Le ministre Youba Bah et sa délégation visitent un stand d’exposition de produits laitiers
À
l’instar de la communauté internationale, le Mali a célébré, samedi dernier au
Palais de la culture de Bamako, la 19è édition de la Journée mondiale du lait,
placée cette année sous le thème «l’aménagement des espaces pastoraux :
facteur d’augmentation de la production laitière et le maintien de nos
effectifs sur notre territoire». L’événement était présidé par le ministre de
l’Élevage et de la Pêche, Youba Bah, en présence du président de l’Assemblée
permanente des chambres d’agriculture du Mali (Apcam), Sanoussi Bouya Sylla et
de plusieurs acteurs de la filière lait.
Le
potentiel laitier de notre pays était estimé à environ 1,75 milliards de litres
en 2022 dont un disponible exploitable de plus de 966,75 millions de litres.
Malgré ces atouts, la consommation moyenne de lait par habitant et par an reste
encore faible, environ 44 litres. Ce chiffre est en dessous de ce qui est
recommandé par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et
l’agriculture (Fao) qui indique au minimum 62 litres par personne et par an.
Selon le ministre Youba Ba, le lait est considéré comme aliment naturel le plus
complet et utile pour la nutrition humaine et animale. Sa valorisation
contribue à renforcer davantage la souveraineté et la sécurité alimentaire, et
à lutter contre la pauvreté.
Le
ministre de l’Élevage et de la Pêche a rappelé que le cheptel malien est estimé
à environ 13 millions de bovins, 52 millions d’ovins et caprins, et 1,317
million de camelins. L’élevage est pratiqué par 80% de la population rurale et
constitue la principale source de revenus pour plus de 30% de la population.
Malgré la forte potentialité, le Mali importe chaque année plus de 20 milliards
de Fcfa en lait et produits laitiers pour couvrir les besoins de sa population,
a révélé le chef du département en charge de l’Élevage. Toutefois, a t-il
souligné, la production de lait au Mali est tributaire des conditions
climatiques, impactant la productivité des animaux. Il y a aussi le faible
niveau de collecte et de transformation des productions. S’y ajoutent les défis
liés à son transport, sa conservation et sa distribution.
Face
à cette situation, notre pays a adopté en 2008 une stratégie nationale de
valorisation du lait local dont l’une des composantes est l’organisation du
circuit de la collecte de lait et la création des centres de collecte de lait.
Elle met également l’accent sur l’organisation des bassins laitiers à
l’intérieur desquels la modernisation de la production laitière sera opérée, a
précisé Youba Ba. Et d’ajouter que des initiatives sectorielles ont été prises
aux niveaux régional et national à travers la Stratégie sur l’offensive lait
local et son programme prioritaire d’investissement.
Pour relever le défi de
l’approvisionnement en lait du pays, les autorités ont renforcé la capacité des
centres de collecte de lait à travers la mise à disposition des éleveurs de 500
unités laitières avec de l’aliment bétail et des petits équipements, la
construction de quatre centres stratégiques de collecte de lait et la mise en
place de l’interprofession de la filière lait.
Sanoussi
Bouya Sylla a rappelé que les filières du sous-secteur d’élevage au Mali
constituent des moyens rapides de création d’activités, d’emplois, de revenus
et de réduction de la pauvreté. Il dira que le thème de la Journée est
interpellateur surtout pour Bamako qui est le plus grand producteur et plus grand
consommateur du Mali. «Autant l’État, les partenaires techniques et financiers
et les projets apportent leur soutien au développement de la filière, autant on
doit respecter les principes de transparence dans le choix des vrais
bénéficiaires et dans l’utilisation efficace et efficiente des investissements
et subventions alloués à la filière», a plaidé le président de l’Apcam.
Pour
lui, une des préoccupations majeures de la profession est la transhumance non
retour. À ce sujet, la profession propose, entre autres, l’aménagement des
espaces pastoraux par l’acquisition des machines et équipements pour faire des
forages partout où le besoin se fait sentir. Cette stratégie permettra de
maintenir les animaux sur place à l’abri des prédateurs, a soutenu Sanoussi Bouya
Sylla.
L’un des temps fort de la cérémonie a été la visite des stands d’exposition de produits laitiers.
NFamoro KEITA
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