28è Fespaco : Deux autres films maliens récompensés

Dramane Minta est un jeune cinéaste malien qui vit à Dakar au Sénégal. Son film d’animation intitulé : «Paya et Koulou», de dix épisodes de 15 minutes chacun a été projeté, jeudi dernier, dans la salle du Conseil burkinabé des chargeurs.

Publié lundi 06 mars 2023 à 07:03
28è Fespaco : Deux autres films maliens récompensés

Dramane Minta avec son trophée


Les épisodes projetés racontent l’histoire de deux frères qui vivent en parfaite harmonie et vont être  confrontés aux vicissitudes de la vie  qui requièrent de leur part plus de maturité. Malgré le lien qui les unit, les circonstances éveillent chez eux l’esprit de compétition. Quoi qu’il en soit, Paya et Koulou sont inséparables.

Boua, l’hommage d’une fille à son père, de Fatou Cissé est un long métrage documentaire de 73 minutes sur la vie et l’œuvre du célèbre réalisateur Souleymane Cissé. Il a été projeté jeudi dernier dans une salle de la Mairie centrale de Ouaga. Souleymane Cissé est connu à travers ses œuvres cinématographiques et les nombreux prix et distinctions qu’il a glanés à travers le monde, mais son humanisme, son  côté affectif et attachant sont un peu ignorés. Toute chose qui, d’après l’auteur, motive ce film.


On peut, sans être exhaustif, résumer l’immense œuvre de Souleymane Cissé, en 6 longs métrages de fiction, de nombreux courts métrages, des documentaires réalisés entre 1972 et 2010. Il obtient deux grands prix du Fespaco qu’est l’étalon du Yennenga  en 1979 avec Baara et Finyè, le Vent qui remporte en plus le grand prix du Festival de Carthage en Tunisie en 1985. Puis, il a été le premier Africain à rentrer dans le palmarès officiel du Festival de Cannes (France) en 1987 avec Yéelen, la lumière avec le prix du jury.

Né à Bamako en 1940, Souleymane Cissé effectue des études de cinéma en ex-URSS. Très attaché à sa famille et au village d’origne de ses parents : Niamina (dans la Région de Koulikoro), il renvoie l’image d’un rassembleur, prêt à se sacrifier pour les autres. Sur le plan professionnel, c’est un artiste et un créateur au sens propre du terme. Ses œuvres cinématographiques se caractérisent par la profondeur et une esthétique qui frise la perfection.  Quant à la thématique dominante, il semble subjugué par le pouvoir. Mais aussi les traditions africaines et le patrimoine culturel, notre capacité à sortir notre société de la léthargie.

Il est reconnu comme celui qui a donné une nouvelle dimension au cinéma africain dans les années 1980. Pour parler de Souleymane Cissé et de son œuvre, Fatou Cissé fera intervenir une vingtaine de témoins à travers des images d’archives comme des entretiens effectués spécialement. Il s’agit de son frère N’fa Cissé, des amis d’enfance, des collaborateurs comme les réalisateurs Salif Traoré et Kadiatou Konaté, Youssouf Coulibaly, ancien directeur général du Centre national de production cinématographique (CNCP), des confrères comme Gaston Kaboré du Burkina, Costa Gavras de la Suisse, Martin Scorcèse des USA…

Le dernier film malien projeté à cette 28è Fespaco était «Policikè» de Toumani Sékou Keïta ou TSK. Ce jeune sortant du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAM-BFK) avait présenté ce long métrage pour son mémoire de fin d’études. En effet, l’intrigue, les rebondissements et  autres   effets spéciaux qui constituent les ingrédients d’un film d’enquête policière y sont présents. C’est un jeune policier dont le frère, journaliste est froidement exécuté dans son bureau par un gang à la solde d’un haut dignitaire du pays. Après une enquête minutieuse, appuyée par la fiancée de son défunt frère et une équipe d’informaticiens, le jeune inspecteur met la main sur le gang et les traduit devant le juge.

Envoyé spécial

 

Youssouf DOUMBIA

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