Presse classique : L’originalité toujours au rendez-vous

Les prophètes de malheur avaient confessé une fin prématurée de la presse papier face à la montée des sites web, des réseaux sociaux et de l’Intelligence artificielle (IA). Pourtant, il n’en est rien puisque la presse papier est toujours là.

Publié lundi 05 mai 2025 à 07:03
Presse classique : L’originalité toujours au rendez-vous

Elle change, s’adapte et continue d’exister. À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, nous avons fait réagir des journalistes maliens sur cette évolution. Pour Seydou Fané, fondateur du site Bamako Matin, le numérique a un impact considérable sur la presse classique. Selon lui, le changement est surtout lié à la facilité d’accès. «Tout le monde a un téléphone, donc beaucoup préfèrent lire sur écran que d’acheter un journal», affirme-t-il. Mais ce n’est pas seulement une question de confort. Le numérique coûte aussi beaucoup moins cher. «La presse papier demande beaucoup de moyens : imprimer, distribuer, ça prend du temps et de l’argent. Alors qu’en ligne, on peut publier tout de suite», explique-t-il.

Madou Diarra, directeur de Mali web, partage ce point de vue. «En 2002, quand on a lancé Maliweb, les gens n’avaient pas autant accès à l’information. Aujourd’hui, grâce au numérique, tout le monde peut lire les mêmes nouvelles en même temps», dit-il, ajoutant que les méthodes de travail ont aussi changé.

«Avant, on allait chercher les articles dans les rédactions. Maintenant, ce sont elles qui nous les envoient. C’est moi qui fais le tri», précise-t-il. Issiaka Tamboura, directeur des éditions Le
Soft, tempère. Pour lui, même si le numérique est en avance, la presse papier n’est pas morte. Elle garde son originalité, même si elle est moins suivie qu’avant. Et sur la question de rentabilité, il confirme : «Oui, le numérique rapporte plus. Mais il faut avoir une bonne stratégie, bien connaître son public et proposer du contenu de qualité.»

Mais au-delà de l’argent et des supports, c’est la manière de faire du journalisme qui change. Avec le numérique, tout va plus vite. Et depuis quelques temps, une nouvelle technologie est arrivée dans les rédactions : l’Intelligence artificielle (IA). Pour Mamadou Fofana, président de l’Appel Mali, l’IA peut être utile.

«Elle aide à produire du contenu rapidement, à traduire, à résumer, à vérifier les informations»,
concède-t-il. Cependant, elle peut aussi devenir dangereuse. «On peut créer de fausses informations, des vidéos truquées. Ça peut nuire à la crédibilité des journalistes, ils doivent être encouragés à utiliser les logiciels d’IA pour détecter les contenus manipulés (deepfakes, images truqués textes mensonges)», conseille le président de l’Appel Mali.

Seydou Fané est du même avis. Pour lui, «l’IA ne pourra jamais remplacer l’enquête, l’analyse, le sens critique du journaliste». Et Issiaka Tamboura ajoute : «Il faut l’utiliser avec modération. Sinon, on perd l’originalité du journalisme.» Mais les outils numériques et l’IA ne sont pas les seuls défis. La liberté d’expression reste un sujet très sensible. «Aujourd’hui, il est difficile de parler librement», déclare Issiaka Tamboura. Teno Boubacar Ouattara, rédacteur en chef du  site Malijet, pense que la liberté de presse n’a pas disparu, mais qu’elle change. «Par exemple, chez nous, tout article susceptible de troubler l'ordre public ne doit pas être publié, de même que les articles à caractère ethnique, xénophobe, raciste, ou ceux relevant des fausses informations (fake news)», explique-t-il


Alors que peut-on faire ? Tous s’accordent sur un point : il faut former les citoyens à mieux comprendre les médias. «Il faut apprendre à vérifier les sources, à reconnaître les fausses informations», soutient Modibo Fofana. Il appelle aussi à encourager les médias à rester rigoureux, transparents et à soutenir le journalisme d’investigation.

Ce n’est pas une guerre entre
la presse papier et la presse numérique. C’est une évolution, une transformation. Le journalisme ne disparaît pas, il change avec son temps. Il s’adapte aux outils modernes, mais reste fidèle à ses valeurs : «informer, expliquer, alerter», comme l’affirme Tiégoum Boubèye Maïga, journaliste. «On a annoncé la mort de la presse depuis des siècles, mais elle a toujours demeuré. Elle va s’adapter et se servir de la numérisation pour amplifier la diffusion de son information», éclaircit-il.

Aminata DJIBO

Rédaction Lessor

Lire aussi : Région de Tombouctou : Les FAMa démantèlent d'importants sanctuaires logistiques appartenant aux terroristes

Dans le cadre de la sécurisation du territoire, les Forces armées maliennes (FAMa) mènent actuellement des opérations de contrôle de zone de grande envergure dans le secteur ouest de la localité de Léré, Région de Tombouctou..

Lire aussi : Œuvres sociales du Président de la Transition : Des kits alimentaires remis à des familles vulnérables

Ce geste du Général d’armée Assimi Goïta s’inscrit dans le cadre du Ramadan 2026 qui va bientôt débuter.

Lire aussi : Mutilations génitales féminines : Halte à la pratique !

A l’instar de la communauté internationale, notre pays a célébré la Journée internationale du 6 février «Tolérance zéro» aux mutilations génitales féminines (MGF)/excision sous le thème : «Rôles et responsabilités des autorités et légitimités traditionnelles du Mali face aux enj.

Lire aussi : Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali : Moussa Coulibaly rempile

Le secrétaire général (sortant) de la Fédération nationale des mines et de l’Énergie du Mali (FENAME), Moussa Coulibaly , a été reconduit à son poste pour un mandat de cinq ans. Il dirige un bureau de 36 membres, en plus des 7 membres de la Commission de vérification..

Lire aussi : Affaires Paramount-Embraer : Le dossier renvoyé pour l’audition d’autres témoins

Le verdict tant attendu dans le procès dit «Paramount-Embraer» n’a finalement pas été rendu, le vendredi dernier, comme annoncé. Lors de cette séance, la Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière du Pôle national économique et financier a décidé de rabattre.

Lire aussi : Recrutement de 200 surveillants pénitentiaires : le ministre Mamoudou Kassogué lance la première phase

Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, Mamoudou Kassogué, a procédé, samedi dernier sur la colline de Badalabougou, au lancement de la première phase du concours de recrutement de 200 agents du cadre de la surveillance des services pénitentiaires et de l’éduc.

Les articles de l'auteur

Communiqué du conseil des ministres du 07 janvier 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 7 janvier 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOÏTA, Président de la Transition, Chef de l’État..

Par Rédaction Lessor


Publié jeudi 08 janvier 2026 à 08:53

ESPGMP : la 7ᵉ promotion sur le marché de l’emploi

L’École supérieure de passation et de gestion des marchés publics (ESPGMP) a procédé ce mardi, à la remise des diplômes de Master aux auditeurs de sa 7è promotion. La promotion a été parrainée par le président de l'Autorité de régulation des marchés publics et des délégations de service public, Alassane Ba.

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:10

«Tourbillon dans un canari» : le nouvel ouvrage de Taki Kanté ElKalil

«Le nouvel ouvrage de l’écrivaine Taki Kanté Elkhalil intitulé: «Tourbillon dans un canari» vient renforcer le patrimoine littéraire. Le livre a été lancé, le samedi 27 décembre 2025, dans la bibliothèque de la Fondation Amadou Toumani Touré pour l’enfance sise à Hamdallaye ACI en Commune IV du District de Bamako..

Par Rédaction Lessor


Publié mercredi 07 janvier 2026 à 08:09

L’ISFMI : La promotion Harouna Niang versée sur le marché de l’emploi

L’Institut Simon finance et management international (ISFMI) a organisé, jeudi dernier dans un hôtel de la place, une cérémonie de remise de diplômes aux 211 étudiants en Licence et Master de la promotion baptisée Harouna Niang, économiste et ancien ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des Investissements..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:04

Vaccination des enfants indigents : L’Anam s’engage à améliorer le taux national

L’Agence nationale d’assistance médicale (Anam), en collaboration avec le Centre national d’immunisation (CNI), a mis en place un programme d’identification et d’immunisation des enfants dits «zéro dose»..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:03

Rémunération liée à la performance dans l’administration publique : Le commissariat au développement institutionnel engage la réflexion

Le secrétaire général du ministère de la Refondation de l’État, Ibrahim Simpara, a présidé, la semaine dernière dans un hôtel de la place, la cérémonie d’ouverture de l’atelier sur la rémunération liée à la performance dans l’administration publique..

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:02

Livre du banquier Hamadoun Ousmane Bocoum : une lecture structurée pour renforcer notre système financier

La parution de son livre s’inscrit dans une démarche citoyenne. En la matière, l’auteur, directeur du pôle exploitation commerciale de la BNDA, estime que la résilience de demain se prépare aujourd’hui, par la connaissance, la mémoire et la formation des futurs cadres de notre système financier.

Par Rédaction Lessor


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:54

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner