Afo Nabo : Le bozo qui chante en foulfouldé

L’artiste ne souffre d’aucun complexe de comparaison avec des grands de la musique peule dans notre pays. Il explique même à qui veut l’entendre être l’un des meilleurs dans ce domaine

Publié vendredi 25 août 2023 à 06:05
Afo Nabo : Le bozo qui chante en foulfouldé

C’est un jeune homme à la voix fine avec un corps d’athlète de course de fond, tant il est frêle. D’un abord agréable, Afo Nabo, puisque c’est de lui qu’il s’agit est un artiste talentueux. Il illumine de son sourire tout entretien avec n’importe quel interlocuteur.

Sur scène, il charme son public avec des mots qui flattent l’orgueil des Maliens en général, des peuls en particulier. L’artiste lui-même se définit comme «l’un des plus grands chanteurs, sinon le plus célèbre des chanteurs peuls du Mali». Afo Nabo, nous a rendu visite à la rédaction de L’Essor, cette semaine.

Il a deux albums à son actif et a déjà sillonné une bonne partie du territoire national. Il a assuré des concerts et autres festivals dans trois pays de la sous-région, notamment au Burkina, au Sénégal et en Côte d’Ivoire. Il est bien connu du milieu de la musique puisque depuis une dizaine d’années, il réalise régulièrement à Bamako des prestations individuelles, soit en accompagnant d’autres groupes de musique.

L’artiste a une histoire singulière. D’abord, il convient de lever une équivoque. Afo Nabo est un bozo bon teint, mais il commence par expliquer que le nom Nabo est un patronyme originel bozo qui, par lapsus calami des Blancs de l’administration coloniale, est devenu Napho. Certainement que la prononciation de ce nom de famille a été mal comprise au moment de l’enregistrement.

Comment un bozo devient-il un chanteur peul ? Pour lui, cela est très facile à comprendre. Il est né en 1980 à Douentza, dans le fiel chez les peuls. Il apprend la langue et y acquière de la culture peule. Paradoxalement, il entonne ses premiers airs avec une reprise du célèbre morceau : «Kankélé tiguiya» de Djénéba Seck.

«À 15 ans, j’adorai tellement cette chanson que je passais tout mon temps à le fredonner au marché de Douentza. Des adultes qui prenaient du plaisir à m’écouter me donnaient de l’argent», ajoute l’artiste. Qui se fera réprimander plusieurs fois par ses parents qui ne voyaient pas d’un bon œil l’option de la musique. Nobles, ceux-ci ont du mal à accepter que leur fils chante.

Le jeune chanteur explique sans ambages et même crûment qu’il a embrassé la musique grâce à Djénéba Seck et Nanou Koul, une autre cantatrice malienne. Il cherche rapidement à prendre contact avec la première dès son arrivée à Bamako. Il y parvient à la convaincre de l’accepter dans son groupe comme choriste. Il avoue qu’en réalité, c’est cette chanteuse qui lui a filé beaucoup de ficelles du métier.

«Elle me conseille régulièrement sur ma façon de chanter et de me tenir sur scène». Même étant en déplacement hors du pays, elle accepte de discuter avec moi au téléphone. Toute chose qui m’aide énormément dans mon apprentissage. C’est pratiquement un autodidacte de la chanson qui commence à monter.

Avant d’aller pour les festivals de Dori au Burkina et de Tumbundè à Dakar (Sénégal), en 2013, Afo a mis sur le marché son premier album intitulé : «Afo Anawara» qui veut dire en peul Afo arrive. Il comporte hui titres dont le morceau éponyme, Baara ou Oumin N’golè ; N’dahreèn et Saara. Le clip du premier titre tourne beaucoup sur les antennes des télévisions maliennes et lui a permis d’être invité dans des émissions comme Top étoiles de l’Ortm et «Africa show» de Africable.

«Hono Yègnèrè wala» est le titre de son deuxième album dans lequel, l’artiste prône l’amour et l’unité. Il demande aux peuls de s’unir et de s’aimer parce pour lui, le développement de la communauté passe par là.

Youssouf DOUMBIA

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