Assises : La cour défait une bande de tueurs en série

Regroupés en bande et bien organisés, ils commettaient des actes criminels partout où ils passaient en Commune I du District de Bamako. Force est finalement restée à la loi

Publié mercredi 19 octobre 2022 à 05:16
Assises : La cour défait une bande de tueurs en série

L’assassinat du docteur Ibrahim Ongoïba au quartier Banconi-Razel a, de par sa nature, défrayé la chronique à l’époque des faits. Jeudi dernier, les individus suspectés d’être mouillés dans cette histoire horrible ont été fixés sur leur sort par les jurés de la Cour d’assises dont les travaux se tiennent depuis trois semaines à la Cour d’appel de Bamako. Les huit (08) suspects trempés dans cet assassinat odieux se sont présentés à la barre. Ils ont été identifiés comme Drissa Koumaré dit Vieux Ba, Mamoutou Traoré dit Arbi, Aboubacar Traoré, Amadou Diané, Bakary Traoré, Sanoussi Koumaré, Bamoye Diarra, et Paul Diarra.

Avides d’argent et bien organisés

Il s’est avéré que ces individus se sont regroupés pour se spécialiser dans le vol et le braquage à main armée. Cette bande de malfrats avait choisi de sévir dans des quartiers populaires de la périphérie du District de Bamako, plus précisément en Commune I. Notamment à Banconi-

Razel, Sourakabougou, Dialokorodji, Nafadji, Sikoroni. Contrairement à plusieurs malfrats de leur acabit, selon nos informations, ils auraient tous un métier connu dans la vie. Ainsi, ils sont chauffeurs de Sotrama, employés de commerce, cordonniers, élèves, dresseurs de chevaux etc.

Cependant, qu’à cela ne tienne, en parallèle de leurs métiers, ces individus avides d’argent ont choisi le chemin de la facilité pour se faire l’argent. Le dossier d’accusation les concernant met un accent particulier sur la bonne organisation de ce groupe de malfrats. Comme toute organisation criminelle du genre, pour que leurs opérations soient couronnées de succès, chaque élément de la bande avait un rôle spécifique qui lui était dévolu. à titre illustratif, lors d’une opération, le surnommé Arbi monte le guet. Il s’apprête ainsi à lancer une alerte à la présence du moindre intrus dans leur champ d’opération.


Au même moment d’autres éléments de la bande s’introduisent dans le local préalablement identifié par Paul Diarra. Mais avant, un autre élément de la bande se charge de tout ce qui se rapporte aux armes. Enfin, un dernier membre se charge d’écouler les butins. Et le tout se faisait dans une coordination quasi parfaite.

Stratégie quasi routinière

Cynique, le groupe avait une stratégie quasiment imparable. Durant la journée, ils s’adonnent à leurs activités officielles. Ainsi, les chauffeurs du groupe mettaient les courses de la journée  à profit pour identifier les locaux de leurs futures victimes. Et il suffit que la nuit tombe pour qu’ils changent d’apparence. Pour ce cela, ils se couvrent du manteau de voleurs à main armée pour faire irruption au domicile de leurs victimes par effraction.  Une fois sur place, ils n’hésitent pas à faire usage de leurs armes à feu lorsqu’ils se retrouvent face à une victime qui tente de leur résister. Puis, ils font main basse sur ce dont ils ont besoin, alors qu’ils avaient déjà ramolli la victime qui avait tenté de leur tenir tête au départ.


Le butin en main, il ne leur reste qu’à disparaitre dans la nature comme s’ils n’étaient jamais passés par là. Cette façon de faire  était quasi routinière chez cette bande qui avait coupé le sommeil aux habitants des secteurs où elle sévissait. Et la liste de ceux qui ont reçu sa visite ne faisait que s’allonger.  Du mois de novembre 2018 jusqu’au mois de juillet 2019, la bande avait semé la terreur et la désolation dans plusieurs quartiers de la Commune I du District de Bamako. Ces endroits étaient leur zone de prédilection à travers braquages et/ou vols à main armée. Dont certains se terminaient dans un bain de sang.

Le cas du défunt gynécologue obstétricien I. Ongoïba, maître-assistant à la Faculté de médecine, survenu dans la nuit du 26  juin aux environ de 05 heures du matin dans son domicile à Banconi-Razel, est venu allonger la liste noire des bandits, qui étaient également suspectés d’avoir, en trois jours d’intervalle, tiré à bout portant sur un certain A. Dolo, employé de commerce à Sikoroni.

Puis, pratiquement au cours de la même période, c’était au tour de S. Sanogo de tomber sous leurs balles à Sikoroni. Il semble que les mêmes tueurs en série sont impliqués dans le cambriolage de la boutique d'un commerçant chez qui ils auraient emporter la colossale somme de  1.530.000 F cfaet des documents. Le 24 novembre, aux environs de 04 heures du matin. Toujours dans le même secteur,  une fonctionnaire de police, a reçu à son tour leur visite  à son  domicile.

Ils l’ont menacée avec leurs armes, en la délestant de son arme de service, avant de se retirer de chez elle avec la somme de 200.000 F cfa. Toujours dans le même chapitre, une nuit de juin 2019, aux environs de 04 heures, c’est un certain Sidiki Coulibaly qui a été agressé chez lui. Cette nuit-là, munis d'armes à feu, ils ont menacé toute sa famille.

Effrayés par la violence de l'action, les enfants n’ont pas réussi à réprimer leurs cris et ont alerté tout le voisinage, ce qui a dissuadé les assaillants de continuer et de prendre la fuite.  Quelques jours plus tard, ils avaient fait irruption chez un certain Boubacar Samaké pour lui soutirer 3 téléphones portables en plus de la somme estimée à plus de 50. 000 F cfa.  Il a été formellement établi que tous ces actes étaient à mettre au compte des bandits du même groupe.

Répression sévère de la loi

Face à la multiplicité des actes criminels dans les quartiers cités, toutes les unités d'enquêtes de police ont été mises en branle. Des investigations ont été menées au cours desquelles, des déclarations et témoignages ont été recueillis. Ils ont abouti à l’interpellation des éléments du groupe fautif par le commissaire divisionnaire Tapa Diallo et ses hommes de la BR pour vol qualifié, association de malfaiteurs, meurtre, détention illégale d’armes à feu et complicité.

Le code pénal punit sévèrement ces faits en ses articles 175, 252 ; 253 ; 254 ; 225 ; 199 ; 201 ; et 24 du code pénal 13 et 43 de loi N°04-050 du 2/novembre 2004. Ils peuvent donner lieu à des peines criminelles. D’où la comparution de ces criminels en assises pour y être jugés. à l’instruction de leurs dossiers, ils ont presque tous reconnu les faits à eux reprochés. Mais face aux juges à la barre, assistés d’un pool d’avocats constitués, ils ont tenté de les nier. Visiblement, ils avaient opté pour la dénégation des faits à la barre.

Chose qui a fait trainer les débats jusqu’aux environs de 23 heures. Heure à la quelle, le verdict est finalement tombé. Ainsi trois éléments de la bande à savoir les nommés Drissa Koumaré dit Vieux Ba, Mamoutou Traoré dit Arbi, Aboubacar Traoré, ont écopé de la peine de mort. Quant à Aboubacar Diané, il s’en sorti avec 5 ans de réclusion criminelle, tandis que les autres, dont la culpabilité n’a pu être établie, ils ont été purement et simplement acquittés.

Tamba CAMARA

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