Grève de l’AEEM : Les privés contraints à la «solidarité»

La coordination de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) avait observé une grève de 72 heures à compter du 10 novembre dernier dans toutes les institutions d’enseignement supérieur publiques et privées. Elle a encore déclenché, depuis lundi dernier, un autre débrayage de 72 heures qui prend fin aujourd’hui.

Publié mercredi 16 novembre 2022 à 07:07
Grève de l’AEEM : Les privés contraints à la «solidarité»

Motif de ces débrayages ? L’AEEM réclame le paiement intégral de 9 mois d’allocations financières des étudiants (trousseaux, bourses, frais de stage et de mémoire et de réquisitions), des détenteurs de licence du système Licence-Master-Doctorat (LMD) dans le concours de la Fonction publique de l’état, des élèves professeurs de l’école normale supérieure (Ensup) de Bamako dans la Fonction publique des collectivités.


L’Association estudiantine exige aussi la rénovation des amphithéâtres préfabriqués de la Faculté de droit privé (FDPRI) et de la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), la mise à disposition de l’Internet au niveau du campus universitaire, l’éclairage de l’espace universitaire et l’évacuation des ordures au niveau de la colline de Badalabougou.

Dans un communiqué, le secrétaire général du bureau de Coordination de l‘AEEM, Siriman Seydou Niaré, a porté à la connaissance de ses camarades que la grève est renouvelée pour une période de 72 heures dans les institutions d’enseignement supérieur publiques et privées.

Dans la missive, il invite au respect du mot d’ordre de grève jusqu’à la satisfaction des doléances. Il faut ajouter que l’AEEM a fait associer les universités privées à cet arrêt de travail pour donner plus d’impact à l’arrêt des cours.

 Notre équipe de reportage a sillonné 3 structures d’enseignement supérieur privées pour constater l’effectivité de la grève. à l’école supérieure de management, de commerce et d’informatique (Sup’management) à l’Hippodrome, étudiants et enseignants brillaient par leur absence. Les classes étaient fermées.

Les classes de l’Institut des hautes études professionnelles (IHEP) à Torokorobougou étaient aussi bouclées. Seuls, le promoteur, Aguibou Ouattara, le directeur général de l’IHEP, Adama Coulibaly, et l’assistant de direction, Sidiki Ouattara, étaient présents. Sur place, le directeur général de cette université privée a fait savoir que les leaders de l’AEEM lui ont remis une correspondance à portée générale, le 10 novembre 2022, pour le sensibiliser sur la nécessité d’être solidaire avec les étudiants des universités publiques.

En d’autres termes, d’arrêter les cours dans son institut. «Nous avons accepté de suivre le débrayage pour ne pas être victime de violence. Nous invitions le gouvernement à nous sécuriser, car nous ne devrons pas être concernés par ce débrayage», a plaidé le directeur général dont l’établissement existe depuis 2013 et accueille une centaine d’étudiants, encadrés par une quinzaine d’enseignants.

L’Institut des sciences politiques, relations internationales et communications (ISPRIC), situé dans l’espace universitaire, observe aussi le mot d’ordre de grève par la contrainte. Le responsable des programmes de formation de cet établissement, Amadou Bouaré, a précisé que les leaders de l’AEEM ont débarqué dans son établissement universitaire pour demander l’arrêt des cours en guise de solidarité envers les étudiants du public. «Nous avons compris que nous sommes pas la seule école concernée et avons tout de suite libéré nos étudiants. Il y va de notre sécurité», a indiqué Amadou Bouaré tout en invitant le gouvernement à sécuriser les institutions d’enseignement supérieur privées.

À la FDPRI et à la FSEG, l’arrêt des cours était effectif également. Un enseignant à la FSEG explique ne pas comprendre qu’on puisse faire 9 mois sans bourses. Pour lui, cette grève de l’AEEM est légitime. Le pédagogue a aussi déploré le fait que les leaders de l’AEEM se font accompagner par des loubards pour faire sortir les étudiants manu militari. Il en appelle au sens de responsabilité des leaders de l’AEEM afin de ne pas inclure les universités privées dans leur mouvement.

Le secrétaire général adjoint de l’AEEM, Ibrahim Aly Ascofaré, a annoncé une rencontre aujourd’hui entre le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et le bureau de coordination de l’AEEM. Cela en vue de trouver un accord sur les revendications.

Sidi WAGUE

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