Yaya Couibaly (micro en main) présentant ses oeuvres au public
Le Centre Sogolon de Magnambougou a accueilli, le week-end dernier, le lancement officiel de la 3è édition du Festival international Sogobô de Bamako. La cérémonie était présidée par le chargé de mission au ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Souleymane Ouloguem, en présence du directeur du festival et marionnettiste, Yaya Coulibaly. Y étaient aussi présents de nombreux acteurs culturels, artistes, partenaires et passionnés de culture.
À travers cette cérémonie, les organisateurs ont réaffirmé leur ambition de faire du Festival Sogobô un cadre privilégié de promotion du patrimoine culturel malien et de dialogue entre les peuples. L’occasion était aussi bonne pour dévoiler les grandes orientations de l’édition 2026, prévue du 8 au 14 juin prochain au Musée national du Mali.
Yaya Coulibaly a rappelé l’importance de la transmission des valeurs traditionnelles africaines à travers les arts des masques et marionnettes. Selon lui, l’éducation dans les sociétés traditionnelles reposait sur des principes fondamentaux tels que l’amour de la patrie, le courage, la dignité, le respect de la parole donnée, celui des aînés, la solidarité et la préservation du bien public. Il a surtout insisté sur la nécessité de préserver l’héritage culturel et les valeurs ancestrales face aux mutations contemporaines, estimant que la culture demeure un levier essentiel du développement.
Pour sa part, Souleymane Ouloguem a salué l’initiative et rendu un vibrant hommage à Yaya Coulibaly pour son engagement en faveur de la sauvegarde et de la promotion de l’art de la marionnette. Il a rappelé que ce patrimoine culturel risquait de disparaître avant d’être revitalisé, grâce aux efforts du promoteur du festival. «À travers les masques, les marionnettes, les contes, les danses et les chants, nous retrouvons notre identité, notre dignité et notre souveraineté», a-t-il déclaré. Et de lancer un appel aux Maliens à renouer avec les valeurs familiales et les traditions, estimant que le retour aux sources constitue une réponse aux défis sociaux actuels.
Au-delà des discours, la cérémonie a été marquée par la prestation des marionnettes. Les Korèdugaw, gardiens d’une sagesse ancestrale reconnus à travers le Mali, ont émerveillé l’assistance à travers une prestation originale. Une troupe traditionnelle peule, « Poulagu», ainsi qu’une troupe des artistes dogons ont également livré des prestations de belle facture qui ont été saluées par le public. Ces différentes démonstrations artistiques ont mis en lumière la richesse du patrimoine immatériel malien et la vitalité des traditions qui continuent d’animer les communautés.
En marge du lancement, Yaya Coulibaly a aussi fait une communication consacrée à l’éducation traditionnelle dans la société africaine intitulée : «L’âge du N’tomo». Cette réflexion sur les mécanismes de transmission des savoirs et des valeurs dans les sociétés africaines avait donné le ton de la manifestation.
Gaoussou TANGARA
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