L’ancien président nigérian, Goodluck Jonathan, a été reçu hier par le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta. Dans la perspective de la conférence des chefs d’état prévue dimanche dans la capitale ghanéenne, il a eu des discussions avec les autorités maliennes
Le médiateur de la Communauté économique des États de
l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) pour le Mali, l’ancien président nigérian
Goodluck Jonathan, était hier dans notre pays pour s’informer de l’évolution de
la situation politique afin de rendre compte aux chefs d’État de
l’Organisation. Il a été reçu en audience, dans l’après-midi au Palais de
Koulouba, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta.
Cette mission du médiateur avait été annoncée la semaine
dernière, à la suite du voyage effectué par une délégation malienne au Ghana
pour présenter les conclusions des Assises nationales de la refondation (ANR)
au président Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, président en exercice de la Conférence
des chefs d’État de la Cedeao.
Ces Assises marquent un pas décisif, puisqu’elles auront
permis aux Maliens de se prononcer sur la durée de la Transition et tracé les
contours du «Mali Kura», le nouveau Mali.
Le médiateur de la Cedeao est venu écouter et échanger avec
les autorités de la Transition pour mieux comprendre les décisions prises lors
de ces Assises. Clairement, Goodluck Jonathan a déclaré face à la presse qu’il
n’était pas «venu avec un message particulier». La rencontre que sa délégation
a eue avec le chef de l’État s’inscrivait plutôt «dans le cadre d’un débriefing
auprès des autorités de la Transition ».
Il était «question de
comprendre ce qui s’est passé et d’entendre leur version, ce qui nous permettra
par la suite de faire un débriefing au niveau des chefs d’État de la
Cedeao », a-t-il expliqué. À cet effet, un sommet se tiendra le dimanche
prochain à Accra au Ghana et les dirigeants ouest-africains vont notamment décider
s’il faut durcir ou non les sanctions à l’encontre de notre pays.
Jusque-là,
l’Organisation commune reste inflexible sur la tenue des élections en février
2022. Elle a brandi la menace de sanctions économiques et financières censées
faire fléchir les autorités de la Transition, alors que celles-ci entendent
d’abord opérer les réformes nécessaires à la tenue d’élections crédibles. La
volonté exprimée par le peuple sur la durée de la Transition et bien d’autres
sujets a certainement été portée à la connaissance du médiateur et sa suite.
Plusieurs personnalités accompagnaient le médiateur dont le
président de la Commission de la Cedeao, Jean-Claude Kassi Brou.
Côté malien, les ministres des Affaires étrangères et de la
Coopération internationale, Abdoulaye Diop, de l’Administration territoriale et
de la Décentralisation, le colonel Abdoulaye Maïga et le président du Panel des
hautes personnalités des ANR, Zeïni Moulaye ont pris part à la rencontre.
Issa DEMBELE
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