Visite de la délégation à l'ISRO, Bangalore
Disons-le tout de go : New Delhi, capitale fédérale de l’Inde, un des centres administratifs les plus importants du pays, est une ville de contrastes qui, parfois, suscitent moins l’admiration. Celui qui découvre cette agglomération de 32 millions d’habitants, s’étonnera des résidences huppées aux alentours malsains, des buildings audacieux qui côtoient des bâtiments crasseux, des grosses cylindrées avec des carrioles à cheval et des Tuk-tuk (tricycles destinés au transport urbain) au milieu de terribles embouteillages…
Derrière ce désordre se cache pourtant l’une des économies les plus dynamiques au monde. L’Inde est en effet en plein essor. Sa croissance, exponentielle au cours de la dernière décennie, est reconnue mondialement comme ayant beaucoup à offrir au monde, et en particulier à l’Afrique dont l’avantage démographique en fait une destination attractive. Avec notre continent, le pays de Gandhi a su établir des relations mutuellement bénéfiques. Son approche, contrairement aux modèles d’exploitation, «privilégie une coopération inclusive favorisant le développement durable», précise Arun Kumar Chatterjee, secrétaire (CPV & OIA) du ministère des Affaires étrangères de l’Inde, qui a reçu, vendredi 13 juin, la délégation de journalistes.
Cette visite des hommes de médias s’inscrit justement dans le cadre de la stratégie de l’Inde visant à renforcer ses liens avec le «Sud global». Il est aujourd’hui le quatrième partenaire commercial et le cinquième investisseur en Afrique. Les produits pétroliers, pharmaceutiques, automobiles et d’équipement font partie des principaux produits exportés de l’Inde vers l’Afrique. Dans le sens inverse, on retrouve des pierres précieuses, du coton et des fruits africains. Les importations en provenance du Mali portent essentiellement sur la gomme arabique, l’or, le coton brut, les noix de cajou, etc. pour un montant estimé en 2023-2024 à 29,35 millions de dollars américains.
En 2023, la valeur des échanges commerciaux entre l’Inde et notre continent avoisinait les 100 milliards de dollars américains. Et, à la même date, les investissements cumulés dépassent 75 milliards de dollars. Plus de 40 pays africains ont ainsi bénéficié des projets d’infrastructures, améliorant significativement la vie de leurs populations. «Nos startups investissent en Afrique et créent beaucoup d’emplois. Les perspectives sont bonnes, puisque les potentialités sont énormes», souligne Aditya Gosh, directeur international (Afrique) de la Confédération de l’industrie indienne (CII). Cette structure, visitée (jeudi 12 juin) par les journalistes, joue un rôle central en facilitant les échanges entre les entreprises indiennes et africaines, ainsi qu’avec les gouvernements. Ces initiatives visent à renforcer les liens commerciaux, à promouvoir les investissements, et à favoriser le développement durable dans divers secteurs.
PercÉe numÉrique - De la réalisation d’infrastructures de transport aux aménagements agricoles, en passant par l’énergie verte, la formation, les nouvelles technologies… l’Inde est connu pour son savoir-faire dans plusieurs domaines. Rites Limited, entreprise publique constituée en 1974, compte parmi les géants qui font la fierté de l’Inde. C’est une société d’ingénierie et de conseil multidisciplinaire proposant une gamme complète de services, de la conception à la mise en service, dans tous les domaines des infrastructures de transport: chemins de fer, autoroutes, métros, aéroports, ports, téléphériques, etc. « Fort de ses cinq décennies d’expérience, RITES s’est imposé comme un choix privilégié pour des clients dans plus de 55 pays d’Asie, d’Afrique, d’Amérique latine et du Moyen-Orient», selon son président directeur général, Rahul Mithal.
La percée de l’Inde est plus palpable dans le secteur des technologies de l’information où ses succès sont si importants qu’il occupe désormais la troisième place mondiale après la Chine et les États-Unis. Cette position d’acteur de premier plan en matière d’ingénierie, n’est pas un hasard. Après l’indépendance obtenue en 1947, le premier Premier ministre indien, Jawaharlal Nehru, décide d’installer des « temples d’apprentissage» pour moderniser l’Inde.
C’est ainsi que naissent les Indian Institutes of Technology (IIT). Le premier voit le jour à Kharagpur en 1951. Il y en a 23 aujourd’hui dont celui de Delhi qui a des collaborations et des partenariats avec plusieurs pays africains. D’autres institutions forment des ingénieurs, comme l’Institut indien des sciences à Bangalore. Chaque année, le pays « produit » plus d’un million d’ingénieurs.
L’Inde ne se limite pas aux services numériques : elle vise également les étoiles. L’Organisation indienne de recherche spatiale, connue sous le nom d’ISRO (Indian space research organisation) a marqué les esprits avec des missions à succès, comme Chandrayaan-3, qui a permis à l’Inde de devenir le premier pays à atteindre le pôle sud de la lune. Aujourd’hui, le pays de Gandhi, avec des plans ambitieux pour le développement de ses infrastructures, se positionne comme une puissance incontournable. Sa capacité à allier innovation, production et inclusion numérique en fait un modèle à suivre pour les pays africains.
Envoyé spécial
Issa DEMBELE
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