Le long métrage historique «Da Monzon, la conquête de Samagnana» est un film qui a remporté des succès au Mali et ailleurs à travers lors des festivals. En 2009, lors de la sortie de ce film, le réalisateur témoignait ceci : «C’est une occasion, de présenter une meilleure version de notre histoire.» Il s'agissait pour lui et son équipe de mettre en exergue toute l'administration et l'organisation sociale que le roi de Ségou, Da Monzon, a eu à mettre en place au 19è siècle à Ségou.
À cette époque , il régnait une sorte d'anarchie à la fin de l'Empire Songhoï en 1591. Pour imposer un royaume fort, il fallait avoir de grandes qualités de dirigeant. Ce réalisateu et, comédien était un véritable chef d’orchestre du cinéma malien. Il a participé à plusieurs aventures cinématographiques du pays, en collaborant avec des figures majeures, notamment Djibril Kouyaté, Souleymane Cissé, Kadiatou Konaté, Ladji Diakite, André Diarra, Adama Drabo, Abdoulaye Ascofaré, Boubacar Sidibé, Salif Traoré, Ibrahim Touré et Cheick Oumar Cissoko.
Son œuvre témoigne d’une profonde exigence artistique et d’un engagement constant pour un cinéma authentique, enraciné dans les réalités africaines. Né en 1950 à Oussoubidiagna dans le Cercle de Bafoulabé (Kayes), il aura consacré sa vie à l’enseignement, à la transmission du savoir et à la valorisation de l’identité malienne à travers l’image. Après des études fondamentales à Mahina et Tombouctou, puis secondaires au lycée Askia, il entre àl’Ecole normale supérieure (ENSUP), option histoire-géographie. Il embrasse d’abord la carrière d’enseignant avant d’intégrer, en 1979, le Centre national de production cinématographique.
En 1980, il fut présélectionné par le ministère de l'Iinformation d'alors à l’issue d’un concours de recrutement de jeunes cinéastes et mis à la disposition du Centre national de production cinématographique du Mali (CNPC), actuellement le Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM). La disparition du cinéaste Diabaté sonne comme une immense perte pour le cinéma malien et africain. Aujourd’hui, c’est tout un pan du patrimoine cinématographique malien qui s’éteint, laissant derrière lui un héritage immense, témoigne le réalisateur Boubacar Sidibé.
Durant plus de trois décennies, Sidy Fassara Diabaté a été à la fois technicien, réalisateur, gestionnaire, chef d’équipe et visionnaire.
Son long métrage historique « Da Monzon, la conquête de Samagnana », demeure une référence incontournable. Présenté au Fespaco de Ouagadougou en 2011, ce film fut récompensé par le premier prix du long métrage de l’Uemia ainsi que par le prix du meilleur décor. Une consécration pour cet homme discret dont le talent n’avait d’égal que son humilité.
Il aimait rappeler souvent que le cinéma exigeait créativité, rigueur et persévérance : «Tant qu’on aime quelque chose, il faut se dire qu’on peutnle faire».
Youssouf DOUMBIA
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