#Mali : Fête de la musique : Kôrè ingénierie réussit son pari

C’est le contraire qui aurait surpris les mélomanes, surtout avec la qualité des artistes invités et le savoir-faire organisationnel de cette entité de la Fondation festival sur le Niger

Publié jeudi 27 juin 2024 à 14:45
#Mali : Fête de la musique : Kôrè ingénierie réussit son pari

Le 21 juin est consacré Journée internationale de la musique par l’Organisation des Nations-unies pour l‘éducation, la science et la culture (Unesco). L’initiative fait consensus au regard de l’importance de la musique dans la culture. La Fondation Festival sur le Niger et sa nouvelle structure Kôrè ingénierie ont saisi cette opportunité pour organiser un concert dans la capitale du Balanzan

Rokia Koné, Amanar de Kidal, Delphine Mounkoro, Bifenix et les trois lauréats de l’édition 2023 du concours Kôrè hip-hop (Fresh K, Efferalgan et IMD) ont tenu en haleine le public de mélomanes, le week-end dernier.

 Il est utile de rappeler que la Fondation Festival sur le Niger est membre du Conseil international de la musique (CIM), le plus grand réseau mondial d’organisations et d’institutions œuvrant dans le domaine de la musique, fondé en 1949 par l’Unesco que certains estiment être la fille aînée de l’Organisation des Nations-unies (ONU) parce que son acte constitutif a été adopté en novembre 1945 au lendemain de la deuxième Guerre mondiale. Et cette même organisation a sorti de ses entrailles le CIM qui souffle cette année ses 75 bougies. Autrement dit, des années de plaidoyer pour réaliser l’accès de tous à la musique et la promotion des droits de la musique.

 Le directeur de la Fondation Festival sur le Niger, Mamou Daffé, explique ceci : «Depuis la création du Festival sur le Niger en 2005, nous œuvrons pour la promotion des droits de la musique, notamment pour l’accès de tous à la musique, ainsi que pour le droit des artistes de développer leur art et l’exprimer à travers les médias. Mais également pour le droit des artistes à obtenir une juste reconnaissance et rémunération équitable de leurs œuvres».

Pour la fête de la musique 2024, couplée à la célébration du 75è anniversaire du Conseil international de la musique, la Fondation Festival sur le Niger a donc réalisé à travers Kôrè ingénierie, un grand concert en live, le 22 juin dernier, avec des artistes symbolisant différentes aires culturelles du pays.  L’initiative participe de la promotion de la diversité culturelle, la paix et l’unité, thème de la 21è édition de Ségou’ art – Festival sur le Niger.

La participation du groupe Amanar à ce rendez-vous de la musique a permis d’apporter une autre touche particulière de la musique du Septentrion. Ce groupe de jeunes musiciens a été formé en 2005 à Kidal par Ahmed Ag Kaedi. Lui-même joue de la guitare solo et chante admirablement bien.

Le groupe Amanar entre dans la grande lignée des porteurs de la musique moderne touareg au Mali. Si cette musique est communément reconnue comme étant à la source du blues, celle d’Amanar s’inscrit dans la fusion entre la musique traditionnelle et actuelle, mais sans s‘écarter de l’esprit de la musique contemporaine de sa région natale (Kidal). Amanar joue une interprétation originale de la classique guitare Ishumar, qui oblige à se déplacer en incorporant les lamentations de la guitare solo et les rythmes frénétiques.

Les paroles d’Ahmed Ag Kaedi sont imprégnées d’une responsabilité pour les auditeurs, en particulier les jeunes. Ce sont des paroles conscientes qui renvoient à l’éducation, au développement et au respect de la tradition. À un moment où beaucoup d’artistes se tournent vers l’extérieur, Amanar rassemble la population de Kidal pour passer le message fédérateur, notamment sur le bien-fondé de l’unité et de la paix, mais aussi de l’intégrité du territoire national qui n’est pas négociable.

Pour lui, le Mali passe avant tout. Le groupe joue partout au Mali, de Kidal à Kayes, en passant par Tombouctou. Quant à Delphine Mounkoro, originaire de la Région de Ségou, elle commence la musique très jeune dans son village. Après avoir étudié au Centre national des arts en Côte d’Ivoire, elle fera partie du chœur de Cheick Tidiane Seck, un autre monstre de la musique malienne et internationale, avec lequel elle part régulièrement en tournée. Forte de ces expériences et de sa renommée grandissante, l’artiste décide d’entamer une carrière solo. L’année 2019 voit la sortie de son album “Cocody”, où elle s’est distinguée par un talent particulièrement impressionnant à travers une grande maîtrise scénique, une voix exceptionnelle et une orchestration mélodieuse.

Delphine Mounkoro chante dans un style tradi-moderne bwa, où les instruments contemporains côtoient joyeusement les instruments du terroir, notamment le balafon, qui prend une place prépondérante dans son œuvre musicale. Celle qu’on surnomme la Diva du Bwatun» semble être aussi prophète en son pays.

Si Rokia Koné a pris toute la lumière dans cette fête de la musique, les jeunes rappeurs ont aussi fait danser le public avec des sonorités assorties de textes intéressants.  En tout cas, la fête aura été belle. C’est le contraire qui aurait surpris.

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Exposition : Abdou Ouologuem parle de l’âge d’or du Mali

Une exposition exceptionnelle de l’artiste plasticien-comédien, metteur en scène et collectionneur, Abdou Ouologuem, intitulée : «L’âge d’or du Mali» se tient, depuis la semaine dernière dans la salle polyvalente du Musée national..

Lire aussi : Biennale à Tombouctou : Le satisfécit du président de la délégation spéciale du conseil régional

Pour Issaka Nazoum, ce rendez-vous culturel a été une opportunité de montrer au monde qu’il y a une vie au Mali, particulièrement à Tombouctou qui demeure une destination sûre, contrairement aux informations véhiculées par certains médias.

Lire aussi : La Biennale de Tombouctou 2025 : Plus qu'une fête, un acte politique fort

Les lampions se sont éteints sur la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou lundi dernier sous la férule du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga. Mais d’ores et déjà, on peut affirmer, sans prendre de gants, que Tombouctou a vécu de sa belle vie tant la fête a .

Lire aussi : Dialogue et paix

Dans la cadre des activités de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, et sa collègue de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sal.

Lire aussi : Nioro et Gao : À hauteur d’attente

Les troupes qui participent à la Biennale artistique et culturelle administrent un bel exemple de vivre-ensemble depuis le début de la compétition..

Lire aussi : Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Bougouni sur la plus haute marche du podium

La région a remporte le premier prix. Les Régions de Dioïla et de Tombouctou complètent respectivement le tableau. L’orchestre de Kidal s’en sort avec le prix spécial du Président de la Transition. Bougouni organisera l’édition de 2027.

Les articles de l'auteur

Exposition : Abdou Ouologuem parle de l’âge d’or du Mali

Une exposition exceptionnelle de l’artiste plasticien-comédien, metteur en scène et collectionneur, Abdou Ouologuem, intitulée : «L’âge d’or du Mali» se tient, depuis la semaine dernière dans la salle polyvalente du Musée national..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 13 janvier 2026 à 09:41

La ville sainte dans l’esprit de la fête

Depuis son arrivée à Tombouctou, lundi dernier, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, enchaine inaugurations et visites chez les notabilités de la cité des 333 Saints..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 09:10

Biennale artistique et culturelle 2025 : Tombouctou accueille la plus grande manifestation culturelle

Le Chef du gouvernement, le Général de division Abdoulaye Maïga, a procédé hier à l’ouverture officielle de la rencontre qui regroupe les troupes des 19 régions et du District de Bamako.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 09:08

Biennale de Tombouctou : La chorégraphie de la cérémonie d’ouverture en construction

Depuis bientôt un mois, le maître chorégraphe, Karim Togola, assisté de deux professeurs de danse du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté, Abdoulaye Koné et Dramane Sidibé, sont à pied d’œuvre pour la construction du ballet de la cérémonie d’ouverture de la Biennale de Tombouctou..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 18 novembre 2025 à 11:43

Festival Rendez-vous chez nous : De beaux spectacles dans la rue

Si au départ le «Festival Rendez-vous chez nous» était concentré sur les masques et marionnettes, force est de constater que l’événement s’est beaucoup développé. De nos jours, il est devenu plus éclectique avec une programmation riche et variée, allant de la musique à la danse moderne..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 11 novembre 2025 à 08:19

Cinéma : Le 2è épisode de «Bini Bana» réaffirme la souveraineté des noirs

Au moins 300 élèves de l’École fondamentale Bleu et Blanc de Missala, à une vingtaine de kilomètre de Bamako, ont assisté, vendredi dernier, à l’avant-première du 2è épisode du film Bini Bana de Zaidou Coulibaly. Ce long métrage de 90 minutes est une ode à la libération totale du joug colonial..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 04 novembre 2025 à 14:01

Manuscrits anciens : L’ONG Savama-DCI montre sa contribution à l’année de la culture

La Sauvegarde et valorisation des manuscrits anciens pour la défense de la culture islamique (SAVAMA-DCI) est une ONG culturelle, qui a joué un rôle fondamental dans la préservation du patrimoine écrit au Mali. Dans le cadre de ses missions, elle a entrepris la construction de plusieurs bibliothèques dédiées à la conservation, protection et mise en valeur des manuscrits anciens..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 02 octobre 2025 à 13:23

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner