C’est là une citation parmi tant d'autres du stratège militaire chinois Sun Tzu dont l’ouvrage culte, «l'art de la guerre», traverse encore les millénaires sans une ride dans les bibliothèques des écoles de guerre de par le monde. Cette pensée de Sun Tzu peut aider à comprendre l’opération baptisée «Dougoukoloko» que le Chef de l’État vient d’instituer par décret.
L'article 2 du décret est clair sur l'objet de cette nouvelle opération : «L’autorité et la souveraineté de l’État sont affirmées sur l’ensemble du Territoire national, dans un environnement stable et sécurisé ; les menaces terroristes et criminelles sont enrayées ; la libre circulation ainsi que la protection des personnes et de leurs biens sont assurées ; la cohésion sociale et la conscience citoyenne sont restaurées». En matière de défense et de sécurité, cet objectif laisse transparaitre la situation d'ensemble du pays et les défis qui s'imposent à lui, dans le contexte national et international.
À partir de là, l’on peut aisément faire un rapprochement entre la citation du stratège chinois et la situation que notre pays vit depuis 2020 avec l'arrivée des autorités de la Transition. Après avoir passé plus d'une décennie (de la rébellion furtive d’Ibrahim Ag Bahanga dans la Région de Kidal en 2006, au siège de Sébabougou, Cercle de Diema, il y a quelques jours) à combattre un ennemi masqué, le Mali a fini de démasquer ce dernier avec l’avènement du Général d’armée Assimi Goïta et de ses compagnons à la tête de l'Etat.
L'ennemi était proche et loin, à la fois au cœur de l’État et au sein de la fameuse «communauté internationale» qui faisait office de cheval de Troie. La rupture avec certains partenaires bilatéraux et multilatéraux, la sortie de l'état de certains accords nationaux et internationaux ont permis au gouvernement et au peuple malien de séparer la graine de l’ivraie, d'extirper le venin de la plaie provoquée par des vipères aux crocs invisibles.
Aujourd’hui l’Armée malienne sait avec précision quel est l’ennemi à combattre de l’intérieur et celui à tenir loin de nos frontières. On peut tout dire sur la posture des officiers supérieurs qui gouvernent aujourd'hui le Mali, sur leur gestion politique de l’État, de leurs rapports ou leur regard sur les composantes socio-politiques du pays, mais on aura peu de reproches à faire sur la gestion militaire de la crise dont ils ont hérité du dernier régime de la défunte 3è République.
Bien d’analystes attestent, au-delà du discours officiel, que la gouvernance qu’ils proposent aux Mali prendra le temps que cela nécessitera, avec comme épine dorsale, la défense et la sécurité. Et le budget de l’État en est le premier porteur avec l'effort financier national prioritairement consenti à l'acquisition d'armes de guerre en quantité et en qualité, avec le changement de partenaires stratégiques, avec les réformes institutionnelles significatives comme la création de l’École de guerre du Mali et sa rapide opérationnalisation, la création de régions militaires aériennes entre autres. Que peut-on commencer par demander à un militaire qui gère un État autre que la maîtrise de ce qu’il connaît le plus, de ce qu’il a étudié et qui est son métier : faire la guerre à travers stratégie et tactique.
C'est ce qui se fait avec la traque des groupes armés terroristes dans la guerre asymétrique qu'ils imposent aux États du Sahel ou encore ce qui se fait dans la gestion des zones frontalières (Algérie, Mauritanie, Côte d'Ivoire, etc.). Reste dans la gouvernance générale, à chercher des équilibres entre la gestion de la guerre et les autres volets comme le la maitrise du coût de la vie, le développement des infrastructures, les services sociaux de base, etc. À ce niveau le Gouvernement se focalise sur les réponses idoines à la mise en œuvre de la feuille de route édictée par le Chef de l’État.
Avant l’opération Dougoukoloko, les opérations Maliko et Keletigui initiées, respectivement en 2020 et 2021 ont permis à nos FAMa d'appliquer la nouvelle doctrine miliaire sur le terrain, de jauger les capacités de montée en puissance et de mieux anticiper les menaces futures. Face aux convulsions sociopolitiques internes (problématique de la place des partis dans l’espace politique, revendications syndicales ici et là, panier de la ménagère), la gouvernance actuelle du Mali garde toujours comme point d'ancrage la lutte antiterroriste, la mise en place des instruments de la Confédération AES et l'élaboration de nouveaux schémas de développement basés sur des paradigmes économiques nouveaux, le tout dans le contexte international multipolaire en construction.
Charles Tilly, sociologue américain s'est fait remarquer par une réflexion célèbre selon laquelle «la guerre a créé l’État, et l’État a créé la guerre». Dans le Mali de la 4è République naissante, aucun Malien ne peut échapper à une telle réflexion. Que cette réflexion soit active ou passive, chaque Malien doit s'interroger sur le modèle de gouvernance qu’il faut en temps de guerre et de gestion des hostilités internes et externes.
Avons-nous le temps de ce débat avant de faire taire, sinon éteindre l’ennemi ? Peut-on aller sur les bases de la démocratie représentative alors que l’État fait la guerre contre l’intérieur et l'extérieur ? La récente consultation nationale sur la charte des partis donne des éléments de réponse dans le sens de la négative, renforcée en cela par les décisions du Conseil des ministres du mercredi dernier. Mais de cela, nous en parlerons une prochaine fois. En attendant, bonne chance à l’opération Dougoukoloko, pour que l’autorité et la souveraineté de l’État soient affirmées sur l’ensemble du Territoire national.
Alassane Souleymane
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