Les habitants des deux localités frontalières entre le Mali et le Sénégal sont plongés dans une situation d’incertitude. Les échanges
commerciaux ont du plomb dans l’aile
Ce vendredi 14 janvier 2022, deux voyageurs prennent la direction de Diboli, une localité frontalière du Sénégal. À l’aller comme au retour, on avait l’impression que c’était une journée de repos. On pouvait parcourir tout le trajet, en ne rencontrant qu’une quarantaine ou une cinquantaine de gros porteurs (camions remorques, camions citernes). Il y a moins d’embouteillage sur la voie, signe d’une baisse de trafic occasionnée par les sanctions prises le 9 janvier 2022 à Accra par la Cedeao et l’Uemoa.
Située à 80 km de Kayes, la petite ville de Diboli, tout comme sa voisine Kidira du Sénégal, a du mal à supporter le choc causé par ces sanctions. Surtout que les riverains du fleuve «La Falémé» qui sert de frontière naturelle entre Diboli et Kidira n’avaient pas bien compris le contenu du communiqué qui annonçait lesdites sanctions. Bon nombre pensaient qu’il s’agissait d’un embargo comme c’était le cas en mars 2012 après le coup d’État contre le président, Amadou Toumani Touré.
Les autorités des deux postes frontaliers, après avoir compris la teneur dudit communiqué, ont vite fait un grand pas en arrière, en levant les mesures d’interdiction pour certains produits, permettant ainsi aux gros porteurs (camions-remorques, citernes) de franchir la frontière afin de poursuivre leur trajet soit au Sénégal soit dans notre pays. «Lundi (10 janvier), plus de 400 camions étaient bloqués à la frontière. Durant les 12 et 13 janvier derniers, on a évacué plus de 200 camions contenant les hydrocarbures et les denrées de première nécessité», se souvient le secrétaire général du Syndicat des transporteurs de Diboli.
«On a eu beaucoup de difficultés après la fermeture des frontières. Diboli est considérée comme une ville résidentielle et Kidira un centre commercial. On s’approvisionne dans cette localité. On ne peut pas vivre sans eux (les habitants de Kidira) et vice-versa. Ces sanctions constituent une perte, notamment pour nos deux villes», déplore Madou Daou, président du Conseil communal de la Falémé.
Selon lui, ces sanctions sont inacceptables pour ces deux villes, surtout que beaucoup de Maliens ont leurs boutiques à Kidira. Notre équipe de reportage a vu des passagers et d’autres habitants en train de traverser le pont, distant d’environ 200 mètres, à pied avec leurs sacs de voyage, sous un temps moins ensoleillé. Les véhicules sont tous garés au niveau des postes de contrôle de chaque pays.
Du côté de la SONEF de Kayes, un agent nous a fait savoir que leurs cars déposent les clients à Diboli. Ces derniers doivent se rendre de l’autre côté du fleuve où les cars des Sénégalais les attendent. Il en est de même pour les voyageurs à destination du Mali.
«Les deux pays ont été confrontés à beaucoup de difficultés par rapport au transport des marchandises. Quand il y a fluidité, cela profite beaucoup aux deux pays. L’utilisation du Port de Dakar apporte 600 milliards de recettes par an au Mali. Nous avons besoin des produits de l’extérieur (ciment, fer, véhicules, aliments…), et le Sénégal a également besoin de nos produits (mil, petit mil, sorgho, arachide, viande et bétail, produits fruitiers et de cueillette…).
Ces sanctions sont perçues comme un embargo qui frappe toute la région. Car, le Mali se sert d’autres ports en Guinée, en Côte d’Ivoire, au Togo et au Ghana», a expliqué Madou Coulibaly, secrétaire général du Syndicat des transporteurs de Diboli.
Les sanctions de la Cedeao et de l’Uemoa sont durement ressenties par des chauffeurs et les compagnies de transport. Les chauffeurs sont obligés de payer les frais de stationnement de leurs véhicules, en attendant la levée des sanctions ou le règlement des formalités au niveau de la douane. Même son de cloche pour les transitaires qui payent 50.000 voire 100.000 Fcfa comme frais de stockage de leurs marchandises.
Par ailleurs, les transitaires et les agents des compagnies routières ont souvent des difficultés à faire face aux dépenses familiales à cause du chômage technique. D’autres ont même confié leurs véhicules stationnés à leurs apprentis afin de retourner au bercail pour s’occuper de leurs familles et mener d’autres activités afin d’éviter l’oisiveté.
Même son de cloche pour les chargeurs qui souhaitent une synergie d’actions entre les opérateurs économiques, la douane et les autres services financiers et de sécurité pour la mise en valeur des axes routiers reliant notre pays à d’autres pays ayant des débouchés sur la mer. En dépit de ces couacs, Madou Coulibaly se veut optimiste et mise sur l’entraide et la solidarité internationale dans une région où les peuples sont liés par l’histoire et la géographie.
Dans la ville de Kayes, notre équipe de reportage s’est rendue aussi dans une autogare où les gens empruntent des véhicules 4X4 pour se rendre dans la ville mauritanienne de Sélibaby via Aourou. Ici, on aperçoit quelques passagers assis sur des nattes placées devant un magasin, dans l’attente d’un véhicule. Côté nord, on y aperçoit un groupe de chauffeurs, d’apprentis et coxers guettant l’arrivée des passagers.
«Ici, on ne sent pas du tout l’impact des sanctions sur le trafic. Nous avons deux à trois Land Cruiser qui assurent la liaison entre nos deux pays. Nous transportons des produits comme l’huile, la pomme de terre, l’orange, la mandarine en provenance du Maroc ou du Mali, la pomme de terre, la patate. Nous voulons seulement le bitumage de l’axe Kayes-Nouakchott.
La route qui ressemble à une piste rurale est très fréquentée par des voyageurs de la sous-région ouest-africaine, dont les Nigériens», soutient Cheick Tidiane Ba de TKS (Transport Kayes Sélibaby). Il souhaite que l’État mette l’accent sur la création des unités industrielles de production et de transformation.
Tous nos interlocuteurs déplorent ces sanctions et invitent l’État à négocier avec la Cedeao et l’Uemoa en vue de trouver une solution durable à la crise, gage de stabilité dans la région.
Bandé Moussa SISSOKO / AMAP - Kayes
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