Circulation routière : Le casse-tête de la course poursuite

Les usagers de la route jugent cette pratique de la police exagérée et intolérable. Ils appellent les autorités à prendre des mesures pour mettre le holà au phénomène

Publié lundi 17 juillet 2023 à 06:52
Circulation routière : Le casse-tête de la course poursuite

Le phénomène est souvent à l’origine d’accidents souvent mortels


Les Bamakois gardent encore à l’esprit cette course poursuite fatale à un conducteur de mototaxi, un lundi de mars dernier à une heure indue. Ce conducteur de mototaxi fuyant des policiers perd le contrôle de son engin à deux roues et percute dans sa folle échappée dans un sens interdit un autre motocycliste. La violence du choc ne lui laisse aucune chance  de survie. L’autre biker a été grièvement blessé. Cet incident malheureux a occasionné des échauffourées entre la police et les jeunes du secteur sur fond de saccage des hangars de la police sur les voies publiques et d’incendie d’un véhicule sérigraphié Police nationale.


Un autre exemple. Celui de la nuit du mercredi 21 juillet 2021 aux environs de 23 heures. Des policiers patrouilleurs avait pris en chasse un véhicule non immatriculé. Cet incident aussi a conduit à des échauffourées entre une patrouille de la Brigade anti criminalité (Bac) et des jeunes du secteur de Lafiabougou. Bilan un mort (le jeune Abdoulaye Keïta) et 5 blessés graves. Des enquêtes avaient été ouvertes et 6 policiers écroués après mort d’homme. Après l’incident malheureux, la direction générale de la Police nationale (DGPN) avait même rappelé dans une note de service ‘’2246/DGPN-SP du 23 Juillet 2021 du DGPN’’ la proscription de la course-poursuite lors du contrôle routier.


Et conformément à la procédure, «il est demandé aux fonctionnaires de police de relever les numéros de la plaque d’immatriculation du contrevenant afin de pouvoir entamer des poursuites à son encontre». Tout manquement à la directive sera sévèrement sanctionné précisé la note de service. Des exemples de poursuite policière, on pourrait les multiplier à l’infini avec des risques réels pour toutes les parties (usagers et policiers compris). Des cas à Lafiabougou, Sikoroni et des quartiers situés en Commune I et IV du District de Bamako ont aussi défrayé la chronique.



Le cas des délinquants- Aujourd’hui, on n’apprécie guère de voir les usagers vivre le danger de la course-poursuite. Il suffit d’écouter les récriminations formulées contre les policiers (qui du reste sont essentiels dans la régulation de la circulation routière) pour s’en rendre compte.    
Il est clair que le refus d’obtempérer d’un usager de la voie publique ou de se soumettre au contrôle de routine doit être puni, conformément à la réglementation. Il faut trouver la bonne formule pour traquer aussi les contrevenants. Ces cas de poursuites qui débouchent sur des accidents mortels interpellent sur la complexité des situations auxquelles les policiers peuvent être confrontés dans l’exercice de leur mission de sécurisation des personnes et de leurs biens, mais aussi de régulation de la circulation routière.


Selon un officier de police qui a requis l’anonymat, la poursuite policière est en général motivée par la recherche de gain pécuniaire de certains agents. Et de nous renvoyer à la note de service 2246/DGPN-SP du 23 juillet 2021 du DGPN qui interdit clairement les courses poursuites. «Le directeur général de la police a alors conseillé aux agents de relever les numéros d’immatriculation pour passer un avis de recherche. Mais, il faut aussi admettre que les responsabilités dans les cas d’accident liés à des courses-poursuites sont partagées. On ne peut pas dire à un délinquant de s’arrêter et qu’il obtempère. Il faut impérativement le pourchasser et l’obliger à s’immobiliser», déclare le limier en chef qui pense que la décision d’interdire la course-poursuite est une erreur. Il juge nécessaire de revoir la note de service et de faire la part des choses.


Réglementer la poursuite Très généralement, les courses-poursuites ne sont pas autorisées, affirme un commandant de compagnie au Groupement mobile de sécurité rive droite (GMS). «Il ya beaucoup d’usagers qui méconnaissent la circulation lorsqu’on les signale pour une faute, ils refusent d’obtempérer et causent des problèmes en tentant de s’échapper. Or, les autorités ont décidé d’interdire les poursuites», indique-t-il ajoutant que le relèvement des numéros de la plaque d’immatriculation du contrevenant est préconisé afin de lancer des recherches à son encontre. Sur la question d’élaboration d’un possible règlement intérieur sur la poursuite, le commandant précise qu’il n’y a pas, pour l’instant, rien à ce sujet. «Tout est fait sur consignes ou sur la base de notes de service».


En cas d’incident malheureux lors de la poursuite, des sanctions disciplinaires au sein du service ou des mis à pieds (rares) sont pris, selon l’officier de police. Et de déclarer qu’il peut y avoir de la prison dans les locaux disciplinaires où les intervenants purgent leur peine, avant d’inviter la population à obtempérer lors des contrôles pour distinguer les délinquants des citoyens respectables qui n’ont rien à se reprocher.


Il conseille à ses collègues de ne poursuivre qu’en cas de flagrance.  Selon un autre officier de police également chef de section de police judiciaire (PJ), la poursuite n’est pas encadrée autrement dit non règlementée. Elle doit être réglementée et le cadre d’intervention doit être aussi défini. La décision récente de la hiérarchie policière, explique-t-il, existait depuis bien longtemps. On a juste réchauffé la note. Il précise aussi qu’il n’y a pas une loi spécifique sur la situation. Et d’ajouter que face à certains suspects voire des situations, il est difficile d’interdire à la police de poursuivre ou d’agir.

Tamba CAMARA

Lire aussi : Sécurité nationale : 57 nouveaux véhicules de transport de troupes pour renforcer le maillage territorial

Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de division Daoud Aly Mohammedine, a procédé ce lundi 9 février à l’École nationale de Police à la remise officielle d’un lot important de 57 camions de transport de troupes, acquis intégralement sur le budget national..

Lire aussi : Inner Wheel international : Un engagement solide en faveur des démunis

Inner wheel international est une organisation féminine engagée dans les actions de bienfaisance à l’endroit des plus démunis, particulièrement les femmes et les enfants. Son gouvernorat du District 909 a organisé, jeudi dernier au CICB, sa 24è assemblée générale annuelle sous le thème .

Lire aussi : Sécurisation du territoire : L’armée neutralise plusieurs terroristes à travers le pays

Dans un communiqué datant de ce lundi 12 janvier, l'État-major général des Armées a rendu public le bilan des opérations des Forces armées maliennes (FAMa) menées dimanche dernier sur l'ensemble du territoire national..

Lire aussi : Amap : Le comité syndical suspend son mot d'ordre de grève

Le comité syndical de l'Agence malienne de presse et de publicité (Amap) a suspendu son mot d'ordre de grève du 29 décembre 2025. Une décision prise ce vendredi 9 janvier 2026 après la signature d'un protocole d'accord entre la direction générale de l'Amap et les syndicalistes sous l'égide .

Lire aussi : Grand musée égyptien : un cadeau de l'Égypte au monde

Inauguré le 1er novembre dernier, le Grand musée égyptien est le plus grand musée jamais construit au monde. L’institution rappelle à l'humanité ses racines communes et son avenir commun.

Lire aussi : Nioro : l'armée libère un otage vers le village de Gourel Hairė

-.

Les articles de l'auteur

Service militaire obligatoire : La 3è cohorte de non-fonctionnaires mise en route

Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba a procédé, jeudi dernier à la mise en route de 700 recrues admises au titre du service militaire obligatoire, pour le compte de la 1ère vague de la 7ᵉ cohorte..

Par Tamba CAMARA


Publié lundi 29 décembre 2025 à 09:18

Kéniéba : Il paie seul pour une infraction commise à deux

À seulement 17 ans celui qui a été identifié comme A.Y est un véritable trafiquant de produits pharmaceutiques (psychotropes) interdits à la consommation. Cet adolescent visiblement inoffensif vient de tomber entre les mains des policiers du commissariat de police de Kéniéba, dirigé par le duo d’officiers de police, le commissaire principal Moustapha Kanté et son adjoint le commissaire Fodé B. Koné..

Par Tamba CAMARA


Publié lundi 29 décembre 2025 à 08:15

Yirimadio : Un homme interpellé avec des armes

Le commissaire de police Youssouf Coulibaly et son chef hiérarchique direct, le commissaire principal Modibo K. Diarra du commissariat de Yirimadio sont résolument décidés à assainir leur secteur en le débarrassant des malfrats de tout acabit..

Par Tamba CAMARA


Publié jeudi 18 décembre 2025 à 08:48

Transition numérique : Les médias traditionnels s’adaptent

Ces organes publics ou privés sont entrés, depuis belle lurette, dans l’ère des Nouvelles technologies. Ils disposent, pour la plupart, de plateformes digitales sur lesquelles ils continuent de servir téléspectateurs et lecteurs avec des informations fiables, modernes et accessibles.

Par Tamba CAMARA


Publié vendredi 12 décembre 2025 à 08:34

Yirimadio : Ces voleurs qui ciblaient les « katakatani »

Le commissaire principal de police Modibo K. Diarra, et son adjoint, le commissaire de Police Youssouf Coulibaly en charge du commissariat de police de Yirimadio, sont résolument engagés à assainir le secteur qui relève de leur autorité, afin de permettre aux citoyens de vaquer librement à leurs affaires dans la cité..

Par Tamba CAMARA


Publié jeudi 04 décembre 2025 à 13:42

Côte-d’Ivoire : L’actrice et animatrice Nadiya Sabeh n’est plus

L’actrice, comédienne, créatrice de contenus et animatrice ivoirienne Nadiya Sabeh, épouse de l’artiste musicien Ariel Sheney, est décédée ce mercredi 03 décembre 2025 à Abidjan, ont indiqué des sources familiales..

Par Tamba CAMARA


Publié jeudi 04 décembre 2025 à 10:35

#Mali : Les femmes de Sikasso apportent leur soutien à la Transition

Le collectif des femmes de Sikasso a organisé, mardi soir, une marche de soutien aux autorités de la Transition. Parti de la mairie jusqu’au gouvernorat, le cortège a rassemblé une large foule ainsi que plusieurs autorités régionales, dont la gouverneure Mme Kanté Marie Claire Dembélé..

Par Tamba CAMARA


Publié mercredi 03 décembre 2025 à 13:46

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner