Année de la culture : Le plaidoyer pour la création

Le parrain du mois dans le cadre de l’Année de la culture a expliqué clairement lors de la rencontre la nécessité de créer pour être visible dans le monde. Il a aussi invité les créateurs à s’inspirer de notre patrimoine musical, textile ou architectural pour bâtir des produits culturels exportables et modernes

Publié vendredi 14 novembre 2025 à 14:47
Année de la culture : Le plaidoyer pour la création

Dr Samuel Sidibé (c) lors de la conférence

 

Dans le cadre de la célébration de l’Année de la culture 2025, le Musée national du Mali a accueilli, hier, une conférence animée par le parrain du mois, Dr Samuel Sidibé, ancien directeur du Musée national. Devant un auditoire composé d’acteurs culturels et de responsables du ministère en charge de la Culture, il a livré une réflexion profonde sur le thème : «Patriotisme et créativité : le rôle des musées». L’événement s’inscrit dans la dynamique de l’exécution du calendrier de l’Année de la culture, une initiative du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, visant à célébrer les figures et les valeurs du patrimoine malien. Présidée par le chef de cabinet du ministre, Dr Salia Mallé, la cérémonie a réuni le directeur général du Musée, Daouda Keïta. Dr Mallé a salué «une initiative qui permet de mettre en lumière la richesse culturelle nationale et de valoriser ceux qui œuvrent à sa transmission», avant de céder la place au conférencier.


Dr Samuel Sidibé a indiqué que le patrimoine ne peut pas survivre sans la notion de création. Insistant sur la nécessité d’un équilibre entre héritage et innovation. Selon lui, le patrimoine n’est pas un objet figé dans le passé, mais une source vivante d’inspiration pour bâtir l’identité contemporaine. «Nous avons tendance à penser que le patrimoine, c’est uniquement ce que nous avons reçu des anciens. Or, il ne prend sens que si nous le faisons évoluer», a-t-il souligné. Pour lui, le défi réside dans la capacité des générations actuelles, c’est-à-dire à enrichir l’héritage culturel par la créativité. «Si notre avenir se trouve derrière nous, alors c’est une catastrophe», a-t-il averti, appelant à placer la création au cœur des politiques culturelles.

Dr Samuel  Sidibé a rappelé que lors de son passage au Musée national, il avait œuvré à ouvrir l’institution sur le monde contemporain, notamment à travers des expositions rassemblant des artistes africains issus de diverses disciplines. «Le musée doit être perçu comme un espace de dialogue entre le passé, le présent et le futur», a-t-il déclaré. Et de dire aussi que les musées ne doivent plus se limiter à conserver des objets anciens, mais plutôt devenir des lieux d’échanges et de création. Il a plaidé pour une meilleure intégration des artistes, designers et artisans dans les espaces du Musée afin qu’ils s’inspirent du patrimoine pour créer des œuvres nouvelles. «Créer, c’est préserver une identité vivante», a-t-il insisté, soulignant que la créativité est aussi un levier économique et un facteur de développement.

Et de regretter que la modernisation et la mondialisation tendent à affaiblir les identités locales, faute de stratégies culturelles adaptées. «Nous devons créer pour être visibles dans le monde. Si nous ne produisons pas nos propres objets culturels, d’autres le feront à notre place», a-t-il martelé. L’ancien directeur du Musée national a également évoqué l’importance de la formation au design et à la valorisation artisanale, domaines capables de relier tradition et innovation. Pour lui, l’État et les institutions culturelles doivent encourager les créateurs à s’inspirer du patrimoine musical, textile ou architectural du Mali pour bâtir des produits culturels exportables et modernes.

À l’issue de son intervention, plusieurs participants ont pris la parole pour saluer la pertinence du message. Le professeur de lettres, Samba Niaré a notamment souligné que le patrimoine doit être perçu comme un objet de musée dynamique, qui parle du passé tout en projetant vers l’avenir.

Gaoussou TANGARA

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