Il n’est pas donné à tout le monde de réussir une reconversion. Sur la base
de constats empiriques, nous nous sommes intéressés aux cas de quelques cireurs
qui, après quelques années d’exercice, ont prospéré dans d’autres activités. Y
a-t-il une magie dans ce métier ?
Nous sommes tenter de répondre tout de suite par la négative. Mais un
constat capte tout de suite l’attention : très souvent, les jeunes cireurs
qui appartiennent pour la plupart à l’ethnie soninké, sont très entreprenants.
Et en la matière, ce métier se révèle être une bonne «école» de formation pour
eux en termes d’esprit d’entreprise, mais aussi de thésaurisation (d’épargne).
Certains d’entre eux, grâce à l’économie qu’ils arrivent à faire au fil des
ans, basculent dans l’entreprenariat. D’autres optent pour l’immigration vers
d’autres cieux considérés comme étant l’eldorado.
Ce métier aurait inspiré de nombreux opérateurs économiques. Depuis
l’enfance, ils ont intégré cette activité et sont, aujourd’hui, promoteurs
d’entreprises. Cheick Sangaré, ancien cireur de chaussures, a ouvert une
quincaillerie au Grand marché de Bamako. Pour lui, le point de départ de son
entreprise est le cirage qui lui a permis d’économiser et de financer son
voyage vers l’étranger où il a pu faire fortune. De retour au bercail, il
investit dans une boutique de vente de matériels de construction de bâtiments.
Il se souvient encore de ses 200 à 300 Fcfa de recettes journalières d’alors. À
cette époque, on cirait la paire de chaussure à 25 Fcfa.
Cheick Sangaré explique que dans leur famille, tous les enfants devaient
faire une contribution journalière de 25 à 50 Fcfa pour la popote. Ils
s’acquittaient tous de cette obligation grâce à ce petit métier de cirage et
arrivaient en même temps à économiser. «Cette économie m’a permis d’émigrer
vers le Congo-Brazzaville pour faire le portefaix», explique clairement celui
qui est aujourd’hui promoteur d’une quincaillerie. Pour lui, c’est le métier de
cireur qui a été essentiel puisqu’il lui a permis d’entreprendre, mais surtout
d’affronter les épreuves de la vie.
Gagny Doucouré, joint au téléphone, raconte ses souvenirs d’enfance en tant
que cireur. À l’époque où une paire de chaussures était cirée à 25 Fcfa, sa
recette journalière oscillait entre 250 et 500 Fcfa. «J’avais une petite boite
d’économie dans laquelle j’épargnais 200 Fcfa par jour», indique-t-il.
Aujourd’hui, Gagny Doucouré est opérateur au Port d’Abidjan où il vend café et cacao.
Ce polygame dit avoir de la compassion pour les jeunes qui font ce métier. Mais
il trouve qu’actuellement ceux-ci peuvent se frotter les mains puisque les
chaussures sont cirées à 100 Fcfa la paire et dans ces conditions, c’est un
travail qui doit pouvoir nourrir son homme.
Des exemples de cireurs reconvertis sont légion. Mais d’autres aussi continuent d’évoluer dans le métier avec ou sans espoir de se reconvertir un jour. C’est le cas de Yacouba Traoré qui fait ce petit métier depuis 20 ans. Marié et père de deux enfants, il avoue y trouver son compte parce qu’il arrive à subvenir aux besoins de sa famille avec une recette journalière de 3.000 Fcfa et surtout à vivre dignement de ce métier que certains complexés jugent dévalorisants.
Doukouné Camara souhaite marcher sur les traces de ceux qui ont réussi à se
reconvertir entrepreneurs.
Mais pour l’heure, il ne nourrit aucun complexe à
faire ce métier pour gagner sa vie. «J’en suis fier. Cette activité me permet
d’être autonome», se réjouit-il. Pourtant, depuis cinq ans ce ressortissant de
Nara pratique le cirage de chaussures à Bamako. L’adolescent explique être un
soutien de famille et arrive surtout à épauler ses parents au village avec ses
gains. Il précise avoir une recette journalière comprise entre 2.000 à 2.500
Fcfa. Ce qui le réconforte davantage, ce sont les bénédictions de sa mère qui
apprécie en lui le sens de la famille et de la responsabilité.
Aminata KANTÉ
Rédaction Lessor
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