Quatre membres du gouvernement ont pris part à la cérémonie d’ouverture des travaux
Les Danbé Kolosibaw sont définis comme des promoteurs du Danbé, porteurs de connaissances approfondies en matière de traditions, d’histoire, de patrimoine immatériel et de diversité culturelle. Ils jouissent d’une légitimité reconnue dans leurs communautés et appelés à jouer un rôle actif dans l’éducation des jeunes aux valeurs sociétales.
La cérémonie était présidée par le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Mamou Daffé, en présence du ministre d’État, ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, le Général de corps d’armée Ismaël Wagué, du ministre de la Jeunesse et du Sport, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Abdoul Kassim Ibrahim Fomba, et de celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Bouréma Kansaye.
L’initiative s’inscrit dans la dynamique de renaissance et de souveraineté culturelle, engagée par les autorités de la Transition. Elle vise à renforcer la cohésion sociale, la paix durable et le vivre-ensemble à travers la valorisation des savoirs endogènes et des mécanismes traditionnels de régulation sociale et s’inspire de la vision du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, qui a décrété 2025 Année de la culture au Mali, afin de favoriser la transmission des valeurs sociétales à la jeunesse et de revitaliser les territoires à travers la culture.
Le ministre Mamou Daffé a mis en évidence leur rôle dans le processus de renaissance culturelle. Les Danbé Kolosibaw constituent un pilier essentiel pour accompagner le Mali vers une véritable souveraineté culturelle. «Ils s’inscrivent dans une dynamique de revitalisation de notre culture, de renforcement de la cohésion sociale et de valorisation des savoirs endogènes», a-t-il déclaré, avant de noter qu’ils auront pour missions de former et d’accompagner les jeunes dans l’apprentissage des bonnes valeurs de la société malienne.
Ils permettront à la jeunesse de mieux connaître ses racines, de s’approprier les valeurs profondes du pays et de se préparer culturellement à l’avènement du Mali kura.
Ainsi, cette première rencontre marque le lancement officiel d’une phase pilote du programme qui mobilisera des personnalités reconnues au sein des différentes communautés, notamment des chefs de quartier, des autorités traditionnelles, des Nyamakala, des chasseurs traditionnels (Donso), des intellectuels ainsi que d’autres détenteurs de savoirs et de pratiques culturelles. Selon lui l’objectif de cette rencontre est de créer une synergie entre ces différents acteurs, afin de favoriser la transmission intergénérationnelle des connaissances et des valeurs qui sauvegardent notre identité.
Au cours des échanges, Pr Ibrahima N’Diaye a mis l’accent sur l’importance de la mémoire et du patrimoine immatériel dans la consolidation du tissu social. L’enseignant-chercheur a indiqué que la rencontre visait également à préparer les prochaines journées de commémoration du patrimoine culturel malien, avec un accent particulier sur les héritages immatériels. Et de dire que le contexte actuel du pays impose une réflexion profonde sur les mécanismes de transmission des savoirs et des valeurs, avant d’évoquer la crise des repères observée chez de nombreux jeunes ainsi que l’affaiblissement du rôle éducatif traditionnel de la famille et de la communauté.
Il a souligné que le Mali dispose d’un riche patrimoine constitué de manuscrits, de centres d’apprentissage, de traditions et de mécanismes culturels qui contribuent à son rayonnement à travers le monde. Pour lui, l’enjeu est désormais de mieux valoriser cet héritage et de le transmettre efficacement aux nouvelles générations.
Gaoussou TANGARA
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