Écoles privées de santé : Une plus-value ?

Ces établissements ne bénéficient d’aucune subvention de l’État

Publié lundi 14 mars 2022 à 06:59
Écoles privées de santé : Une plus-value ?

En tout cas, elles s’inscrivent dans la complémentarité des efforts de formation de l’État. Ces écoles versent chaque année sur le marché de l’emploi des ressources humaines

 

L’école des infirmiers du 1er cycle, première école de santé au Mali avait été créée en 1952. On y accédait avec le Certificat d’études primaires (CEP). Pour améliorer la qualité de la prise en charge des soins infirmiers, le ministère de la Santé d’alors a augmenté la capacité d’accueil de cette école et relevé son niveau de formation en créant l’école secondaire de la santé (ESS) en 1962. Il fallait donc décrocher le Diplôme d’études fondamentales pour s’inscrire dans cet établissement.

Il est bon de rappeler qu’à cette époque, la formation était exclusivement du ressort de l’état. Confronté au faible taux de scolarisation dans les années 1990, l’état a donc décidé d’ouvrir l’éducation au secteur privé. Cette volonté s’est traduite par la promulgation de la loi N°94-032 du 25 juillet 1994 portant Statut de l’enseignement privé en République du Mali. Ainsi, la première école privée de santé a été créée en 1995.

Chaque structure sanitaire essaie de s’adapter au programme de formation des techniciens de santé (TS). Au Mali, les TS jouent un rôle très important dans l’offre de services aux populations. Selon l’annuaire statistique 2019 des ressources humaines des secteurs de la santé, du développement social et de la promotion de la femme, ils représentent 16% des ressources humaines du département en charge de la Santé et du secteur privé. Ils étaient au nombre de 3.804 pour un effectif total de 23.432 agents, la même année.

Le Centre technique de formation «école santé plus», créé en octobre 2006, enseigne les matières, conformément au programme de l’Organisation ouest-africaine de la santé (OOAS). Il dispose d’un 1er cycle (DEF+3) et d’un second cycle (bac+3). Santé maternelle et infantile, santé publique, techniciens de laboratoire/pharmacie sont les filières de formation du 1er cycle.


Quant au second niveau de formation, il porte sur des filières comme sage-femme, infirmier d’état et biologie médicale. Les études à ce niveau sont sanctionnées par la licence. Le promoteur, directeur général de l’établissement et également secrétaire aux relations extérieures et aux activités scientifiques de l’Association des écoles de santé du privé, Dr Sériba Bengaly, explique que les formations sont théoriques et pratiques. Et d’ajouter que le taux de réussite de son établissement au titre de l’année scolaire 2020-2021 est de 78% pour les deux niveaux de formation.


Il soutiendra aussi que 80% des ressources humaines du secteur de la santé sont du privé. Il invite les pouvoirs publics à être plus regardants dans l’organisation des examens nationaux. Il estime qu’un agent de santé mal formé représente un risque, voire un danger pour le pays. «Dans la mesure où l’état organise les évaluations de fin de cycle, s’il y a des défaillances, il en est le seul responsable», a-t-il dit.

L’école de santé de Bamako (ESB), a été créée en 2002 avec mission de formation professionnelle des techniciens supérieurs de santé. Elle s’emploie à verser sur le marché de l’emploi des ressources humaines de qualité et en quantité pour combler en partie l’insuffisance criarde d’agents dans les structures de soins publiques et privées. Elle dispose de deux niveaux de formation.

Le 1er cycle accueille les titulaires du DEF tandis que le second niveau encadre des nouveaux bacheliers qui s’y inscrivent. Les sages-femmes, les infirmiers d’état, les techniciens supérieurs de laboratoire, de pharmacie et d’assainissement sont les filières de formation de l’ESB. Le taux de réussite au 1er cycle est de 60,55% au titre de l’année scolaire 2020-2021 tandis qu’il est de 89,89% au cycle supérieur, selon les promoteurs de l’établissement.

La directrice des études de l’ESB, Mme Yaro Fatoumata Traoré, a précisé qu’une convention signée entre les encadreurs des structures sanitaires fixe les frais de stage à 10.000 Fcfa par étudiant et par an pour les stages urbains dans les hôpitaux. Elle fixe un quota de 8.000 Fcfa par étudiant et par an au niveau des Centres de santé de référence (Csref). Dans les Centres de santé communautaire (Cscom), les écoles privées de santé paient 5.000 Fcfa par étudiant et par an, a déploré la directrice des études. Et de décrier aussi la non prise en charge entière des examens des écoles de santé du privé, le non respect du cahier de charges à chaque remaniement ministériel, l’organisation des stages urbains, la rotation des stagiaires et la prolifération des écoles de santé.

L’école privée paramédicale des «4 0» (EP 4 0) qui a vu le jour en 2007 forme les détenteurs du DEF et du bac dans 4 filières : ophtalmologie, optique-optométrie, orthoptie d’où le nom «4 0». Elle encadre aussi des infirmiers et des sages-femmes d’état à qui elle délivre la licence qui donne droit à deux avantages : la mobilité des étudiants et l’exercice de leur profession dans l’espace OOAS et dans la sous-région. Son programme scolaire est conforme à celui de l’Institut national de formation en sciences de la santé (INFSS) qui date de 1998. Le président de l’Association des écoles de santé du privé, Dr Sidi Yaya Ba, rappelle que les écoles privées de santé exercent à la suite des arrêtés de création et d’ouverture des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et de l’éducation nationale. Il a déploré le fait que ces écoles ne bénéficient d’aucune subvention de l’État.

Au contraire, les écoles privées de santé paient leurs frais de participation aux examens nationaux. Le pédagogue a reconnu que l’état met à leur disposition les surveillants et les établissements privés bénéficient aussi de l’accompagnement des Académies dans l’organisation des examens.

Notons que les écoles privées de santé ont basculé dans le giron du ministère de l’éducation nationale depuis le lancement officiel de la rentrée solennelle des universités, des grandes écoles et Instituts de recherche et de formation 2015-2016.

 

Sidi WAGUE

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