Usine malienne de produits pharmaceutiques : Retour dans le giron de l’État

Pour sortir cette unité industrielle des difficultés, un plan de relance a été approuvé en novembre 2022. Désormais, l’État détient seul l’ensemble du capital

Publié mercredi 31 mai 2023 à 05:34
Usine malienne de produits pharmaceutiques : Retour dans le giron de l’État

Le ministre Mahmoud Ould Mohamed (g) visite la chaîne de comprimés

 

 

L’Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP) qui était une fierté nationale dans les années de cogestion avec les partenaires chinois vit en ce moment des jours difficiles. L’avenir de cette unité de production qui est tombé dans le giron du ministère de l’Industrie et du Commerce doit être repensé. C’est pourquoi, le gouvernement a approuvé en conseil des ministres du 18 novembre 2022, un plan de relance tout en décidant de revenir sur l’ouverture de son capital.

La visite du ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, à l’UMPP, située dans la Zone industrielle entre dans le cadre de la mise en œuvre de ce plan de relance. Il était venu constater de visu des conditions de travail du personnel. Le visiteur, guidé par l’ancien directeur général par intérim de l’usine, le Pr Alou Amadou Keïta, s’est rendu à la section sirop où, plusieurs machines de production de médicaments sont à l’arrêt.


Même constat au niveau de la section pommade, de la chaîne de comprimés et de la division contrôle laboratoire. Au niveau de la chaîne des pesées quelques machines tournent à faible régime. L’usine est confrontée à un manque de ressources financières, mais aussi à la vétusté des outils de production et à un énorme passif. Ces difficultés doivent trouver leurs solutions dans le plan de relance.

«J’ai vu une unité industrielle où les travailleurs étaient suffisamment engagés au maintien de l’unité en marche. Le gouvernement va continuer à soutenir l’UMPP pour être encore plus moderne en remplissant les attentes des populations maliennes», a assuré le ministre à la fin de sa visite.

Mahmoud Ould Mohamed soulignera que les dépenses de notre pays, en termes d’achats et d’importation de produits pharmaceutiques, sont énormes. D’où l’importance de cette usine qui apparaît comme un facteur économique de notre souveraineté. Il a aussi promis que dans un ou deux ans, cette fabrique de médicaments sera remise à flot et répondra aux standards internationaux. Des efforts seront aussi accomplis dans ce sens.

Aujourd’hui, l’UMPP ne réalise que 3 formes pharmaceutiques au niveau de trois lignes de production. Alors qu’elle réalisait au niveau de ses quatre chaînes de production, 5 formes pharmaceutiques pour une gamme de 33 produits présentés en dénomination commune internationale (DCI). Vingt huit de ces 33 produits figurent sur la liste nationale des médicaments essentiels.

L’UMPP a touché le fond quand l’État a autorisé en 1999, dans le cadre de son désengagement du secteur industriel, l’ouverture de son capital. Depuis, il y a eu une diminution de sa capacité de production consécutive à des difficultés.

Pour la commission santé du Conseil national de Transition (CNT), ces difficultés sont liées à la non-commercialisation de certaines molécules, au retrait de la chloroquine dans le schéma thérapeutique, à l’insuffisance du personnel (49 agents actuels contre un effectif de 80 agents souhaités). Mais aussi des équipements obsolètes et des dettes évaluées au 31 décembre 2020 à 2,19 milliards de Fcfa. S’y ajoute un problème juridique qui remettait en cause l’existence de l’UMPP en tant que société de droit malien.

La mise en œuvre du plan de relance nécessité pour l’État de prendre des mesures législatives et règlementaires visant notamment à faire de l’UMPP, une société d’état et à étendre son objet afin qu’elle soit plus compétitive.

C’est ainsi que le CNT a adopté, le 18 mai dernier, la loi portant création de la société d’État dénommée «Usine malienne de produits pharmaceutiques». L’UMPP retrouve ainsi donc son statut initial. Elle était une société d’État à sa création en février 1989, avec un capital de 2,55 milliards de Fcfa et entièrement souscrit par l’état.           

Fadi CISSE

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