Son auteur,
Guillaume Opely Gadji, professeur de Mathématiques au lycée français de Bamako,
a, ainsi, résumé le parcours douloureux et quasi-initiatique, en tout cas,
particulier, du jeune Ossato, qui, très tôt, s’est dressé contre les injustices
faites à ses parents par une administration de son pays, ce qui pousse ses
concitoyens à immigrer pour la recherche d’un lendemain meilleur.
Le jeune a ambitionné de reprendre
les études universitaires pour s’armer de moyens intellectuels lui permettant
de changer cette situation d’injustice frustrante et de mauvaise gouvernance
dans son pays.
Il a pris une position catégorique et refusé le délitement de sa
société. Convaincu que l’homme est le premier fossoyeur de la nature, de son
environnement, il se bat pour ne pas laisser son pays et un monde irrespirables
aux futures générations. Le rapport à l’argent, le rapport à son environnement,
la place de la femme et du plus faible sont, également, les principaux cibles
de son combat.
Issus d’un pays dont les sols et
sous-sols regorgent de toutes les ressources vitales pour l’Humanité, Ossato
n’accepte pas que les fils et filles issus de ces terres si riches et généreuses
n’aient pas le minimum pour une vie décente.
Il se lance alors, au péril de sa
vie, à la quête d’un savoir susceptible de le hisser au niveau des leviers de
commande de son pays. Ce savoir acquis sera-t-il suffisant pour faire face à
des monstres qui mettent à mal le développement de son pays et de son bien-être ?
Auparavant, le jeune homme, dans
son village natal a tissé, dès son enfance, une amitié avec une vieille tortue,
qu’il appelait Odjo Kolo. Celle-ci lui a donné l’occasion de penser l’évolution
de sa société. Et la fin de sa relation amicale avec Odjo Kolo a fait place à
la réminiscence des instants avec une femme qui est devenue son épouse.
Les parents d’Ossato lui ont
enseigné cette leçon de vie selon laquelle, il doit «toujours se souvenir qu’il
n’est supérieur à personne mais aucun être humain sur la terre ne lui est, non
plus supérieur». Ces paroles de ses parents l’ont constitué et conforté sur son
chemin de vie.
Le jeune Ossato avait perdu toute
illusion parce que cette quête forcenée «à la poursuite de son objectif, avait
surtout abimé, ruiné l’innocence dans le désert libyen d’une femme qui avait
tout abandonné pour lui». Il s’est ensuite reconstruit avant de fonder une
belle et heureuse petite famille.
Ne souhaitant pas se rendre coupable de se taire devant la souffrance des «gens de rien», l’auteur du livre a décidé le recours à ce «recul du bélier» afin de transmettre sa vision du monde, mais surtout d’aider «à l’arrêt de ce train qui conduit les sociétés vers la catastrophe».
Sinè TRAORE
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