisation de ces fonds est l’Agence de l’environnement et du développement durable (AEDD). Et s’agissant de la protection des espaces verts, la ministre expliquera que ces espaces sont comme des poumons des quartiers. Mais, a-t-elle dénoncé, ils font l’objet de beaucoup d’agressions et d’occupations illégales. Aujourd’hui, le département de tutelle procède au recensement, à l’immatriculation et à la   sécurisation de ces espaces pour permettre à la population d’avoir un meilleur cadre de vie.

La cheffe du département en charge de l’Assainissement s’est aussi exprimée sur les réformes initiées par les autorités, suite à beaucoup d’incidents et d’agressions sur les ressources forestières et des sites miniers. Il s’agit de l’adoption de l’ordonnance sur la pollution et des nuisances et de l’ordonnance sur les principes de gestion des domaines forestiers. Ces ordonnances permettent de constater le degré d’infraction et de renforcer les pouvoirs du département et des services.

Parlant de la militarisation des agents des Eaux et Forêts, la ministre a affirmé que c’est un processus qui est en cours et qui va permettre aux agents de ce service dévoués dans la protection des forêts de se protéger contre les attaques terroristes qu’ils subissent ces derniers temps.

Pour un meilleur cadre de vie, il faut l’implication de tous, mais aussi une bonne collaboration de tous les départements et structures impliqués dans le domaine de l’environnement et de l’assainissement. Pour cela, Mme Doumbia Mariam Tangara a invité tout un chacun à donner le meilleur de soi.

Anne Marie KEITA

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