Au Mali, les manuscrits anciens constituent un trésor de savoirs et de savoir-faire incommensurables. Pour les répertorier, sauvegarder, numériser et exploiter, l’ONG dénommée Sauvegarde des manuscrits anciens du Mali et défense de la culture islamique (Savama-DCI) à travers son fondateur et coordinateur, Dr Abdelkader Haïdara s’y investit depuis plus de 40 ans.
Il a accepté de partager sa vision de l’Année de la culture. Il faut dire que le Président de la Transition, le Général d’armée Assimi Goïta, lors de ses vœux de Nouvel an a décrété 2025 comme Année de la culture dans notre pays. «J’ai été profondément marqué par le discours du Chef de l’État lorsqu’il a mis en avant la richesse du patrimoine culturel et historique du Mali», explique l’homme de culture. En consacrant l’année 2025 à la culture, le Président de la Transition rappelle à nos compatriotes l’importance de préserver et de valoriser notre héritage culturel.
Les manuscrits anciens en particulier, ceux de Tombouctou en général représentent une véritable mémoire écrite du Mali, voire de l’Afrique. Ils constituent une part essentielle de notre patrimoine culturel. En tant que bibliothécaire et pionnier dans la prospection, la collecte et la conservation de ces manuscrits, Dr Abdelkader Haïdara entend mettre son expérience au service de la promotion de ces documents précieux.
Son parcours dans ce domaine a débuté en 1984 lorsqu’il a intégré le Centre de documentation et de recherche Ahmed Baba de Tombouctou (CDRAB). C’est sous la direction de Dr Mahmoud Zouber qu’il a été formé. Il a bénéficié de l’opportunité d’approfondir ses connaissances à deux reprises au Maroc pour qu’il se spécialise dans la prospection des manuscrits.
Grâce à cette formation, il a eu l’honneur de mener de nombreuses missions de prospection pour collecter et préserver ces précieux documents. C’est ainsi qu’il a parcouru plusieurs localités du Mali, notamment Bourem et Bamba dans la Région de Gao, la ville de Tombouctou, les Régions de Mopti, Sikasso, Ségou et de Koulikoro. Au fil des ans, il contribuera à enrichir les collections du Centre qui est devenu après l’Institut des hautes études et de recherche islamique Ahmed Baba (IHERI-ABT).
40.000 MANUSCRITS- Au cours de ses prospections, il a rencontré 402 familles détentrices (de manuscrits) dans les différentes localités susmentionnées. On peut retenir quelques grandes étapes de son parcours. En 1984, il effectua sa première et intéressante collecte de manuscrits avec un lot total de 500 documents. Entre 1984 et 2011, Dr Haïdara a prospecté différentes régions du Mali. «J’ai procédé à ma dernière collecte le 18 novembre 2011.
J’avais recueilli 1.050 manuscrits», explique-t-il. En 2012, lors de l’occupation des régions septentrionales du pays, celui qui s’est dédié à la protection et la sauvegarde des manuscrits a procédé, avec son équipe, à une opération inédite d’exfiltration des manuscrits.
À ce jour, l’IHERI-ABT possède près de 40.000 manuscrits et 65% de ces documents proviennent des collectes faites entre 1984 et 2011. Ces documents sont une source inestimable de savoirs et leur préservation est essentielle pour la transmission de notre héritage aux générations futures.
Dr Haïdara exprime sa profonde gratitude aux directeurs successifs de l’institution pour leur soutien et leur collaboration précieuse. «Je rends un hommage particulier à mon mentor, Dr Mahmoud Zouber, ainsi qu’à mes professeurs Djibril Doucouré et Abdoul Kadri Idrissa Maïga qui m’ont guidé tout au long de mon parcours», a relevé le fondateur de Savama-DCI. Il a tenu à remercier Dr Mohamed Diagayeté et tous ceux qui ont œuvré pour la sauvegarde de ces manuscrits.
Enfin, il n’oublie pas les partenaires qui l’ont accompagné dans cette noble tâche. Leur appui a été déterminant pour la conservation et la valorisation de notre patrimoine écrit. Pour lui, «l’année 2025, placée sous le signe de la culture, est une occasion unique pour sensibiliser davantage sur la richesse de notre patrimoine et l’importance de sa préservation».
Les manuscrits anciens ne sont pas seulement des documents historiques, ils sont également les preuves du savoir et de la civilisation africaine, précise notre interlocuteur. «Mon engagement dans cette mission se poursuit et j’encourage la jeune génération à s’impliquer dans la valorisation de notre héritage. Préserver ces manuscrits, c’est assurer la transmission d’un trésor intellectuel aux générations futures», a-t-il conclu.
Youssouf DOUMBIA
En reconnaissance de l’importance du rôle des légitimés traditionnelles dans la société et dans le souci de leur doter d’un espace dédié à la tenue de leurs activités, le président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta a decidé d’offrir à chacune des régions adm.
Marquée par une série d’échanges entre les photographes, la journée a été un véritable champ de diagnostic et de propositions de relance du secteur.
Si certains photographes de première génération ont connu le succès sur le plan international, d’autres ont passé toute leur vie sans pour autant connaître le show-biz de l’art contemporain. C’est le cas de notre compatriote feu Souleymane Sarr, qui a consacré sa vie au service de la ph.
Profondément passionné par son art visuel, il y a déjà consacré des années pour l’illustration des articles de presse du Quotidien national (L’Essor) qui est un produit phare de l’Amap et à la préservation de la mémoire nationale.
On pourrait penser que rien ne prédestinait Seydou Camara à la photographie surtout avec son cursus scolaire, mais c’est s’y méprendre parce que ce natif de Ségou, la 4è région du Mali, avait la passion de la photographie chevillée au corps et depuis sa tendre enfance..
Dans le cadre de la Journée mondiale de la photographie que consacre le 19 août de chaque année, le directeur artistique de l’Association Yamarou photo a accordé une interview à L’Essor. Dans les lignes qui suivent, Seydou Camara traite de plusieurs aspects de la photographie contemporaine.