C’est ainsi que le ministre
d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le
colonel Abdoulaye Maïga et ses collègues de la Refondation de l’État, chargé
des Relations avec les institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, du Travail, de la Fonction
publique et du Dialogue social, Mme Diawara Aoua Paule Diallo, ont rencontré,
jeudi dernier au Centre international de conférences de Bamako (CICB), les
cadres de la haute administration et les forces vives de la nation.
Dans sa communication sur le
projet de Constitution, l’expert Jérémy Coulibaly a expliqué «la lettre et
l’esprit» du document. Dans le préambule du texte, dira-t-il, sont affirmés la
nécessité de promouvoir le vivre-ensemble et la réconciliation nationale, de
garantir la défense et la sécurité indispensables à l’existence d’un État
souverain, de lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite. Il a
souligné que des droits et devoirs nouveaux sont consacrés dans le projet de
Constitution.
Il s’agit, notamment, de la prohibition de l’esclavage, de la
promotion et de la protection de la famille et du mariage défini comme l’union
entre un homme et une femme. S’y ajoutent le principe de la mobilisation des
citoyens âgés de 18 ans au moins pour la défense de la patrie, le devoir de
protéger l’environnement, de respecter et de protéger le bien public.
Par ailleurs, a fait savoir
Jérémy Coulibaly, d’autres droits nouveaux sont attribués dans le domaine de la
justice, notamment la possibilité pour les citoyens de saisir directement le Conseil
supérieur de la magistrature et l’ouverture du Conseil aux non magistrats. La
possibilité pour les citoyens de mettre en cause la constitutionnalité d’une
loi déjà entrée en vigueur devant la Cour constitutionnelle en fait également
partie.
Dans son intervention, le
ministre en charge de l’Administration territoriale s’est félicité que l’œuvre
de refondation de l’État initiée sur la base des recommandations des Assises
nationales de la refondation (ANR) se concrétise à travers plusieurs actions en
cours. Parmi lesquelles il a cité l’adoption d’une nouvelle Loi électorale et
l’élaboration d’une nouvelle Constitution qui nous permettront de doter notre
pays d’institutions démocratiques stables. «Assurément, le besoin de relèvement
de l’État et de la reconstruction de la nation rend indispensable l’avènement
d’une nouvelle Constitution définissant les bases d’un nouveau contrat social
fondé sur la légitimité et la vertu», a indiqué le colonel Abdoulaye Maïga.
D’après lui, après trois échecs d’amélioration de la Constitution de 1992,
l’intérêt et la nécessité d’avoir une nouvelle Loi fondamentale sont plus
qu’évidents.
Par ailleurs, le ministre d’État a indiqué que le projet de Constitution a trois caractéristiques majeures. Premièrement, le document constitue le socle juridique du «Malikura». Ensuite, il a exclusivement été rédigé et finalisé par des Maliens dans un esprit d’inclusivité et de consensus.
Enfin, il est résolument moderne, tout en conservant son originalité, a détaillé le ministre Maïga, avant d’annoncer que ces activités de vulgarisation se dérouleront jusqu’au 30 mai prochain sur l’ensemble du territoire national et dans les pays de forte concentration des Maliens établis à l’extérieur.
Bembablin DOUMBIA
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