CAN 2023 : Le sprint final vers la finale

Nigeria-Afrique du Sud, Côte d’Ivoire-RD Congo sont les affiches des demi-finales de la 34è édition de la CAN. Les deux rencontres se disputent aujourd’hui, et seront placées sous le signe de la revanche pour l’Afrique du Sud et la RD Congo qui ont été éliminées, respectivement en 2000 et en 2015 par les Nigérians et les Ivoiriens

Publié mercredi 07 février 2024 à 08:38
CAN 2023 : Le sprint final vers la finale

Des quatre demi-finalistes, le Nigeria est le seul qui a gagné ses quatre derniers matches


La CAN, Côte d’Ivoire 2023 tend vers sa fin avec les deux demi-finales qui se disputent aujourd’hui et qui auront pour cadre le stade de la Paix à Bouaké et le stade Alassane Ouattara à Abidjan. La première rencontre mettra aux prises le Nigeria et l’Afrique du Sud à partir de 17h au stade de la Paix de Bouaké, alors que la deuxième opposera, à 20h, la Côte d’Ivoire, hôte de la CAN et la RD Congo. Quelle que soit l’issue des deux matches, il y aura un pays francophone et un pays anglophone en finale.

Les deux pays de l’Afrique de l’Ouest, à savoir la Côte d’Ivoire et le Nigeria aborderont ces demi-finales avec les faveurs des pronostics, même si désormais, les observateurs se méfient de la «notion de favori», tant les surprises ont été nombreuses depuis le coup d’envoi de la compétition. Il suffit de jeter un coup d’œil sur les pays déjà rentrés à la maison pour se convaincre que tout est possible dans cette CAN. Le Sénégal, champion d’Afrique en titre, l’Égypte, vice-championne d’Afrique et recordman du tournoi (7 couronnes), le Cameroun, quintuple champion d’Afrique, le Ghana sacré quatre fois et le Maroc, demi-finaliste de la dernière Coupe du monde ont tous plié bagages avant même les quarts de finale, perdant ainsi leur statut de grosses pointures du continent.

Désormais, ils ne sont plus quatre pays dans la course à la succession du Sénégal et on remarque que tous les quatre demi-finalistes ont déjà soulevé le trophée le plus convoité d’Afrique. Les Léopards de la RD Congo en 1968 et 1974, les Super Eagles du Nigeria en 1980, 1994 et 2013, les Bafana Bafana d’Afrique du Sud en 1996 et les Éléphants de Côte d’Ivoire en 1992 et 2015.  L’Afrique du Sud et la RD Congo ont une revanche à prendre pour avoir été éliminées de la CAN en 2000 et 2015 par le Nigeria et la Côte d’Ivoire. En 2000, les Super Eagles ont dominé 2-0 les Bafana Bafana en demi-finale avant de remettre ça en 2019 en Égypte en quarts de finale. Le Nigeria vise un quatrième titre après 1980, 1994 et 2013 alors que l’Afrique du Sud court toujours derrière un deuxième sacre après son sacre en 1996 à domicile.

Dans leur histoire, Nigérians et Sud-Africains se sont rencontrés 14 fois, pour 7 victoires des Super Eagles contre 2 pour la sélection sud-africaine et 5 matches nuls. Monté en puissance durant la compétition, le Nigeria reste sur quatre victoires consécutives sans prendre de but. Après avoir fait match nul contre la Guinée équatoriale (1-1) lors son entrée en lice, le Nigeria a successivement dominé la Côte d'Ivoire (1-0), la Guinée Bissau (1-0), le Cameroun (2-0) en huitième de finale et l’Angola (1-0) en quart de finale. La sélection nigériane évolue dans un 4-3-3, et se montre très solide derrière, l’équipe défendant à 11 lorsqu’elle perd le ballon. L’autre point fort du Nigeria est le jeu de transition avec une attaque rapide composée de trois grands dribleurs : Ademola Lookman, Moses Simon et Victor Oshimen. Ademola Lookman et Victor Oshimen évoluent en Serie A italienne, alors que Moses Simon joue en Ligue 1 française. 

Les Nigérians apparaissent comme les favoris logiques de cette 15è confrontation, mais Oshimen et ses coéquipiers doivent se méfier de l'Afrique du Sud, dirigée par Hugo Broos, qui a conduit le Cameroun à la victoire surprise en 2017. Le technicien belge est épaulé par Helman Mkhalele, un membre clé de la génération dorée de 1996 qui a remporté le premier et unique titre africain de l'Afrique du Sud.

Certes, les Bafana Bafana n’étaient pas attendus à ce stade de la compétition surtout après la défaite lors de leur premier match contre le Mali (2-0), mais au fil des matches, les Sud-Africains ont montré un autre visage et leur victoire contre le Maroc en huitièmes de finale (2-0) a émerveillé toute la planète foot du continent. Pourtant, dès sa première conférence d’avant-match contre le Mali, le sélectionneur belge des Bafana Bafana avait martelé que son ambition est de remporter la CAN pour la deuxième fois de sa carrière, après celle de 2017 avec les Lions indomptables du Cameroun. Beaucoup d’observateurs pensaient que Broos avait placé la barre trop haute, mais le résultat est là. «Beaucoup de gens en Afrique du Sud ne croyaient pas en cette équipe, mais nous nous y avons toujours cru, tout comme les joueurs eux-mêmes. La demi-finale sera difficile contre les grands joueurs nigérians, mais nous n'avons plus rien à perdre», prévient Hugo Broos.

LE MIRACLE IVOIRIEN- La deuxième demi-finale sera un remake de celle de 2015 entre la Côte d’Ivoire et la RD Congo. Aujourd’hui, les joueurs congolais ont tous à l’esprit l’élimination en demi-finale en Guinée équatoriale par la Côte d’Ivoire (3-1), future vainqueur de la CAN. À domicile, portée par une ferveur d'envergure, la Côte d'Ivoire a l’occasion de remporter son 3è titre après 1992 et 2015. Mais les Éléphants peuvent-ils toujours compter sur le miracle ? En tout cas, depuis le début de cette CAN, les locaux sont portés par les dieux du stade avec une qualification miraculeuse en huitièmes de finale en tant que meilleurs troisièmes, une victoire surprise devant le Sénégal (1-1, 5-4 t.a.b.) et un succès incroyable devant les Aigles du Mali (2-1 a.p.). Aujourd’hui, le sélectionneur Emerse Faé sera privé des services de quatre joueurs qui sont suspendus.

Il s’agit du défenseur central Odilon Kossonou, de l’arrière droit et capitaine Serge Aurier et des attaquants Oumar Diakité et Christian Kouamé. Si Odilon Kossonou et Oumar Diakité ont été expulsés en quart de finale contre le Mali pour cumul de cartons, Serge Aurier et Christian Kouamé ont écopé de deux cartons jaunes lors des deux derniers matches. Privé de ses quatre joueurs qui, individuellement et collectivement, pèsent dans l’équipe, le sélectionneur ivoirien doit trouver une solution pour combler les vides que vont sûrement laisser ses joueurs sanctionnés.

Tout comme la Côte d’Ivoire, la RD Congo vise un 3è titre après les sacres de 1968 et 1974. Comme les Bafana Bafana, les Léopards n’étaient à pas attendus à ce stade de la compétition. Auteurs de 4 matches nuls, ils ont gagné leur premier match en quart de finale, en éliminant la Guinée (3-1). Sur leur chemin, les Congolais ont écarté l’un des favoris de la CAN, l’Égypte, battue dans la séance des tirs au but en huitièmes de finale (1-1, 8-7 t.a.b.).

C’est la première demi-finale de la Côte d’Ivoire et de la RD Congo depuis leur duel en 2015. Selon L’Avenir, les deux sélections se sont affrontées quatre fois lors de la dernière décennie pour deux victoires du côté des Éléphants, une pour les Léopards et un nul.

«Les Ivoiriens partent avec un avantage psychologique, la présence des supporters dans les stades et qui vont chauffer le stade ADO (Alassane Dramane Ouattara, ndlr) comme ils l’ont fait au stade de la Paix de Bouaké face au Mali», ajoute notre confrère. «Deux duels aux relents de revanche», titre de son côté L’Inter, en rappelant que les Éléphants ont jusque-là montré deux visages : «un début de compétition cauchemardesque, terni par l’humiliation devant leur public face à la Guinée équatoriale et un mental à toute épreuve qui leur a permis de mettre fin aux ambitions du Sénégal en huitièmes de finale et de briser les espoirs des Aigles du Mali en quarts de finale». Et le journal de conclure : «La RD Congo doit compter avec la résilience de la sélection ivoirienne», ajoute le journal. Dans l’ensemble, les médias ivoiriens sont optimistes pour la suite des événements, même si des journaux se souviennent qu’à chaque fois que la RD Congo a remporté la CAN, elle a éliminé le pays organisateur (Éthiopie en 1968 et Égypte en 1974).

Envoyés spéciaux

Ladji M. DIABY

Habibou KOUYATÉ

Ladji Madihéry DIABY

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