En effet, bon nombre d’avocats ont demandé le renvoi de l’affaire afin de leur permettre de mieux examiner les dossiers avec leurs clients dans le respect du principe contradictoire. à cette requête, le ministère public et la partie civile ont opposé leur niet arguant que le tribunal a toujours été accessible, le procès équitable et que l’attitude des avocats s’apparente plutôt à une volonté de « nous dérouter de notre chemin ».
Dans une approche assimilable au partage de la poire en deux, le président de la chambre, Samba Tamboura, a demandé aux avocats de s'adresser, dorénavant, au chef du parquet du Pôle économique et financier pour d'éventuels besoins de document. En outre, il a ordonné la poursuite de l'audience et donné une suite favorable à la requête de l’avocat d’Aminata Doho, une autre coaccusée, de se retirer momentanément pour examiner le dossier de sa cliente avec celle-ci avant de revenir dans la salle. Par la suite, l’audience s’est poursuivie avec l’audition de Mahamane Touré.
Ancien chef d’état-major général des Armées, Mahamane Touré était ainsi à la barre pour être entendu sur l’affaire Paramount. Il répondait des accusations de « complicité » dans l’affaire relative à la conclusion du contrat d’achat d’équipements militaires, signé entre l’état du Mali et la société Paramount d’Afrique du Sud en 2015.
Face aux juges, le Général à la retraite a rappelé que sa fonction de chef d’état-major général des Armées s’étend du 22 novembre 2013 au 7 juillet 2016 tandis que le contrat incriminé a été signé en novembre 2015. Ainsi, si le septuagénaire admet que la période de sa fonction à la tête de l’état-major général des Armées, couvre la date de la signature du contrat, il a tenu à souligner que la conclusion de l’avenant relatif au même contrat est ultérieure à sa fonction. En outre, Mahamane Touré a déclaré « ne pas reconnaitre les faits qui lui sont reprochés».
Pour étayer ses propos, le mis en cause dira que les contrats de ce genre relèvent des compétences du ministère de la Défense et que lui était plutôt concentré sur les opérations des troupes sur le terrain. «à mon arrivée à l’état-major général, on m’a fait le point des opérations, mais pas celui des contrats. Personne de mon état-major n'a été associée, ni à l’élaboration encore moins à la conclusion de ce contrat», s’est-t-il défendu.
évoquant l’avenant qui aurait impacté le contrat initial de 4,23% du montant total, selon le Tribunal, Mahamane Touré a déclaré que celui-ci a été conclu un an après son départ de son poste. Un départ, selon lui, acté par sa démission « verbale » en présence de deux témoins que sont «le ministre de la Défense de l’époque (Tièman Hubert Coulibaly) et le chef d’état-major particulier du Président de la République» d’alors. à la question de savoir s’il n’a pas été inactif au regard des responsabilités qui lui incombaient, l’ex-chef d’état-major général des Armées a rétorqué qu’il s’est toujours «assumé» et qu’il n’a jamais été « inactif ».
Par la suite, le président de la chambre criminelle du Pôle économique et financier, Samba Tamboura, est revenu à la charge en demandant à l’accusé pourquoi il n’a pas au moins dénoncé des dysfonctionnements au sommet de la hiérarchie militaire. En réponse, l’ancien chef d’état-major général des Armées répliquera que son ministre de l’époque l'avait fait savoir « qu'il faisait de son mieux pour satisfaire les besoins».
Alassane Cissouma
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