Le Mali d’hier, Mali-France : Des relations bien souvent tumultueuses

Le président de la République française, le général Charles De Gaule, fut le premier à recevoir en audience le tout nouveau président de la République du Soudan français, Modibo Keita. C’était le 3 septembre 1960 à Paris.

Publié jeudi 10 février 2022 à 07:08
Le Mali d’hier, Mali-France : Des relations bien souvent tumultueuses

L’éclatement de la Fédération du Mali, le 20 août 1960, qui permettait au Sénégal et au Soudan français, deux anciennes colonies françaises, d’accéder à l’indépendance, l’avenir de notre pays, sans accès à la mer, était sombre, selon de nombreux observateurs.

En effet, la fermeture de la ligne de chemin de fer Dakar-Niger qui ravitaillait le Soudan français en produits industriels et évacuait ses productions agricoles et minières vers les bateaux n’augurait rien de bon.

Très vite, toute l’équipe dirigeante du Soudan français se mit au travail pour trouver une solution.

Le président Modibo Keita se rendit en France le 3 septembre 1960 pour rencontrer le général De Gaulle afin de lui faire part de son mécontentement pour le rôle joué par son pays dans l’éclatement de la Fédération du Mali.

Il ne fut pas question de rupture avec la France mais bien de relations amicales, expliquait L’Essor dans son numéro hors série intitulé «Notre Mali» paru à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays.

Les échanges entre les deux hommes d’État se terminent par des propos aigres-doux. En effet, le général De Gaulle demande à Modibo Keita s’il entend continuer sur la voie du socialisme.

Le leader malien répond qu’il a fait l’option du non-alignement. «Regardez bien, c’est le vide entre nos deux fauteuils. Si vous choisissez le vide, vous risquez de vous retrouver les fesses par terre», lance le général De Gaulle. Et Modibo Keita de répliquer :«On verra bien».

«Finalement, la France ne déclare pas la guerre au Mali», écrit Séga Boubacar Diallo, ancien professeur d’histoire à l’Institut supérieur de formation et de recherche appliquée (ISFRA) dans la même parution.

«Mais on ne peut pas dire qu’il y a eu plus de peur que de mal. Car la puissance colonisatrice, bien décidée à faire payer à nos dirigeants leur soutien aux nationalistes algériens et leur choix pour le socialisme, utilisera les armes économiques pour étouffer le pays», explique l’historien Bakary Kamian.

Selon lui, l’enclavement du Mali facilite la tâche aux Français. Paris n’a qu’à claquer des doigts - c’est l’époque des réseaux Foccart - pour actionner les pays de l’Entente (Côte d’Ivoire, Haute-Volta, Niger, Bénin), emmenés par le leader ivoirien Félix Houphouët Boigny, un farouche opposant au projet panafricaniste.

«La route du Port de Dakar est une impasse depuis l’éclatement de la Fédération du Mali. D’ailleurs, de nombreuses voix viennent de réclamer, au cours du congrès extraordinaire de l’US-RDA, la fermeture de la frontière avec le voisin de l’ouest.

Il ne reste que la Guinée-Conakry qui a, elle aussi, coupé net le cordon ombilical avec la France en votant «Non» au référendum de 1958 sur la Communauté française.

Mais Conakry qui tente cahin-caha de se sortir des ornières creusées par les Français sur son chemin, ne peut être d’un secours efficace pour le Mali. Les Maliens décident de faire front», se souvient Bakary Kamian, pour qui «le patriotisme était le sentiment le mieux partagé. Tout le monde était prêt à faire des sacrifices».

Comme en 1960, aujourd’hui encore, les relations entre le Mali et l’ancienne puissance coloniale sont au point mort. Bamako accuse Paris d’ingérences dans ses affaires intérieures.

Plus grave : d’œuvrer pour la partition du Mali. Cependant, hier comme aujourd’hui, on ne parle pas de rupture. Comme pour paraphraser le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, il s’agit juste de «scènes de ménage au sein d’un couple et non d’un divorce».

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Communiqué du conseil des ministres du jeudi 25 juin 2026

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le jeudi 25 juin 2026, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Général d’Armée Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat..

Lire aussi : Projet de la boucle Nord 225 kv : Le CNT donne son quitus au financement partiel

Ce texte vise à répondre aux besoins énergétiques des populations de la capitale et des localités environnantes, tout en favorisant l’accès à l’électricité dans les zones non encore électrifiées.

Lire aussi : Nouvelles règles de fonctionnement du Cesec : Le CNT donne son quitus

Le Conseil national de Transition ( CNT) a adopté, ce jeudi 25 juin 2026 au Centre international de conférences de Bamako, le projet de loi organique fixant l'organisation, les règles de fonctionnement et de désignation des membres du Conseil économique, social, environnemental et culturel ( Ce.

Lire aussi : Missions diplomatiques et consulaires du Mali : Cinq nouveaux chargés de communication mis en route

Il s’agissait pour le gouvernement de formuler des conseils, des orientations et des attentes à l’endroit de ces professionnels de média.

Lire aussi : Transition : Alhamdou Ag Ilyène dresse le bilan des réalisations de son département

-.

Lire aussi : À l’heure du Mali : L’immatériel au service du Mali Kura

-.

Les articles de l'auteur

Moussa Bagayogo : le maître artisan donne une nouvelle dimension à l’indigo

Dans son atelier à Attbougou en Commune VI du District de Bamako, Moussa Bagayogo est très occupé à tester les couleurs ou les variantes du bleu sur différents morceaux de tissus en cotonnade..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 02 juin 2026 à 09:20

Sidy Diabaté : Le réalisateur du film "Da Monzon la conquête de Samagnana" tire sa révérence

La mort viient d'arracher à notre affection le réalisateur "Da Monzon la conquête de Samagnana", Sidy Fassara Diabaté. La nouvelle de son décès est tombée comme un couperet dans la nuit de lundi à mardi. Il avait fait valoir ses droits à la retraire en 2012 après de bons loyaux services rendus à la nation...

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 13 mai 2026 à 08:30

Information et Télécommunications : L’ancienne ministre Mme Gakou Fatou Niang n’est plus

C’est à travers le communiqué de presse du ministre de la Communication, de l’Économie numérique et de la Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Ilyène, que l’opinion nationale a été informé du rappel à Dieu de Mme Gakou Fatou Niang, ancienne ministre de l’Information et des Télécommunications..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 09 avril 2026 à 08:39

Musique : Youssou N’Dour donnera une autre image du Mali

Certainement une première à Bamako depuis le début de la crise. La star de la musique africaine, Youssou N’dour, animera un bal à l’hôtel de l’Amitié le 25 avril prochain..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mercredi 08 avril 2026 à 07:53

Patrimoine musical : Le Centre d’art Miéruba de Ségou propose «The Lost Maestras»

C’est une collection féminine qui met en lumière les cantatrices dont les talents et les œuvres ont été peu mis en valeur.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 03 avril 2026 à 08:35

Groupe Kôrè art et culture de Ségou : La nouvelle saison est lancée

L’ouverture des activités a été marquée par des conférences-débats, une prestation théâtrale et un grand concert dans la Cité des Balanzans.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 31 mars 2026 à 11:19

Journée mondiale de la marionnette : Le malien Yaya Coulibaly à l’honneur

Le marionnettiste malien, Yaya Coulibaly, est l’invité d’honneur de l’édition 2026 de la Journée mondiale de la marionnette. L’événement est organisé par l’Union internationale des marionnettes (UNIMA) et se poursuit jusqu’au 24 mars à Charles-ville-Mézières en France..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 24 mars 2026 à 08:57

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner