Promotion du théâtre : Kènèkan, levain d’une redynamisation du théâtre d’auteur

Pour cette saison II, après une première expérience concluante, tenue entre octobre 2022 et mai 2023, la Compagnie Anw Ka Blon s’inscrit dans une démarche de propositions de spectacles

Publié vendredi 03 novembre 2023 à 07:30
Promotion du théâtre : Kènèkan, levain d’une redynamisation du théâtre d’auteur

Une représentation qui a ému les élèves lors du lancement

 

Pourquoi le théâtre d’auteur qui a joué un rôle capital dans l’éveil des consciences dans notre société en levant un coin du voile des dangers de l’exode rural, des pratiques de corruption et d’abus de pouvoir, entre autres, se meurt à petit feu ?

Le Kotèba, cette forme de théâtre traditionnel qui influence considérablement le théâtre d’intervention, le représente très bien à ce niveau. Beaucoup d’acteurs, sortis de l’Institut national des arts (Ina) ou du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté (CAM-BFK) se sont illustrés sur les planches au Mali et ailleurs.

Kènèkan, initié par la Compagnie «Anw Ka Blon» veut redynamiser le secteur du théâtre en permettant à nos compatriotes d’en voir couramment, mais aussi de comprendre que le théâtre est un métier comme les autres. L’approche est assez singulière, parce que ciblant les élèves et étudiants. Le lancement de cette saison II s’est d’ailleurs déroulé la semaine dernière dans l’enceinte du «Sacré-cœur», un établissement d’enseignement secondaire, à Baco Djicoroni ACI.

Les élèves ont pu voir le spectacle Korka, la muette, un texte de Levys Togo et Aissata B. Maïga, dans une mise en scène de Nina Prisca Kouyaté. Représenté plusieurs fois, il s’agit d’un texte dont la thématique est la violence faite aux femmes. «Dans le regard des plus jeunes, lors de la représentation, on pouvait sentir l’émotion, mais aussi de la sensibilité. C’est cela le but de Kènèkan plus, occasionner un changement de mentalité chez les jeunes», explique la metteuse en scène.

Kènèkan 2023 est donc lancé. La Compagnie Anw Ka Blon, avec cette saison II, après une première expérience concluante qui s’est tenue entre octobre 2022 et mai 2023, s’inscrit dans une démarche de propositions, de plus en plus de spectacles de théâtre. Un projet ambitieux et prometteur qui résulte d’un constat simple : la faible diffusion de spectacles de théâtre au Mali. En effet, les quelques salles qui existent sont en manque de spectacles, car l’aide à la création ne suit pas l’engagement des jeunes créateurs.


«Au Mali, chaque année, le Conservatoire national des arts et métiers multimédia Balla Fasséké forme des artistes à la tête bien pleine, mais aussi bien faite. Et bien qu’ils soient animés de dévouement, ces artistes ne sont pas dans les conditions pour proposer des spectacles fréquemment et c’est dommage», fait remarquer le coordinateur du projet Kènèkan plus saison II, Hakim Diallo.

Un métier qui mérite respect et considération, car il participe activement à la construction citoyenne. Pour les initiateurs de Kènèkan, le public doit venir voir le théâtre, car les professionnels le font pour eux. «Le théâtre est un vrai métier. Ce sont des professionnels qui se donnent corps et âme pour produire ces spectacles destinés au public. Il est donc important que celui-ci vienne les voir».

Selon Levys Togo, cibler les élèves et étudiants n’est pas un choix fortuit. L’équipe de Kènèkan a fait ce choix en se référant au fait que ceux-ci sont les adultes de demain et qu’il est important pour eux de s’enrichir suffisamment sur le plan intellectuel et culturel pour la gestion efficace des affaires de demain.

«Les élèves et étudiants auront la lourde tâche de prendre le relais demain sur l’aspect administratif. En composant avec eux dans le cadre de ce projet, l’idée est de stimuler leur intellect, faire en sorte qu’ils aient les armes nécessaires pour être de bons gestionnaires demain».

À cela, une autre vision est d’inculquer aux plus jeunes l’amour du théâtre dès le bas âge. Les adultes sont difficiles à convaincre parce qu’ils ont atteint un âge qui ne rend pas facile la tâche. Bien qu’ils soient conscients de l’importance du théâtre, ils ont du mal à lui accorder l’intérêt nécessaire. Avec les plus jeunes qui ont tout l’avenir devant eux, le changement de mentalité et d’intérêt pour le théâtre est possible. Kènèkan veut que ces enfants soient des défenseurs de l’art d’une manière générale. Pour que cela soit possible, il faut leur parler des bienfaits du domaine depuis leur bas âge.

Cette manifestation est en train de ramener le théâtre dans l’espace scolaire, un pur bonheur pour les nostalgiques. Kènèkan plus saison II se poursuivra jusqu’en mai 2024. Chaque mois, deux spectacles seront proposés au public dans des salles qui seront communiquées au fur et à mesure que l’initiative se réalise.

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Ouverture du Siama aujourd’hui : Tout est fin prêt pour accueillir les artisans

La 5è édition du Salon international de l’artisanat du Mali (Siama) s’ouvre aujourd’hui dans notre pays sous le thème : «Artisanat, facteur de développement et de sauvegarde de notre identité culturelle» pour prendre fin le 7 décembre prochain..

Lire aussi : Livre sur Guimba national : Le parcours d’un comédien hors pair

Habibou Dembélé dit Guimba national a fait rentrer la comédie dans une autre dimension. Cet artiste arrive, avec une facilité déconcertante, à arracher le sourire à tout le monde.

Lire aussi : Chorégraphie de la Biennale de Tombouctou : Le ministre Daffé exprime sa satisfaction

Cette œuvre sera présentée par 333 jeunes en référence aux 333 Saints de Tombouctou. La répétition a commencé depuis fin octobre et elle relate les figures historiques des empires du Ghana, du Mali et du Songhaï avec des forgerons et des griots qui ont construit notre histoire.

Lire aussi : Semaine internationale de l’artisanat touareg : Le secteur artisanal comme alternative à la migration irrégulière

Le Salon international de l’artisanat touareg, tenu du 18 au 23 novembre, a dédié la journée du samedi dernier au département des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine. La rencontre a été marquée par un panel sur le thème : secteur artisanal au Mali, alternati.

Lire aussi : El Hadj Adama Issa Sacko : «J’ai remarqué que la culture Khassonké est en voie de disparition»

L’écrivain traditionnaliste, à travers son livre, intitulé : «Le Khasso traditionnel : coutumes et mœurs», lancé le 17 juillet dernier, met en lumière les repères culturels de cet espace linguistique dont il est le «Djeli», de par la bataille de Tumbifara. Dans cet ouvrage de 162 pa.

Lire aussi : Coopération culturelle : Le ministre Daffé et l’ambassadeur de la Palestine, Hassan Albalawi, s’inscrivent dans la même vision

Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l'Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, a rencontré, lundi dernier dans ses propres installations, dans le cadre de l’Année de la culture, l’ambassadeur de la Palestine au Mali, Hassan Albalawi..

Les articles de l'auteur

Biennale de Tombouctou : La chorégraphie de la cérémonie d’ouverture en construction

Depuis bientôt un mois, le maître chorégraphe, Karim Togola, assisté de deux professeurs de danse du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté, Abdoulaye Koné et Dramane Sidibé, sont à pied d’œuvre pour la construction du ballet de la cérémonie d’ouverture de la Biennale de Tombouctou..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 18 novembre 2025 à 11:43

Festival Rendez-vous chez nous : De beaux spectacles dans la rue

Si au départ le «Festival Rendez-vous chez nous» était concentré sur les masques et marionnettes, force est de constater que l’événement s’est beaucoup développé. De nos jours, il est devenu plus éclectique avec une programmation riche et variée, allant de la musique à la danse moderne..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 11 novembre 2025 à 08:19

Cinéma : Le 2è épisode de «Bini Bana» réaffirme la souveraineté des noirs

Au moins 300 élèves de l’École fondamentale Bleu et Blanc de Missala, à une vingtaine de kilomètre de Bamako, ont assisté, vendredi dernier, à l’avant-première du 2è épisode du film Bini Bana de Zaidou Coulibaly. Ce long métrage de 90 minutes est une ode à la libération totale du joug colonial..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 04 novembre 2025 à 14:01

Manuscrits anciens : L’ONG Savama-DCI montre sa contribution à l’année de la culture

La Sauvegarde et valorisation des manuscrits anciens pour la défense de la culture islamique (SAVAMA-DCI) est une ONG culturelle, qui a joué un rôle fondamental dans la préservation du patrimoine écrit au Mali. Dans le cadre de ses missions, elle a entrepris la construction de plusieurs bibliothèques dédiées à la conservation, protection et mise en valeur des manuscrits anciens..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 02 octobre 2025 à 13:23

4ē Grand prix d'Afrique de hippisme au Maroc : Enrichissante participation du Mali

La 4ē édition du Grand prix d'Afrique de hippisme se tient ces jours au Maroc avec la participation de plusieurs pays du continent dont le Mali..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié samedi 13 septembre 2025 à 21:54

4è Grand prix d’Afrique de hippisme : Les turfistes Maliens pourront désormais parier sur courses marocaines

-.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 12 septembre 2025 à 20:26

Culture et Intelligence artificielle : Bamako Académie dévoile sa série « La voie du Donsoya »

On peut s’aventurer à dire que Kabakoo Academies ose une fusion avant-gardiste de l’Intelligence artificielle (IA) et de la culture, en présentant en exclusivité un film intitulé « La voie du Donsoya ». Il s’agit du tout premier film d’animation explorant la richesse du Donsoya, une institution sociale et une vision du monde multiséculaire d’Afrique de l’Ouest..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 09 septembre 2025 à 17:02

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner