#Mali : Sociétés de gardiennage : Le martyre des femmes

Les femmes sont de plus en plus présentes dans les sociétés de gardiennage. Elles bravent les difficultés pour répondre aux exigences de la profession de vigile, mais reçoivent de maigres salaires, ne sont pas non plus inscrites à l’Institut national de prévoyance sociale et n’accèdent pas aux congés annuels

Publié vendredi 19 avril 2024 à 06:46
#Mali : Sociétés de gardiennage : Le martyre des femmes

Les femmes vigiles sont de plus en plus nombreuses autour des bâtiments publics et des entreprises privées

 


«La faim chasse le loup hors du bois», autrement la nécessité contraint les humains à faire ce qu’ils ne désirent pas. Cet adage sied comme un gant à la situation actuelle de certaines femmes qui se sont faites enrôlées dans les sociétés de gardiennage. La fonction de vigile était exclusivement réservée au sexe masculin. La gent féminine a aujourd’hui franchi le pas. Des femmes sont recrutées dans les sociétés de gardiennage où elles tentent tant bien que mal de répondre aux exigences de la profession.

Un agent privé de sécurité a pour fonction d’assurer la sécurité des biens et des personnes. Il assume des missions d’accueil, de contrôle d’accès, de surveillance, de respect des consignes de sécurité, d’intervention de première urgence, d’alerte ou de guidage des équipes de secours et de rédaction des rapports d’événements ou d’activités. Malheureusement de nombreuses personnes qui officient dans les sociétés de gardiennage ne satisfont pas à cette description théorique des tâches dévolues à un agent privé de sécurité.

Ce dernier peut être spécialisé dans un ou plusieurs domaines (sécurité aéroportuaire, surveillance humaine, transport de fonds, etc.). Les agents de sécurité du secteur privé connus aussi sous l’appellation de «vigiles» jouent un rôle important dans la sécurisation des établissements publics et privés. Ils viennent en appui aux agents déployés par l’État dans la sécurisation des lieux fréquentés par le grand public comme les banques, les supermarchés et aussi dans les propriétés privées.

Les filles ou les femmes qui n’entendent plus être soumises à la critique de ne plus savoir faire quelque chose de leurs dix doigts ont envahi le créneau. Les femmes sont reconnues comme étant plus disciplinées commencent à être plus présentes en grand nombre dans les sociétés de gardiennage. On les voit dans l’enceinte et autour des bâtiments administratifs, des services publics et privés pour la sécurité des personnes et de leurs biens.

Fatoumata a opté pour ce métier après avoir passé de nombreuses années à se tourner les pouces. Celle qui a du mal à s’accommoder du chômage a fini par se caser dans une société de gardiennage. «Il n’y a pas de travail inutile, faire le gardiennage vaut mieux que de rester à la maison. Même si le salaire est dérisoire», précisera-t-elle. Elle explique avoir commencé en étant célibataire, avant de se marier. Elle explique même trouver un réconfort auprès de son époux dans l’accomplissement de sa profession.

Toutefois, Fatoumata reconnait la difficulté à concilier la vie d’épouse au foyer et son travail. «Je me lève tôt le matin pour préparer le petit déjeuner et le déjeuner, avant de me rendre au service à 6 heures», explique l’agente de sécurité. Elle soutient aussi bénéficier de l’accompagnement de sa petite sœur qui s’occupe de sa progéniture avant la descente à 16 heures. 

 

RISQUE DU MÉTIER- Une autre dame qui s’est exprimée sous le couvert de l’anonymat, fait savoir qu’il n’y a pas de travail destiné uniquement aux femmes et un autre pour les hommes. Notre interlocutrice explique simplement que tout le monde doit être traité sur le même pied d’égalité dans le recrutement. Ce n’est peut-être pas Djénèba qui dira le contraire. Celle qui officie comme vigile depuis 7 ans est consciente des difficultés réelles. Mais elle soutient n’avoir jamais eu de problèmes jusque-là et trouve même que ce travail est très important pour elle puisqu’elle arrive à subvenir à ses petits besoins sans tendre la sébile.

De son côté, Alfousseyni Kouyaté, également vigile, affirme que les  femmes font ce travail efficacement au même titre que les hommes. Il met un bémol et explique que les femmes généralement ne travaillent pas pendant la nuit dans les sociétés de gardiennage. Tout le monde s’accorde sur le salaire dérisoire proposé aux vigiles qui courent pourtant de gros risques. Les femmes sont encore plus exposées avec les miettes qui leur sont proposées comme émoluments. En plus de maltraitance, elles sont souvent licenciées abusivement. Certaines anecdotes racontées par les femmes vigiles laissent penser qu’elles vivent dans la précarité.

Nonobstant cette situation, les femmes qui évoluent dans les sociétés de gardiennage donnent le meilleur d’elles-mêmes pour assurer la sécurité des personnalités et de leurs familles, mais aussi au niveau des sociétés et entreprises et des institutions avec les risques du métier. Selon certaines femmes vigiles, elles n’ont pas le droit de réclamer quoi que ce soit, malgré les risques. Cela semble être une règle non écrite. «Les tenues que nous portons appartiennent à la société dans laquelle nous sommes employées, donc elles ne sont pas gratuites. L’entreprise nous les vend et opère des retenus sur nos salaires à titre de remboursement», explique l’une d’entre elles.

D’autres dénoncent le refus de leur accorder des congés, conformément à la législation du travail. Cette situation fait grincer des dents chez celles qui entendent se battre pour leurs droits. «Il y a des agentes qui ont pris seulement deux fois leurs congés annuels en cinq ans», confie une autre vigile qui a requis l’anonymat. Quant à celle que nous désignons sous les initiales de M. K, elle témoigne : «Je fais ce travail depuis un an. À mes collègues et moi, mon patron nous avait donnés des numéros que nous pensions être celles d’affiliation à l’Institut national de  prévoyance social (INPS). Malheureusement, il en n’est rien. Nous nous sommes rendus compte qu’aucune cotisation n’avait été versée à la structure de prévoyance sociale en nos noms.»

Selon des agents rencontrés sur le terrain, le salaire mensuel des vigiles varie entre 30.000 et 50.000 Fcfa. «Ce travail est mal payé. Si par malchance tu tombes malade, tu ne pourras même pas te soigner en plus, si les contrôleurs te trouvent absent une ou deux fois, on te retient sur la paie  1.000 ou 2.000 Fcfa», déplore un vigile dans un quartier de Kati qui, par peur de répression de son employeur, a requis aussi l’anonymat. 

Précisons que le secteur de gardiennage est réglementé par la loi n°96-020 du 21 février 1996, relative aux entreprises privées de surveillance et de gardiennage, de transport de fonds et de sécurité personnelle. Cette législation a été modifiée par la loi n° 02017  014 du 12 juin 2017.

Safiatou CISSÉ

Rédaction Lessor

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