Le réalisateur malien Zaïdou Coulibaly (c)
L’œuvre est l’histoire d’amour de Gwalamankônô et Dossera, issus de deux tribus rivales. Leur union rompt un pacte sacré hérité de Massa Djan, un roi exécuté à l’époque coloniale à la suite d’une trahison. Ainsi, une promesse de sang condamne à mort toute tentative de rapprochement entre les deux lignées. L’avant-première sera projetée dimanche prochain, dans le salon VIP de la Maison des jeunes de Bamako pour permettre au public de découvrir l’œuvre avant les projections au grand public.
Au cours de sa présentation, Zaïdou Coulibaly a expliqué que l’essence du film repose sur le conflit universel entre le libre arbitre de la jeunesse et le poids des traumatismes historiques transmis de génération en génération. « Je souhaite explorer comment une trahison politique et une blessure coloniale du passé continuent d’influencer la vie et le destin des générations présentes », a-t-il martelé.
Selon ses dires, le film met également en lumière la dualité des traditions. D’un côté apparaissent les pratiques occultes destructrices, incarnées par ceux qui manipulent les morts et les forces de la nuit. De l’autre, les rituels d’expiation et de pardon destinés à rétablir l’harmonie collective.
Gwalamankônô, descendant du roi Massa Djan, est un pêcheur courageux qui choisit d’assumer le poids de l’histoire plutôt que de se dérober. Dossera, fille de Ba Tiekoura, se distingue par son caractère passionné et rebelle. Prête à tout abandonner pour l’amour, elle finit par comprendre la portée culturelle du sacrifice de son amant et lui voue une fidélité éternelle. Face à eux, Ba Tiekoura, gardien inflexible de l’honneur de sa tribu, demeure prisonnier de la rancœur ancestrale et se montre prêt à anéantir la lignée adverse pour laver l’affront.
Quant à Gnêdjoukou et Bablen, maîtres des rituels occultes du village, ils incarnent la face sombre des secrets communautaires et des forces mystiques. À travers ce film, le réalisateur propose ainsi une réflexion profonde sur la mémoire, le pardon et la capacité de l’amour à transcender les frontières dressées par l’histoire et les traditions. Un message traverse toute l’œuvre : « L’homme meurt, mais sa parole ne meurt pas. » Vivement donc l’avant-première de cette production cinématographique.
Gaoussou TANGARA
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