Perspectives sahéliennes : L’albinos noir vivement attendu

-

Publié mardi 07 octobre 2025 à 09:22
Perspectives sahéliennes : L’albinos noir vivement attendu

La prise de parole des trois Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) est rare, et donc précieuse pour les populations, qui en font des repères dans l’évolution du nouveau projet géopolitique dont elles sont toutes actrices. Du Président de la Transition du Mali, le Général d’armée Assimi Goïta, au Général d’armée Abdourahmane Tiani, Président de la République du Niger, en passant par le Président du Faso, le Capitaine Ibrahim Traoré, chacun sait que la parole doit être rare pour peser de l’or. Et ici, elle pèse vraiment de l’or.



À l’image de la grande interview que le Président burkinabè a bien voulu accorder à la presse nationale et à certains médias panafricains. Diffusée largement dans la nuit du dimanche 28 septembre dernier, elle n’a pas tardé à faire parler d’elle. Elle contient des séquences marquantes, liées aux grands enjeux de l’espace AES : sécurité, économie, diplomatie, entre autres.


Très à l’aise dans la communication politique, le Président du Faso n’a pas manqué de puiser dans les tréfonds de la culture africaine et sahélienne pour livrer une énigme qui restera comme l’image forte de cette interview. Évoquant la vie collective dans l’espace confédéral, et notamment le défi sécuritaire face aux attaques terroristes, il a lancé cette phrase : « Bientôt, nous parlerons d’un albinos noir qui va apparaître, et la guerre va finir très vite. »

Cette métaphore n’a pas seulement fait tilt : elle a secoué tout l’espace cognitif sahélien, voire africain. Depuis, elle alimente les causeries, les réflexions, jusqu’aux interactions avec les moteurs de recherche et l’intelligence artificielle.

Le sujet a envahi les colonnes de la presse burkinabè et africaine. L’Express du Faso relève même une curiosité : « On peut même dire, au risque de se tromper, que l’Albinos noir est devenu un sujet de débat, pour ne pas dire une question nationale, puisque cela préoccupe les Burkinabè. Ce qui est curieux, c’est qu’aucun de nos grands traditionalistes, dozos, trésors humains vivants, griots, devins, sociologues, anthropologues ou historiens ne s’est hasardé à nous donner une explication convaincante. »

Le journal ajoute : « Certainement, le capitaine n’a pas inventé cette représentation de “l’Albinos noir” que nous verrons bientôt. Ce qui veut dire que nous devons vraiment retourner à nos sources, aller apprendre encore auprès des quelques personnes âgées qui détiennent encore des savoirs africains. »

Un autre média évoque cette « note à la fois mystique et volontariste » propre au leader burkinabè, qui ouvre des perspectives heureuses pour de nombreux citoyens de l’AES et pour les panafricanistes. Certains n’ont pas tardé à lier l’énigme à la future monnaie de la Confédération.


La visite du Président nigérien, 48 heures après l’interview, est venue amplifier cette note mystique, même si ses déclarations furent plus factuelles qu’énigmatiques. À Bamako, le Général Abdourahmane Tiani a évoqué des projets déjà familiers aux citoyens de l’AES : la force unifiée et la Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID). En somme, des albinos noirs déjà connus, dont l’annonce en leur temps avait eu la force d’un symbole.

La « force unifiée » signifie rupture avec les modèles de défense extravertis et sous influence étrangère, tandis que la BCID incarne un nouvel ordre économique confédéral et souverain.

Le Président Traoré, dans ses échanges avec la presse, a fait preuve d’empathie en tant que chef d’État, face aux souffrances des populations confrontées à une guerre hybride : attaques fréquentes au Mali, au Niger et au Burkina Faso, tentatives de blocus économiques, isolement diplomatique, et autres affres imposées par des hordes barbares. Les chefs d’État connaissent les attentes pour le retour à la paix, y travaillent, même si la résilience semble parfois à bout de souffle.

De notre point de vue, en puisant dans les valeurs traditionnelles bien de chez nous, la traduction littérale de « l’albinos noir » en bamanakan est bien gombèlè fiman. Et l’on sait, sans entrer dans les détails, tout ce que cela signifie en termes de force mystique.

Le Président du Faso, en lançant cette énigme aux journalistes, leur a demandé la patience plutôt que des explications. C’est dire qu’il invite ses compatriotes sahéliens à un exercice de patience. Car ce qu’un citoyen doit savoir, même en démocratie, c’est que les voies de nos palais sont insondables. Et dans un contexte de lutte souverainiste, elles sont souvent impénétrables, surtout lorsqu’elles s’abreuvent à nos sources traditionnelles profondes et mystiques.

Alors, patience… en attendant l’apparition de l’albinos noir.

Alassane Souleymane

Lire aussi : Journée annuelle de l’entreprise privée : Le ministre moussa alassane Diallo appelle à une PME forte

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, a présidé, samedi 10 janvier, la cérémonie de célébration de la Journée annuelle de l’entreprise privée, organisée au Conseil national du patronat du Mali (CNPM) par le département de l’Industrie et du Commerce à tra.

Lire aussi : Attaque des États-Unis contre le Venezuela : La Confédération AES dénonce une ingérence inacceptable

Dans un communiqué datant de ce jeudi 8 janvier et signé par son Président, et Président du Faso, Ibrahim Traorė, la Confédération des Etats du Sahel (Confédération AES) dénonce l'attaque des États-Unis d’Amérique contre la République bolivarienne du Venezuela..

Lire aussi : Perspectives sahéliennes : Les attentes des populations confédérales pour 2026

La proximité de la 2ᵉ session du Collège des Chefs d’État de la Confédération AES, tenue à Bamako, avec la fin de l’année 2025 a permis aux dirigeants de se projeter sur l’avenir, notamment sur cette nouvelle année qui commence..

Lire aussi : Sommet de l'AES à Bamako : La reconnaissance du mérite au service de l'intégration sahélienne

Dans le cadre des activités de la 2è session ordinaire du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, a procédé ce mardi 23 décembre, au Palais de Koulouba, à la décoration du Capitaine I.

Lire aussi : À l’heure du Mali, À la présidence confédérale : des lumières d’Assimi aux outils d’IB

La Confédération des États du Sahel (AES) poursuit son chemin, nourrie chaque jour par la ferveur populaire qui l’accompagne et par la détermination des chefs d’État des trois pays à en faire un tournant décisif pour assurer un bien-être collectif durable. Tel est l’esprit de la Confé.

Lire aussi : Palais de Koulouba : Un dîner à l’honneur des présidents Tiani et Traoré

Dans le cadre de la 2è session du collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES), le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta a offert un dîner à l’honneur de ses hôtes le Général d’armée Abdourahamane Tiani du Niger et le Capitaine .

Les articles de l'auteur

À l’heure du Mali : Le cas Vénézuélien, entre désarroi mondial et fermeté sahélienne

Dans une précédente chronique, parue dans notre livraison du 5 janvier dernier et intitulée «Entre souveraineté assumée et hégémonie hémisphérique», nous évoquions la journée du 3 janvier 2025 et «la torpeur quasi mondiale provoquée, un peu plus tôt, par l’arrestation du président d’un État souverain par les forces d’un autre, telle qu’elle a été vécue au Venezuela »..

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 12 janvier 2026 à 08:54

Perspectives sahéliennes : Les attentes des populations confédérales pour 2026

La proximité de la 2ᵉ session du Collège des Chefs d’État de la Confédération AES, tenue à Bamako, avec la fin de l’année 2025 a permis aux dirigeants de se projeter sur l’avenir, notamment sur cette nouvelle année qui commence..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 06 janvier 2026 à 10:02

À l’heure du Mali : 2026, entre souveraineté assumée et hégémonie hémisphérique

La journée du 3 janvier 2026 illustre-t-elle déjà l’allure que nous réserve la nouvelle année, pour le Mali comme pour le monde ?.

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 05 janvier 2026 à 08:40

Perspectives sahéliennes : L’hiver noir et le prix de l’acier

Remontons le fil de l’histoire et posons-nous dans un moment mémorable : la conférence des chefs d’État de France et d’Afrique à Paris. Le mercredi 4 novembre 1981, une conférence de presse conjointe réunit le président français François Mitterrand, ses homologues ivoirien Félix Houphouët-Boigny et zaïrois Mobutu Sese Seko. Beaucoup de choses sont dites ce jour-là, et certains extraits circulent encore aujourd’hui sur les réseaux sociaux..

Par Alassane Souleymane


Publié mardi 30 décembre 2025 à 08:27

À l’heure du Mali, À la présidence confédérale : des lumières d’Assimi aux outils d’IB

La Confédération des États du Sahel (AES) poursuit son chemin, nourrie chaque jour par la ferveur populaire qui l’accompagne et par la détermination des chefs d’État des trois pays à en faire un tournant décisif pour assurer un bien-être collectif durable. Tel est l’esprit de la Confédération : redessiner la carte géopolitique régionale et continentale, imposer de nouveaux paradigmes de gouvernance vertueuse..

Par Alassane Souleymane


Publié mercredi 24 décembre 2025 à 08:40

La Confédération AES, par le sang et pour la prospérité

Cher lecteur, merci de lire votre quotidien national Sidwaya, que vous tenez en main en ce moment et dont vous scrutez chaque mot. Quoi ? Vous pensez que je me trompe de titre ? Je dis bien Sidwaya..

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 22 décembre 2025 à 08:54

Maroc-Comores, 2-0

En ouverture, le pays organisateur fait l’essentiel.

Par Alassane Souleymane


Publié lundi 22 décembre 2025 à 08:21

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner