Balla Traoré : «Pour réussir le pari de l’assainissement, nous avons besoin de l’accompagnement de la population»

Dans cette interview, le président de la délégation spéciale de la mairie du District de Bamako fait le point des activités en cours concernant l’assainissement de la capitale. Balla Traoré évoque également les perspectives de l’hôtel de ville

Publié jeudi 06 mars 2025 à 07:39
Balla Traoré : «Pour réussir le pari de l’assainissement, nous avons besoin de l’accompagnement de la population»

L’Essor : La société de nettoyage privée Ozone n’est pas parvenue à assainir le District de Bamako malgré d’importants moyens mis à sa disposition par les autorités d’alors. Quels sont les mécanismes que la délégation spéciale a mis en place pour circonscrire le mal ?

Balla Traoré : Depuis plusieurs décennies, la gestion des déchets solides est devenue préoccupante dans le District de Bamako, à tel point que l’État, à travers un financement de la Banque mondiale, a élaboré en 2003 un document intitulé «Stratégie de gestion des déchets solides dans le District de Bamako».

Cette stratégie définissait toute la chaine de gestion des déchets du conditionnement dans les ménages, à la pré-collecte par les groupements d’intérêts économiques (GIE), la collecte, le transport et la mise en décharge par la direction des services urbains de voirie et d’assainissement (Dsuva) et la gestion de la décharge par la direction nationale de l’assainissement du contrôle des pollutions et des nuisances (DNACPN).

Cette stratégie n’a pu être mise en œuvre faute d’ouvrages d’assainissement adéquats (dépôts de transit et le Centre d’enfouissement technique (CET) comme décharge finale). Les dépôts de transit prévus et la décharge finale n’ont pu être réalisés. Aujourd’hui encore, la DNACPN, à travers le projet de résilience urbaine de Bamako (Pruba), travaille à la requalification de la décharge de Noumoubougou pour la rendre opérationnelle. Ces difficultés ont encore inspiré l’État, dans un souci d’accompagnement de la mairie du District à pouvoir mieux gérer les déchets solides, à contracter avec la société de nettoyage Ozone dont l’intervention a été un échec.

Ainsi, l’État a décidé de remettre la Dsuva en activité en la dotant des moyens adéquats tels que les camions semi-remorques, des camions ampli Rolls, des chargeurs, des camions bennes de grande capacité, de balayeuses mécaniques pour assurer la gestion des déchets solides dans le District de Bamako.

En plus de ces équipements, la Dsuva a bénéficié d’un renfort substantiel en personnel. Actuellement, 200 manœuvres sont repartis sur les deux rives pour le désensablement des artères et le nettoiement d’autres sites avec une équipe d’urgence qui intervient partout selon les besoins ainsi qu’une équipe d’intervention nocturne. La détermination des agents de la Dsuva est visible sur le terrain. Ils sont à la tâche jour et nuit, même sous la pluie. Ils sont ponctuels et assidus.

 

L’Essor : Les grandes capitales se distinguent par leur propreté. Croyez-vous en votre capacité à faire en sorte que notre capitale soit l’une des plus enviées et propres de la sous-région ?

Balla Traoré : Effectivement, la délégation spéciale a une stratégie pour rendre Bamako propre à l’image des autres capitales. Pour réussir ce pari, nous avons besoin de l’accompagnement de la population par un changement de comportement dans la production et la gestion des déchets. On poursuivra l’équipement de la Dsuva par l’acquisition de nouveaux véhicules et engins (camions ampli Rolls, bennes à ordures, bulldozer, caissons etc.), et le renforcement du personnel de la Dsuva.

La stratégie prévoit l’aménagement ou la réhabilitation de certains dépôts de transit à travers la ville de Bamako (comme nous l’avons fait au dépôt diesel à Darsalam), la réalisation de plateforme devant recevoir plus d’une quarantaine de caissons dans tous les quartiers de Bamako pour rapprocher les points de collecte aux populations. Il y a aussi la poursuite de l’exploitation de la décharge provisoire temporaire de Kalaban coro nèrè coro en accord avec les populations riveraines.

 

L’Essor : L’assainissement fait partie des actions d’embellissement de la cité sans qu’elle ne soit la seule intervention de la délégation spéciale. Quels sont les autres domaines d’intervention ?

Balla Traoré : La mairie du District de Bamako reste un service public qui doit assurer des missions d’intérêt public au bénéfice des populations de la cité. Dans ce cadre, nous procédons à la libération du domaine public des occupations anarchiques sur les chaussées, trottoirs et places publiques afin de faciliter la mobilité urbaine, l’aménagement ou la réhabilitation des espaces verts au niveau des ronds-points, carrefours, monuments et de certains terre-plein central (TPC).

Par exemple, nous avons entièrement réhabilité l’espace vert du Square Patrice Lumumba ainsi que le jet d’eau, le monument Sogolon, le rond-point Général Soumaré et le Carré des armées. D’autres travaux sont en cours. Ils concernent le rond-point de l’École normale supérieure (ENsup), le monument Hippopotame et le terre-plein central de l’Avenue du 5 septembre 1961. 

 Nous avons aussi procédé à la réhabilitation d’une trentaine de feux tricolores dans la ville, ainsi que l’implantation de panneaux de circulation dans le cadre de l’amélioration de la fluidité de la circulation. En perspective, nous envisageons de procéder à la réhabilitation du monument «Thiaroye», du TPC de l’avenue du Mali et à l’aménagement des ronds-points de Banankabougou prêt de la Cour d’appel et de celui de Banzoumana Sissoko à l’Hippodrome.

 

L’Essor : D’où proviennent les ressources de la mairie pour financer l’assainissement de la ville de Bamako ?

Balla Traoré : L’essentiel de nos ressources émanent du budget de la mairie du District de Bamako. La délégation spéciale bénéficie également de l’appui de certains partenaires dans l’accomplissement de ses missions. En premier lieu, l’État à travers le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation et l’Agence nationale d’investissement des collectivités territoriales (ANICT). Il y a aussi le Pari mutuel urbain (PMU) qui nous a doté de trois camionnettes ; Sanlam assurance a réhabilité deux carrefours et Dana groupe nous accompagne à travers l’embellissement de certains carrefours.

 

L’Essor : L’assainissement est la partie la plus visible et la plus perceptible par le citoyen lambda de vos activités de terrain. Quel message la délégation spéciale a pour les habitants afin de maintenir l’élan d’assainissement amorcé par vos soins ?

Balla Traoré : Il est demandé aux ménages d’adopter un bon comportement dans le conditionnement des déchets, de s’abonner au service d’un groupement d’intérêt économique (GIE) et posséder des poubelles répondant aux normes. J’invite les populations à ne pas déverser les déchets dans les ouvrages de drainage et à avoir un esprit civique. J’invite aussi les médias à nous aider dans le cadre de la sensibilisation des populations pour un changement de comportement afin de nous faciliter l’atteinte de l’objectif Bamako ville propre.

Propos recueillis par

Abdoul Karim COULIBALY

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