12è édition du Masa : Le défi de l’industrialisation des arts

Les spectateurs ont pris d’assaut la place réservée au Masa

Publié mardi 08 mars 2022 à 07:19
12è édition du Masa : Le défi de l’industrialisation des arts

Les autorités du pays d’accueil de cette manifestation entendent mettre la culture au cœur du développement économique du continent africain, afin de créer plus d’emplois pour les jeunes

Depuis plus d’une semaine, le monde des artistes n’a d’yeux que pour le Marché des arts du spectacle d’Abidjan (Masa), dont le thème de cette année est : «Les industries culturelles et créatives : le défi des contenus».

La cérémonie d’ouverture de cette grande manifestation culturelle africaine s’est déroulée, samedi dernier sur l’esplanade du Palais de la culture d’Abidjan, situé au bord de la Lagune Ebrié dans la Commune de Treichville.


De milliers d’Abidjanais se sont dirigés vers le lieu du spectacle. La direction du Masa avait mis les petits plats dans les grands pour assurer la réussite de l’événement. En effet, deux scènes et trois écrans ont été installés afin de rendre plus fluide l’enchaînement des discours et des spectacles et permettre aux spectateurs de voir ce qui se passe sur chacune des scènes à partir de leurs différentes positions.

C’est aux environs de 19 heures que le Premier ministre de la Côte d’Ivoire, Patrick Hachi, a été accueilli par la ministre d’état, ministre des Affaires étrangères, Kandia Camara, sa collègue de la Culture et de l’Industrie des arts et du Spectacle, Mme Harlette Badou Nguessan Kouamé, le directeur général du Masa, Patrick Hervé Yapi.

Le Premier ministre a salué les autorités coutumières qui ont sacrifié à la tradition de libation (action de répandre du vin ou autre liquide en l’honneur d’une divinité) afin que les ancêtres de leur terre veillent au bon déroulement de la manifestation


Les cinq discours prononcés ont alterné avec des prestations artistiques. «La Côte d’Ivoire veut rester à l’avant-garde de la promotion des arts et de la culture du continent africain», a expliqué le Premier ministre.

Selon lui, le président Alassane Ouattara entend amener la culture à jouer son rôle dans l’essor économique du continent, en boostant à travers le MASA l’industrie culturelle. C’est à ce prix, a insisté Patrick Hachi, qu’une grande partie de la jeunesse du continent pourrait se créer des emplois. Cette action en faveur de l’industrie culturelle passera notamment par la valorisation du riche patrimoine culturel africain.


Quant à la ministre en charge de la Culture, elle a indiqué que le Masa est un espace de rencontres, d’échanges et de partage d’expériences. Ce rendez-vous, désormais incontournable dans l’agenda culturel de son pays, s’est bonifié au fil des ans pour devenir un lieu de retrouvailles des acteurs du monde culturel. «L’édition 2022 doit mettre en exergue l’ambitieux programme du président Ouattara.

Celui de faire de la culture, l’un des piliers du développement économique de la Côte d’Ivoire », a relevé Mme Harlette Badou Nguessan Kouamé, ajoutant que le thème de cette année est un appel à la qualité des productions, à la professionnalisation des métiers des arts et à une invitation à nourrir «notre imaginaire du patrimoine culturel ivoirien et africain».


Pour sa part, Patrick Hervé Yapi s’est appesanti sur la nécessité pour le continent de créer une véritable industrie culturelle. Pour lui, les nouvelles pratiques culturelles, qu’il s’agisse de musique, théâtre, danse humour, cirque, marionnette et slam, entre autres, doivent être de nature à ouvrir des champs de débat constructifs en vue de produire des méthodes industrielles pour la valoriser.

La thématique retenue cette année prévoit de mener une industrie culturelle coordonnée pour promouvoir la création et l’innovation. Et le directeur du Masa d’expliquer :  «il s’agit en particulier d’accompagner les artistes nationaux et internationaux avec une formation professionnelle et surtout de qualité en vue de les vendre et de leur permettre de relever les défis dans le domaine de l’intelligence artificielle ou les nouvelles technologies de l’information. Telle est la vision du Masa».

Patrick Hervé Yapi a tenu à rappeler les objectifs du Masa que sont le soutien à la création et à la production de spectacles de qualité, la facilitation de la circulation des créateurs et de leurs productions en Afrique et dans le monde, la formation des artistes et des opérateurs de la chaîne de production des spectacles et enfin le développement du secteur des arts de la scène.

Parmi les prestations scéniques, il faut surtout retenir celles du vieux Bayi Spinto qui a repris un de ses vieux tubes des années 70. S’il a été très applaudi par le public, constitué majoritairement de jeunes, le grand artiste a surtout réveillé des souvenirs chez nombre d’anciens.

Le célèbre groupe Magic Système a aussi enflammé le podium. Les trois chanteurs de ce groupe qui ont entonné quatre titres pendant près d’une demie heure, ont fait danser leurs inconditionnels admirateurs. Ceux-ci reprenaient en chœur les refrains de leurs chansons.


Envoyé spécial
Youssouf DOUMBIA

Youssouf DOUMBIA

Lire aussi : Exposition : Abdou Ouologuem parle de l’âge d’or du Mali

Une exposition exceptionnelle de l’artiste plasticien-comédien, metteur en scène et collectionneur, Abdou Ouologuem, intitulée : «L’âge d’or du Mali» se tient, depuis la semaine dernière dans la salle polyvalente du Musée national..

Lire aussi : Biennale à Tombouctou : Le satisfécit du président de la délégation spéciale du conseil régional

Pour Issaka Nazoum, ce rendez-vous culturel a été une opportunité de montrer au monde qu’il y a une vie au Mali, particulièrement à Tombouctou qui demeure une destination sûre, contrairement aux informations véhiculées par certains médias.

Lire aussi : La Biennale de Tombouctou 2025 : Plus qu'une fête, un acte politique fort

Les lampions se sont éteints sur la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou lundi dernier sous la férule du Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga. Mais d’ores et déjà, on peut affirmer, sans prendre de gants, que Tombouctou a vécu de sa belle vie tant la fête a .

Lire aussi : Dialogue et paix

Dans la cadre des activités de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, et sa collègue de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Oumou Sal.

Lire aussi : Nioro et Gao : À hauteur d’attente

Les troupes qui participent à la Biennale artistique et culturelle administrent un bel exemple de vivre-ensemble depuis le début de la compétition..

Lire aussi : Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Bougouni sur la plus haute marche du podium

La région a remporte le premier prix. Les Régions de Dioïla et de Tombouctou complètent respectivement le tableau. L’orchestre de Kidal s’en sort avec le prix spécial du Président de la Transition. Bougouni organisera l’édition de 2027.

Les articles de l'auteur

Exposition : Abdou Ouologuem parle de l’âge d’or du Mali

Une exposition exceptionnelle de l’artiste plasticien-comédien, metteur en scène et collectionneur, Abdou Ouologuem, intitulée : «L’âge d’or du Mali» se tient, depuis la semaine dernière dans la salle polyvalente du Musée national..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 13 janvier 2026 à 09:41

La ville sainte dans l’esprit de la fête

Depuis son arrivée à Tombouctou, lundi dernier, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, enchaine inaugurations et visites chez les notabilités de la cité des 333 Saints..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 09:10

Biennale artistique et culturelle 2025 : Tombouctou accueille la plus grande manifestation culturelle

Le Chef du gouvernement, le Général de division Abdoulaye Maïga, a procédé hier à l’ouverture officielle de la rencontre qui regroupe les troupes des 19 régions et du District de Bamako.

Par Youssouf DOUMBIA


Publié vendredi 19 décembre 2025 à 09:08

Biennale de Tombouctou : La chorégraphie de la cérémonie d’ouverture en construction

Depuis bientôt un mois, le maître chorégraphe, Karim Togola, assisté de deux professeurs de danse du Conservatoire des arts et métiers multimédia Balla Fasséké Kouyaté, Abdoulaye Koné et Dramane Sidibé, sont à pied d’œuvre pour la construction du ballet de la cérémonie d’ouverture de la Biennale de Tombouctou..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 18 novembre 2025 à 11:43

Festival Rendez-vous chez nous : De beaux spectacles dans la rue

Si au départ le «Festival Rendez-vous chez nous» était concentré sur les masques et marionnettes, force est de constater que l’événement s’est beaucoup développé. De nos jours, il est devenu plus éclectique avec une programmation riche et variée, allant de la musique à la danse moderne..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 11 novembre 2025 à 08:19

Cinéma : Le 2è épisode de «Bini Bana» réaffirme la souveraineté des noirs

Au moins 300 élèves de l’École fondamentale Bleu et Blanc de Missala, à une vingtaine de kilomètre de Bamako, ont assisté, vendredi dernier, à l’avant-première du 2è épisode du film Bini Bana de Zaidou Coulibaly. Ce long métrage de 90 minutes est une ode à la libération totale du joug colonial..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié mardi 04 novembre 2025 à 14:01

Manuscrits anciens : L’ONG Savama-DCI montre sa contribution à l’année de la culture

La Sauvegarde et valorisation des manuscrits anciens pour la défense de la culture islamique (SAVAMA-DCI) est une ONG culturelle, qui a joué un rôle fondamental dans la préservation du patrimoine écrit au Mali. Dans le cadre de ses missions, elle a entrepris la construction de plusieurs bibliothèques dédiées à la conservation, protection et mise en valeur des manuscrits anciens..

Par Youssouf DOUMBIA


Publié jeudi 02 octobre 2025 à 13:23

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner