Film «Promesse sacrée» : Quand l'amour triomphe de l'interdit

Le réalisateur malien Zaïdou Coulibaly a présenté, hier à la Maison des jeunes de Bamako, son dernier film intitulé : «Promesse sacrée». C’était à la faveur d’une conférence de presse, animée par le cinéaste en présence de plusieurs acteurs maliens. Ce court-métrage de 30 minutes est réalisé en noir et blanc dans les localités de Diago, Siby, Missalabougou dans la Région de Koulikoro.

Publié mercredi 10 juin 2026 à 12:59
Film «Promesse sacrée» : Quand l'amour triomphe de l'interdit

Le réalisateur malien Zaïdou Coulibaly (c)


L’œuvre est l’histoire d’amour de Gwalamankônô et Dossera, issus de deux tribus rivales. Leur union rompt un pacte sacré hérité de Massa Djan, un roi exécuté à l’époque coloniale à la suite d’une trahison. Ainsi, une promesse de sang condamne à mort toute tentative de rapprochement entre les deux lignées. L’avant-première sera projetée dimanche prochain, dans le salon VIP de la Maison des jeunes de Bamako pour permettre au public de découvrir l’œuvre avant les projections au grand public.


Au cours de sa présentation, Zaïdou Coulibaly a expliqué que l’essence du film repose sur le conflit universel entre le libre arbitre de la jeunesse et le poids des traumatismes historiques transmis de génération en génération. « Je souhaite explorer comment une trahison politique et une blessure coloniale du passé continuent d’influencer la vie et le destin des générations présentes », a-t-il martelé.


Selon ses dires, le film met également en lumière la dualité des traditions. D’un côté apparaissent les pratiques occultes destructrices, incarnées par ceux qui manipulent les morts et les forces de la nuit. De l’autre, les rituels d’expiation et de pardon destinés à rétablir l’harmonie collective.


Gwalamankônô, descendant du roi Massa Djan, est un pêcheur courageux qui choisit d’assumer le poids de l’histoire plutôt que de se dérober. Dossera, fille de Ba Tiekoura, se distingue par son caractère passionné et rebelle. Prête à tout abandonner pour l’amour, elle finit par comprendre la portée culturelle du sacrifice de son amant et lui voue une fidélité éternelle. Face à eux, Ba Tiekoura, gardien inflexible de l’honneur de sa tribu, demeure prisonnier de la rancœur ancestrale et se montre prêt à anéantir la lignée adverse pour laver l’affront.


Quant à Gnêdjoukou et Bablen, maîtres des rituels occultes du village, ils incarnent la face sombre des secrets communautaires et des forces mystiques. À travers ce film, le réalisateur propose ainsi une réflexion profonde sur la mémoire, le pardon et la capacité de l’amour à transcender les frontières dressées par l’histoire et les traditions. Un message traverse toute l’œuvre : « L’homme meurt, mais sa parole ne meurt pas. » Vivement donc l’avant-première de cette production cinématographique.

Gaoussou TANGARA

Lire aussi : Productions artistiques et culturelles : Quand l’art devient une force pour se relever

Dans les salles de spectacle, les quartiers, les festivals ou les écoles, les artistes transforment les épreuves du quotidien en messages d’espoir. Face aux crises, la culture s’impose comme un espace de résistance, de dialogue et de reconstruction collective.

Lire aussi : Centre Kandioura Coulibaly : La continuité d’une vision

Parfois, le destin freine l’ambition des hommes. C’est le cas de Kandioura Coulibaly, artiste-compositeur et créateur de mode, qui nourrissait l’ambition de construire l’un des plus grands musées d’Afrique consacrés, à l’accoutrement et aux parures..

Lire aussi : Entrepreneuriat culturel : Secteur économique à part entière

De la scène aux ateliers de création, une nouvelle génération de Maliens transforme son savoir-faire artistique en activité économique. Malgré les difficultés, la culture s’impose comme une source d’emplois et un secteur d’avenir.

Lire aussi : Théâtre : « WARI » revient sur scène le 19 septembre

Le 19 septembre, le Palais de la culture a rendez-vous avec l’histoire du théâtre malien. Sur scène, « Wari », œuvre d’Ousmane Sow, retrouvera son public après plusieurs années d’absence. Une reprise qui s’annonce comme un moment fort pour les amoureux du théâtre, mais aussi comme .

Lire aussi : Trophées panafricains Sémbé :Youssouf Doumbia de L’Essor honoré

La 3ᵉ édition des Trophées panafricains Sémbé a récompensé, vendredi dernier, une vingtaine d’hommes et de femmes qui se sont illustrés dans les domaines de la culture, du sport et du développement au Mali. Parmi eux, figure notre collègue, Youssouf Doumbia du quotidien national L’Es.

Lire aussi : «Sabalibougou Toulafin» : Une belle initiative culturelle

Ce rendez-vous qui entend mettre la culture au service de la cohésion sociale à Sabalibougou est prévu du 25 au 30 septembre.

Les articles de l'auteur

Productions artistiques et culturelles : Quand l’art devient une force pour se relever

Dans les salles de spectacle, les quartiers, les festivals ou les écoles, les artistes transforment les épreuves du quotidien en messages d’espoir. Face aux crises, la culture s’impose comme un espace de résistance, de dialogue et de reconstruction collective.

Par Gaoussou TANGARA


Publié vendredi 18 septembre 2026 à 11:18

Trophées panafricains Sémbé :Youssouf Doumbia de L’Essor honoré

La 3ᵉ édition des Trophées panafricains Sémbé a récompensé, vendredi dernier, une vingtaine d’hommes et de femmes qui se sont illustrés dans les domaines de la culture, du sport et du développement au Mali. Parmi eux, figure notre collègue, Youssouf Doumbia du quotidien national L’Essor, qui a été récompensé dans la catégorie de la culture et du sport..

Par Gaoussou TANGARA


Publié jeudi 17 septembre 2026 à 08:20

Décès de « Badjènè » : Ses collaborateurs saluent sa passion pour le cinéma

La nouvelle du décès de la comédienne Safiatou Sidibé, connue sous le sobriquet de « Badjéné » est tombée ce mercredi 16 septembre dans le monde du cinéma malien comme un couperet. Cette figure emblématique a marqué plusieurs générations de spectateurs de son talent dans le 7è art..

Par Gaoussou TANGARA


Publié mercredi 16 septembre 2026 à 21:13

Seko ni donko camp : Pour la promotion de l’art et des valeurs citoyennes

Ce camp, qui a associé art, culture et citoyenneté, aura permis aux jeunes de développer leur créativité et leur sens des responsabilités tout en souhaitant la pérennisation de l’initiative et son extension aux différentes régions du Mali.

Par Gaoussou TANGARA


Publié mardi 08 septembre 2026 à 09:59

Mois du tourisme : Une belle initiative pour vendre la destination Mali

Le Mali est une terre d’histoire, de culture et de traditions ancestrales qui regorge de sites exceptionnels, de paysages authentiques et un riche patrimoine matériel et immatériel. Chaque région porte en elle une part essentielle de l’identité nationale.

Par Gaoussou TANGARA


Publié vendredi 04 septembre 2026 à 08:46

Palais de la culture : Mamou Sidibé fait vibrer le public

La revitalisation du Palais de la culture Amadou Hampâté Bâ a tenu toutes ses promesses, vendredi dernier à travers une programmation de la la virtuose du Ganadougou, Mamou Sidibé, et son orchestre. Penant une heure d’horloge, l’artiste a interprété au moins sept morceaux, offrant une prestation authentique et riche en émotions..

Par Gaoussou TANGARA


Publié mercredi 02 septembre 2026 à 08:42

Revitalisation du Palais de la culture : Ça passe aussi par le théâtre

Dans le cadre de la politique de revitalisation du Palais de la Culture Amadou Hampâté Ba (PCAHB), portée par le ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, le metteur en scène, Issa Coulibaly, connu sous le pseudonyme de Diawara dans ses nombreuses productions théâtrales, a animé, la semaine dernière dans ce temple de la culture, une conférence-débat sur le thème : «Le pouvoir du théâtre dans la construction de Maliden Kura»..

Par Gaoussou TANGARA


Publié mercredi 02 septembre 2026 à 08:40

L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion.
S’abonner