Plusieurs projets peuvent être initiés en matière de reboisement, de résilience agricole et de régénération naturelle assistée
En 2024, le marché volontaire du carbone au monde a enregistré 84 millions de tonnes de carbones échangées pour une valeur de 530 millions de dollars. Sur ce volume, les projets situés sur le continent africain ont échangé environ 7,2 millions de tonnes de CO2 pour une valeur de 54,5 millions, ce qui représente environ 8,5% du marché mondial. Pour ce qui est du Mali, quelques projets ont été identifiés sans pour autant pouvoir évaluer leur coût en raison d’un cadre institutionnel et organisationnel encore à parfaire et une faible maîtrise du marché par les acteurs.
Ces données ont été partagées lors d’un Webinaire organisé par la communauté de l’économie verte au Mali sur le thème : «Marché carbone en Afrique et au Mali : opportunités, défis et perspectives». Selon les organisateurs de ce débat, le marché du carbone est une thématique au cœur du financement climatique pour l’Afrique et pour le Mali. On retient des échanges que le marché carbone est un mécanisme mis en place au niveau international à la faveur de l’Accord de Paris sur le climat, signé en décembre 2015.
Le dispositif permet d’acheter et de vendre des unités carbones appelées «crédits carbones». Un crédit carbone est égal à une tonne de CO2 évitée, réduite ou captée. En la matière, il y a le marché carbone règlementé mis en place par les Etats pour atteindre des objectifs obligatoires de réduction de carbone. En parallèle, les entreprises peuvent, dans le cadre de leurs responsabilités sociétale et environnementale, monter des marchés carbones volontaires. C’est l’article 6 de l’Accord de Paris qui régit ce marché à travers des labels de certification.
Au Mali, divers projets peuvent être initiés dans ce domaine pourvu qu’ils répondent aux exigences indiquées dans l’Accord. Baptiste Flipo, environnementaliste et fondateur du cabinet de conseil Jiri Services, explique que l’admission d’un projet carbone au crédit obéit au principe d’additionnalité qui vise à s’assurer que le projet n’aurait pas été possible sans la perspective de la vente de crédit carbone.
Autre exigence est la permanence qui dit que les réductions d’émission ne doivent pas être annulées et retournées dans l’atmosphère ultérieurement. On note également le principe de mesurabilité qui s’appuie sur la quantification rigoureuse des réductions d’émission sur la base d’éléments tangibles vérifiables. Enfin, il y a l’unicité qui commande que chaque crédit carbone corresponde à une seule tonne de CO2 évitée.
Selon Dr Mahamadou Adamou, enseignant-chercheur à l’Université des Sciences techniques et technologie du Mali, les secteurs prioritaires en matière de produits carbones, concernent en premier l’agriculture, l’agroforesterie et les énergies renouvelables. En se basant sur ces trois secteurs prioritaires, estime l’universitaire, plusieurs projets peuvent être initiés en matière de reboisement, de résilience agricole, de régénération naturelle assistée, des projets de gestion durable des terres et des eaux, d’aménagement hydro-agricole, de dépolissement, d’assainissement, de réseaux solaires et éoliens...
En plus de ces secteurs, ajoute-t-il, «nous pensons selon les résultats de nos analyses qu’il serait important d’orienter les financements vers certains sous-secteurs comme celui des transports. Beaucoup de projets carbones peuvent être initiés dans la promotion de covoiturage et de véhicules électriques, le transport fluvial et la création de pistes recyclables». Aussi, le secteur des industries, qui englobe des activités potentiellement émettrices de gaz à effet de serre, peut être exploité à travers la transformation des déchets solides et la modernisation des installations urbaines d’assainissement.
Malgré toute cette potentialité, notre pays tire peu de profit de ce mécanisme en raison du manque de règlementation claire et stable du marché carbone. Le cadre de gouvernance piloté par le ministère de l’Environnement à travers l’Agence de l’environnement et du développement durable (AEDD) a certes adopté plusieurs documents dont la Politique nationale de changement climatique, la Politique nationale de protection de l’environnement et le Plan national d’investissement pour la mise en œuvre de ces stratégies. Mais ces documents, selon Abdelkader Bamadio, chef de section changement climatique à l’AEDD, ne sont pas suffisamment en phase avec le mécanisme multilatéral de développent propre édicté par l’article 6 de l’Accord de Paris sur le climat.
Ce qui explique la faible exploitation de ce marché. Le spécialiste précise que l’expérience malienne enregistre quelques projets en matière de reboisement et d’énergies renouvelables. Cependant, leurs retombées sont difficiles à apprécier. Il se réjouit des initiatives en cours dans le cadre de la mise en œuvre du Projet de restauration des terres dégradées (PRTD), pour la mise en place d’un système robuste de labélisation au profit des porteurs de projets qui ont besoin d’accompagnement pour la maîtrise du marché carbone.
Conscient de ces insuffisances qui constituent un manque à gagner considérable, des acteurs de différends bords ont mis en place au Mali, une plateforme dénommée communauté de l’économie verte. C’est une association qui compte une dizaine d’organisations membres dont DoniLab qui en est l’initiateur.
Des ONG internationales telles que WHH, la SNV et LuxDev siègent au sein de cette communauté qui compte aussi des entreprises engagées comme SAFA services, GreenWest digital, des bureaux d’études et des structures étatiques telles que la Grande muraille verte et l’AEDD. Ces structures ont décidé de se rassembler autour d’une mission commune qui est de proposer des solutions durables et faire émerger une économie qui sera beaucoup plus respectueuse de l’environnement.
Lougaye ALMOULOUD
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