Politique industrielle du Mali : Les jalons de la refondation

Au fil des visites à l’allure de séance de travail qu’il effectue dans nos unités industrielles depuis son arrivée, le ministre de l’Industrie et du Commerce dévoile peu à peu le contenu qu’il entend donner à sa «refondation de la Politique industrielle du Mali».

Publié mardi 25 juillet 2023 à 05:20
Politique industrielle du Mali : Les jalons de la refondation

À chaque étape, le ministre Diallo et sa délégation ont eu des échanges avec les responsables des entreprises visitées

 

 Elle «consiste à se donner les moyens d’accompagner, de promouvoir et de développer les industries qui auront en charge d’assurer la transformation des produits locaux», a révélé Moussa Alassane Diallo. Il intervenait jeudi dernier dans le Cercle de Kati au terme d’une série de visites effectuées dans trois usines. Il s’agit de la Société des brasseries du Mali (Sobram-Sa), la société Agro bétail Mali (ABM), toutes deux implantées dans la Commune de Baguinéda et de la Société nouvelle alimentation (Sonalim-Sa) sise à Mountougoula.

Ces visites sont la suite de ses prises de contact avec les opérateurs industriels. Le but étant d’échanger sur les problématiques et perspectives de leurs activités, et partager avec eux sa vision concernant la refondation de la Politique industrielle du Mali. Objectif : assurer la couverture de la demande nationale en produits finis fabriqués localement. «Il faudra que les Maliens nourrissent les Maliens.


Cela ne peut se faire qu’à travers la valorisation de la production locale dans toutes nos localités», a précisé le visiteur. Qui invite les industriels à conjuguer leurs efforts avec le gouvernement pour assurer «la souveraineté économique du Mali». Pour y arriver, il est prévu de bâtir une stratégie et des politiques qui vont non seulement contribuer à protéger les industries existantes mais aussi et surtout favoriser la promotion et la création d’autres usines.


Cela dans le cadre d’une démarche inclusive et participative. «C’est tout cela qui est en train de se construire. Il va se faire dans le cadre d’une large concertation avec les acteurs industriels sur le terrain, mais aussi après une révision d’un certain nombre de politiques publiques. Toute chose qui nous permettra de véritablement prendre en charge ces stratégies et d’élaborer un plan d’actions qui sera notre feuille de route pour les mois à venir», a-t-il assuré.

Tel est, à son avis, le sens et la symbolique de ces visites de prise de contact. À chaque étape, le ministre Diallo et sa délégation échangent avec les responsables des unités de transformation sur les difficultés et les opportunités. Au cours de ces échanges, il a été également question de la refondation de la politique industrielle du Mali. Les opportunités de collaboration et de développement de partenariat mutuellement avantageux entre le gouvernement et le secteur privé sont discutées. Des pistes de solutions visant à propulser l’industrie malienne vers de nouveaux horizons prometteurs, sont mêmes esquissées.

À la Société des brasseries du Mali (Sobram-SA), créée en 1913 avec la gamme de produits «Dakan», les difficultés se rapportent, entre autres, à la concurrence déloyale et au problème d’électricité. «L’électricité nous pose d’énormes problèmes, non seulement sur nos machines, mais aussi sur la production. Par exemple, en pleine production de tomate, s’il y a une coupure, le temps que le générateur ne prenne le relais, vous êtes obligé de jeter tout ce qui est dans le circuit et tout cela vient gonfler nos coûts de production», a déploré le directeur général de cette entreprise située à Sadjouroubougou, sur la route de Ségou, Abdoulaye Djiré. Spécialisée dans la production de boissons gazeuses et sucrées, de jus de fruits, de boissons alcoolisées, de purées de fruits et d’eau minérale, la Sobram emploie 135 personnes.

Quant à la société Agro bétail Mali (ABM), elle doit commencer ses activités le mois prochain. Spécialisée dans la production d’aliments bétails, volailles et les concentrés, elle aura une capacité théorique de production de 300 tonnes par jour. Cette société fabrique des aliments pour dindes, pintades, canards, poissons, autruches à la demande. Le montant total de ses investissements s’élève à environ 4 milliards de Fcfa. L’entreprise va créer 150 emplois directs repartis entre 100 permanents et 50 journaliers dont 20 à 30 femmes.

Cette tournée a pris fin à la Société nouvelle alimentation (Sonalim-Sa). Cette unité de production de pâtes alimentaires a commencé ses activités en mai 2016. Les investissements réalisés s’élèvent à 12 milliards de Fcfa. Quant à la capacité de production, elle est estimée à 20.000 tonnes de pâtes par an. L’usine emploie environ 300 personnes. La concurrence déloyale est l’une de ses principales difficultés, selon le président de son conseil d’administration.


«On souffre beaucoup de la concurrence déloyale des produits importés. Donc, nous demandons fortement l’appui de l’État pour assainir le secteur», a plaidé Hamadaou Sylla.

En réponse à ces problèmes exposés, le ministre de l’Industrie et du Commerce a promis que son département va se pencher sur ces préoccupations à la faveur d’une réunion avec l’ensemble des directeurs des usines visitées.

Amadou GUEGUERE

Lire aussi : Disponibilité des hydrocarbures à Bamako : L’embellie se poursuit

Ah oui ! Tout indique, ce matin du mercredi 26 novembre 2025, que la situation s’est améliorée concernant l’approvisionnement en carburant dans la ville de Bamako. La circulation reprend son rythme habituel. Les embouteillages aussi..

Lire aussi : Marchandises maliennes bloquées à Dakar : Trois mois de répit accordés aux opérateurs

Le président du Conseil malien des chargeurs (CMC), Kissima dit Bakissima Sylla, a annoncé ce mercredi 26 novembre que des dérogations exceptionnelles ont été accordées aux marchandises maliennes bloquées au port de Dakar..

Lire aussi : Hamadou Fall Dianka, DG des Impôts : «Le montant des recettes électroniques a atteint 300 milliards de Fcfa en 2024»

Dans cet entretien exclusif, le directeur général des Impôts évoque, entre autres, les étapes franchies en termes de transformation numérique de ses services, les avantages concrets pour les citoyens et les entreprises, les défis rencontrés et les innovations à venir pour consolider cette d.

Lire aussi : Disponibilité du carburant à Bamako : Normalisation au niveau des transports en commun

Avec la pénurie de carburant, plusieurs véhicules de transport en commun avaient disparu de la circulation dans la capitale. Ils refont surface aujourd’hui avec la disponibilité du précieux liquide dans certaines stations-services. Et cela grâce aux efforts des autorités et des importateurs .

Lire aussi : Gestion de la crise des hydrocarbures : L’urgence de venir en aide aux régions affectées

La réunion du Comité interministériel de gestion des crises et catastrophes, tenue hier à la Primature sous la présidence du Premier ministre Abdoulaye Maïga, a aussi salué les effets immédiats du protocole d’accord ayant permis d’accélérer le dédouanement des camions citernes. Cepend.

Lire aussi : Dédouanement rapide des hydrocarbures : Sur 114 citernes, 110 sont sorties en moins de 24 heures

Un protocole d’accord a été signé vendredi dernier entre le gouvernement et les groupements des pétroliers pour accélérer les procédures de dédouanement des citernes d’hydrocarbures. Le ministre du Commerce et de l’industrie, Moussa Alassane Diallo, a pu constater l’effectivité sur .

Les articles de l'auteur

Gestion de la crise du carburant : Des progrès notables après le protocole d’accord entre gouvernement et pétroliers

Les mesures prises dans le cadre de ce protocole d’accord, notamment le dédouanement rapide des camions-citernes, ont permis, en une semaine, de casser les files d’attente dans les stations, a déclaré le ministre de l’Industrie et du Commerce Moussa Alassane Diallo lors de sa rencontre hier avec les groupements des pétroliers.

Par Amadou GUEGUERE


Publié vendredi 28 novembre 2025 à 08:24

Hamadou Fall Dianka, DG des Impôts : «Le montant des recettes électroniques a atteint 300 milliards de Fcfa en 2024»

Dans cet entretien exclusif, le directeur général des Impôts évoque, entre autres, les étapes franchies en termes de transformation numérique de ses services, les avantages concrets pour les citoyens et les entreprises, les défis rencontrés et les innovations à venir pour consolider cette digitalisation.

Par Amadou GUEGUERE


Publié mercredi 26 novembre 2025 à 07:46

1ère édition du Salon international de l’entrepreneuriat-AES : un bilan flatteur

Du 18 au 21 novembre, Bamako a vibré au rythme de la toute 1ère édition du Salon international de l’entrepreneuriat-AES. Pendant quatre jours, l’événement a mobilisé plus de 164 exposants et 15.000 visiteurs.

Par Amadou GUEGUERE


Publié lundi 24 novembre 2025 à 09:19

Le Mali fédère les ambitions du Niger et du Burkina Faso

La 1ère édition du Salon international de l’entrepreneuriat de l’AES, ouverte à Bamako, marque une étape décisive pour l’intégration économique des pays du Sahel. Réunissant des délégations venues du Burkina Faso, du Niger et du Mali, ainsi que de jeunes porteurs de projets, l’événement se présente comme un cadre de coopération inédit où ambitions partagées, innovation et solidarité régionale se rencontrent..

Par Amadou GUEGUERE


Publié jeudi 20 novembre 2025 à 08:07

Salon international de l’entrepreneuriat - AES : La jeunesse sahélienne expose son savoir-faire

Au 2è jour du Salon, nous nous sommes intéressés aux jeunes entrepreneurs du Mali, du Burkina Faso et du Niger venus présenter leur savoir-faire, défendre le consommer local et tisser des partenariats avec d’autres participants.

Par Amadou GUEGUERE


Publié jeudi 20 novembre 2025 à 08:05

Salon international de l’entrepreneuriat-AES : Du beau monde à la cérémonie d’ouverture

Avec plus de 5.000 visiteurs attendus, ce Salon ambitionne de contribuer à la création d’emplois durables, d’offrir une plateforme régionale de valorisation de l’initiative privée et de mobiliser les partenaires techniques et les investisseurs autour de projets structurants.

Par Amadou GUEGUERE


Publié mercredi 19 novembre 2025 à 07:45

Dr Modibo Sacko, un magistrat au parcours exceptionnel

-.

Par Amadou GUEGUERE


Publié jeudi 13 novembre 2025 à 09:29

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner