Supplément culture, Nampé Sadio : Un engagement de principe

Une voix de stentor qui peut tenir en émerveillement le public le temps d’un concert ou d’un «sumu». Ce timbre vocal, c’est celui de Nampé Sadio, un artiste interprète des plus prolifiques de notre pays.

Publié vendredi 23 décembre 2022 à 07:41
Supplément culture, Nampé Sadio : Un engagement de principe

A son actif, trois albums et près d’une demi-douzaine de singles. Mieux, c’est aussi un artiste engagé qui porte les combats de la communauté, de la nation et défend aussi des principes qu’il juge sacro-saints comme le respect de l’identité et de la vie privée, la quête de paix et de réconciliation nationale.

Mais aussi l’unité nationale, le respect de la dignité et le libre arbitre pour un pays, qui plus est souverain, de décider avec qui s’engager dans un partenariat. L’artiste est un révolté contre l’injustice et l’abus.

Ce fils de Sadio Traoré, compositeur pluri instrumentiste, membre de l’orchestre Super Biton de Ségou, et de Adiaratou Diagne, une «jèlímuso» (griotte) originaire de Kayes et décédée en octobre dernier, s’est résolument inscrit dans la valorisation des instruments traditionnels comme la kora, le balafon, le ngoni.

Il récite chaque fois son solfège musical sur fond de ces instruments. C’est donc tout naturellement que Nampé Sadio s’initie très jeune aux chants et instruments avant de s’imposer à l’âge de 24 ans comme une tête de proue de la musique et des dignes représentants de la nouvelle génération de chanteurs maliens.

Apportant un nouveau souffle à la tradition malienne, Nampé Sadio n’hésite pas à explorer les horizons nouveaux d’une musique mandingue modernisée et à se bonifier de nombreuses collaborations.  Salif Keïta, le couple de non-voyants : Amadou et Mariam et d’autres artistes du hip-hop malien peuvent témoigner de cette envie qu’il nourrit toujours de s’enrichir du savoir-faire des autres (aînés et cadets compris).

Il faudra attendre l’année 2004 et la sortie de son single : «Maman» pour entendre son style, inspiré  de la musique mandingue et avec le même intérêt pour les instruments comme le n'goni, la calebasse, la kora, le balafon ou la guitare acoustique qui accompagnent toujours ses airs entonnés.

Réalisé avec le producteur-arrangeur, Olivier Kaba, et des artistes comme Djéli Moussa Kouyaté ou Samba Diabaté, «Maman» se vend à plus de 10.000 exemplaires dès sa parution au Mali.

Nampé Sadio est nommé révélation des Tamani (victoires de la musique malienne) au Festival de Ségou 2005). L’artiste a compris qu’il faut avoir constamment le cœur à l’ouvrage pour rester au sommet de son art, sortira en 2009 le disque «Tatounou»  qui parle de la crise économique, notamment de la conjoncture à nulle autre pareille avec les mots de la rue.  Celui-ci connaît un succès immédiat et l’installera durablement dans le milieu musical.   

Souvent entouré de Samba Diabaté (guitare, ngoni), Madou Diabaté (ngoni, tama), Vieux (basse), Adama Traoré (batterie) et Madou Diabaté (kora), Nampé Sadio interprète ses propres compositions ou des morceaux du répertoire traditionnel comme «Duga», «Sundiata» ou «Kaïra».

Parmi les nombreux projets de l’artiste, on peut citer une comédie musicale en préparation sur le roi Soundjata Keïta. Nampé Sadio déclare avoir envie de montrer une autre manière de présenter ce personnage comme jamais.

Quand on lui rappelle que de nombreuses créations et productions artistiques ont déjà été faites sur ce glorieux souverain du manding, il persiste et signe. Son équipe et lui ont épluché toute la documentation et les archives, consulté des traditionnalistes du Mandé qui ont enfin accepté de s’ouvrir sur la vie, le parcours et la fin de Soundjata. Il promet de sortir un texte plus original qui sera une sorte de synthèse de tout.

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Exposition : Abdou Ouologuem parle de l’âge d’or du Mali

Une exposition exceptionnelle de l’artiste plasticien-comédien, metteur en scène et collectionneur, Abdou Ouologuem, intitulée : «L’âge d’or du Mali» se tient, depuis la semaine dernière dans la salle polyvalente du Musée national..

Lire aussi : Biennale à Tombouctou : Le satisfécit du président de la délégation spéciale du conseil régional

Pour Issaka Nazoum, ce rendez-vous culturel a été une opportunité de montrer au monde qu’il y a une vie au Mali, particulièrement à Tombouctou qui demeure une destination sûre, contrairement aux informations véhiculées par certains médias.

Lire aussi : La Biennale de Tombouctou 2025 : Plus qu'une fête, un acte politique fort

Les lampions se sont éteints sur la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou lundi dernier sous la férule du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga. Mais d’ores et déjà, on peut affirmer, sans prendre de gants, que Tombouctou a vécu de sa belle vie tant la fête a .

Lire aussi : Dialogue et paix

Dans la cadre des activités de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, et sa collègue de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sal.

Lire aussi : Nioro et Gao : À hauteur d’attente

Les troupes qui participent à la Biennale artistique et culturelle administrent un bel exemple de vivre-ensemble depuis le début de la compétition..

Lire aussi : Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Bougouni sur la plus haute marche du podium

La région a remporte le premier prix. Les Régions de Dioïla et de Tombouctou complètent respectivement le tableau. L’orchestre de Kidal s’en sort avec le prix spécial du Président de la Transition. Bougouni organisera l’édition de 2027.

Les articles de l'auteur

Exposition : Abdou Ouologuem parle de l’âge d’or du Mali

Une exposition exceptionnelle de l’artiste plasticien-comédien, metteur en scène et collectionneur, Abdou Ouologuem, intitulée : «L’âge d’or du Mali» se tient, depuis la semaine dernière dans la salle polyvalente du Musée national..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 13 janvier 2026 à 09:41

La ville sainte dans l’esprit de la fête

Depuis son arrivée à Tombouctou, lundi dernier, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, enchaine inaugurations et visites chez les notabilités de la cité des 333 Saints..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 09:10

Biennale artistique et culturelle 2025 : Tombouctou accueille la plus grande manifestation culturelle

Le Chef du gouvernement, le Général de division Abdoulaye Maïga, a procédé hier à l’ouverture officielle de la rencontre qui regroupe les troupes des 19 régions et du District de Bamako.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 09:08

Biennale de Tombouctou : La chorégraphie de la cérémonie d’ouverture en construction

Depuis bientôt un mois, le maître chorégraphe, Karim Togola, assisté de deux professeurs de danse du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté, Abdoulaye Koné et Dramane Sidibé, sont à pied d’œuvre pour la construction du ballet de la cérémonie d’ouverture de la Biennale de Tombouctou..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 18 novembre 2025 à 11:43

Festival Rendez-vous chez nous : De beaux spectacles dans la rue

Si au départ le «Festival Rendez-vous chez nous» était concentré sur les masques et marionnettes, force est de constater que l’événement s’est beaucoup développé. De nos jours, il est devenu plus éclectique avec une programmation riche et variée, allant de la musique à la danse moderne..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 11 novembre 2025 à 08:19

Cinéma : Le 2è épisode de «Bini Bana» réaffirme la souveraineté des noirs

Au moins 300 élèves de l’École fondamentale Bleu et Blanc de Missala, à une vingtaine de kilomètre de Bamako, ont assisté, vendredi dernier, à l’avant-première du 2è épisode du film Bini Bana de Zaidou Coulibaly. Ce long métrage de 90 minutes est une ode à la libération totale du joug colonial..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 04 novembre 2025 à 14:01

Manuscrits anciens : L’ONG Savama-DCI montre sa contribution à l’année de la culture

La Sauvegarde et valorisation des manuscrits anciens pour la défense de la culture islamique (SAVAMA-DCI) est une ONG culturelle, qui a joué un rôle fondamental dans la préservation du patrimoine écrit au Mali. Dans le cadre de ses missions, elle a entrepris la construction de plusieurs bibliothèques dédiées à la conservation, protection et mise en valeur des manuscrits anciens..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 02 octobre 2025 à 13:23

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner