Une vue de la gare routière de Sogoniko (archives)
Dans ce ballet organisé, l’attente, les rencontres et les petites histoires du voyage tissent une fresque vivante de la vie malienne, entre chaleur écrasante, traditions et modernité. Dès l’entrée, des jeunes guident les voyageurs. Ceux sans billets se pressent aux guichets, tandis que les détenteurs de tickets passent sous l’œil perspicace du vigile.
À l’intérieur, des nattes accueillent adultes, enfants et personnes âgées, certains encore endormis. Les bagages s’entassent dans les soutes du car, une file impatiente s’improvise devant les toilettes. «Faites vite, vous n’êtes pas les seuls usagers !», lance un voyageur excédé. Malgré des pancartes indiquant des latrines séparées pour hommes et femmes, la distinction est ignorée, et l’état de certaines installations laisse à désirer.
Le car pour Koutiala, prévu pour 60 passagers, attire plus de 80 personnes, créant une bousculade. Des retardataires, comme un voyageur attendant depuis 4h, déplorent des départs manqués. «J’étais de l’autre côté de la gare, mais le bus est parti sans moi. Les billeteurs ne donnent pas de réponses claires», se plaint-il. Un billeteur rétorque : «Chaque bus a sa place. Patientes, tu pars à 8h.»
MUSIQUE ET CONVERSATIONS-À 7h50, le véhicule est prêt. Le chauffeur finalise ses réglages. À 8h, le bus s’élance sur l’axe Bamako-Ségou-Koutiala. À l’intérieur, l’écran diffuse «La Patronne» de la Guinéenne Djelikaba Bintou, artiste récemment médiatisée pour sa vie personnelle tumultueuse. Les passagers, bercés par la musique, entament des discussions animées. Deux hommes près de la porte échangent sur leur vie. «J’ai dit à ma femme que je vais prendre une deuxième épouse, qu’elle le veuille ou non», confie l’un, avant que son oncle ne le qualifie de «trop turbulent». À 8h04, nous longeons le stade du 26 Mars, évitant les embouteillages.
Le soleil, brûlant en cette saison chaude, éclaire les visages. À la sortie de Bamako, un arrêt révèle deux places réservées, contrairement aux annonces initiales. Au péage de Kassela, le système d’enregistrement des plaques, encore manuel, ralentit le passage. Entre Baguineda et Kassela, la verdure des manguiers et de la forêt classée, marquée par des traces de feux de brousse, captivent les regards.
«À chaque saison sèche, des feux éliminent les herbes, mais touchent aussi les plantes», observe un passager, sans réponse claire sur leurs origines. À Zantiguila, le poste de contrôle grouille de vendeurs ambulants proposant biscuits, œufs et eau, prisée sous la canicule. Un vendeur de remèdes traditionnels tente sa chance, mais les passagers, absorbés par leurs conversations, l’ignorent.
La route, en bon état jusqu’à Ségou, traverse des villages paisibles. À l’entrée de la cité des Balanzans, ces arbres emblématiques suscitent l’admiration. Sur l’écran, le rappeur malien Wiz Montana provoque des réactions avec son titre : «Allah ka na Mali taa nje» (Qu’Allah ne développe pas le Mali). Un bouchon causé par une course cycliste entre Fana et Ségou, ralentit la progression. Au poste de contrôle de Ségou, vérification des pièces et les contrevenants s’acquittent d’amendes.
Après Ségou, la route se dégrade, forçant le chauffeur à ralentir. Des passagers somnolent, éreintés par le trajet. À 14h, le bus atteint M’Pessoba, marquant la fin de notre périple. Ce voyage, ponctué de musique, de discussions et de paysages variés, reflète la vitalité et les contradictions du Mali : une société en mouvement, entre traditions, défis logistiques et aspirations modernes.
Moussa M. DEMBÉLÉ
Rédaction Lessor
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